Hadj 2016 : Les préparatifs vont bon train

Problèmes techniques et pépins en rapport avec le passeport biométrique ont entraîné un retard dans l’enregistrement au point que des agences de voyage privées craignent de ne pouvoir enrôler à temps le nombre de pèlerins qui leur a été octroyé

La campagne pour le pèlerinage à La Mecque bat son plein. Autorités publiques et agences de voyage sont à pied d’œuvre pour faire de l’édition de cette année une réussite. Pour s’en rendre compte, il suffit d’un tour à la Maison du hadj. A ce niveau, la devanture du bureau de délivrance de passeports est noire de monde. L’obtention du passeport est l’un des problèmes qui caractérise l’organisation du pèlerinage de cette année. Introduit il y a peu, le passeport biométrique s’avère plus compliqué dans son obtention que l’ancien passeport analogique.

Même si les autorités ont pris la décision d’en réduire le délai d’obtention et que les agences de voyage en charge du pèlerinage s’occupent des démarches pour son obtention, le passeport biométrique exige la présence physique du requérant pour des besoins d’empreintes digitales. A cela, s’ajoute l’obligation faite aux demandeurs de présenter la carte NINA dont le numéro doit être porté sur le passeport. Le hic est que la plupart des candidats au pèlerinage ne disposent pas de carte NINA. C’est ce qui explique l’installation, en plus d’un bureau des passeports, d’un guichet d’établissement de cartes NINA. L’initiative est venue des deux départements en charge des Affaires religieuses et de l’Administration territoriale.

En dehors des difficultés liées au passeport, les mesures prises par le département des Affaires religieuses et du Culte pour réguler le secteur ne sont pas de nature à plaire aux agences. Même si dans leur majorité elles se sont arrangées pour avoir les autorisations et bénéficier d’un quota, ces agences se plaignent de disfonctionnements dans l’organisation. Elles regrettent notamment le retard accusé dans l’ouverture du guichet malien en Arabie Saoudite et dans le fonctionnement technique au niveau de la maison du hadj.

Quid du regroupement qui avait été conseillé aux agences pour une meilleure organisation ? Amadou Fomba de Lahidou Voyage juge qu’il y a de forts risques de voir les rendements baisser avec les regroupements. « Les gens n’ayant pas les mêmes motivations, cela risque de créer des problèmes », a-t-il estimé.

Pour la Coordinatrice des compagnies et agences de voyage de la filière privée du pèlerinage, Mme Cissé Fatoumata Kouyaté, la vraie difficulté tient cette année au délai très court de clôture des enregistrements électroniques des pèlerins, délai fixé par les autorités saoudiennes au 21 juillet. Pour rappel, cet enregistrement suppose que le pèlerin a rempli toutes les conditions et qu’il n’attend plus que de partir. Selon Mme Cissé, si on considère le retard et le manque de célérité dans la délivrance du passeport et le fait que les pèlerins maliens attendent les derniers instants pour venir se faire enrôler, cela risque de poser problème. Elle craint que cette décision n’handicape les agences qui ont déjà signé les contrats d’hébergement et de restauration en Arabie Saoudite sur la base de quotas qui leur ont été attribués par le département. Pour éviter d’éventuels désagréments, les agences ont sollicité le département afin qu’il intercède auprès des autorités saoudiennes en vue de la prorogation du délai.

Du coté du département, le délégué national du Hadj, Habib Kane, assure que pour cette année, les dispositions ont été prises très tôt pour de bons préparatifs de la campagne. Contrairement à l’argumentaire de certains promoteurs privés, Habib Kane assure que le guichet du Mali à Djeddah a été ouvert depuis le 02 mai. Les agences maliennes disposaient en conséquence de quatre mois pour faire les opérations. Ce qui est inédit, a-t-il ajouté. Pour le délégué national, ce sont les agences elle mêmes qui sont en retard dans leur enregistrement, car manquant de ressources, elles attendent toujours l’argent des pèlerins pour faire les réservations. Pour le délai d’enregistrement des pèlerins, le délégué national garantit que le département est à pied d’œuvre pour faire aboutir la requête de prorogation demandée par des compagnies privées.

Pour ce qui concerne la filière gouvernementale, 841 des 1500 pèlerins sont déjà enregistrés. Habib Kane a, pour conclure, salué la mesure ayant consisté à ramener le délai de livraison du passeport à un maximum de 72 heures.

L. ALM

aBamako

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