Mali : rassemblements à Bamako et Tombouctou en soutien aux manifestants de Gao

Bamako, - Des rassemblements ont été organisés jeudi au Mali, à Bamako et Tombouctou (nord), en soutien aux protestataires de Gao (nord) dont quatre ont péri mardi pendant la violente répression d'une
manifestation mardi, selon des organisateurs et des témoins.

"Je suis Gao", "Jeunesse de Gao, on est ensemble", pouvait-on lire sur des banderoles brandies par des centaines de personnes qui ont défilé sur quelques kilomètres dans la capitale, sans incidents, ont dit des témoins à l'AFP.

Une source policière a fait état d'une marche sans grande affluence à Bamako "en signe de soutien aux manifestants tués à Gao".

A Tombouctou (nord-ouest), les manifestants étaient plus nombreux et ont été reçus par le gouverneur de la région, ont raconté des témoins et des organisateurs, l'un d'eux parlant de "plusieurs centaines" de marcheurs.

L'objectif était de "dire que nous sommes contre les autorités intérimaires, et qu'il faut que le gouvernement recrute aussi des jeunes dans l'armée", a déclaré Hamady Haïdara, un des responsables des jeunes de cette ville. "Ce ne sont pas seulement les (ex-)rebelles ou ceux qui ont pris les armes qu'on doit recruter", a-t-il ajouté.

Aucun rassemblement n'a en revanche été signalé jeudi à Gao, contrairement aux deux jours précédents.

Mardi, des jeunes y étaient descendus dans les rues, dénonçant notamment la mise en place d'autorités intérimaires dans les régions administratives du nord du Mali. Une disposition prévue par l'accord signé en 2015 par le gouvernement, les groupes armés loyalistes et les ex-rebelles censé ramener la paix dans ce pays en proie à des troubles.

La manifestation, interdite selon les autorités locales, a été violemment dispersée par les forces de sécurité. Quatre civils ont été tués, et une trentaine de personnes blessées, d'après le dernier bilan.

A la suite de ces violences, une délégation gouvernementale conduite par le ministre de l'Administration territoriale, Abdoulaye Idrissa Maïga, a été dépêchée mercredi à Gao, où elle a eu des discussions avec des autorités régionales. Elle s'est aussi entretenue jusqu'à tard mercredi soir avec différents acteurs de la société civile locale, incluant des organisateurs de la manifestation.

Emissaires de Bamako et jeunes ont promis de "tout mettre en oeuvre pour le retour de la paix, de la quiétude et de la sérénité dans la ville et dans la région de Gao", selon un communiqué commun diffusé jeudi.

Le ministre de la Justice, Mamadou Ismaël Konaté, membre de la délégation gouvernementale, a assuré avoir donné "des instructions claires et précises" au parquet de Gao pour l'ouverture d'une information judiciaire sur les violences de mardi.
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aBamako

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