Hôpitaux : La départementalisation s’impose partout

Elle consiste à regrouper les différents services en départements. Le gouvernement compte ainsi améliorer la gouvernance des centres hospitaliers universitaires
Lorsqu’un directeur général du Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré a initié, dans les années 2009-2010, une nouvelle réorganisation interne de son établissement sanitaire, en départements et services, une certaine opinion s’était indignée de l’innovation. Les plus sceptiques doutaient de sa capacité à mettre en place une telle organisation et jugeait l’initiative inopportune. Certains chefs de service évoquaient des contraintes tant objectives et que subjectives à faire adhérer, les têtes couronnées de l’hôpital Gabriel Touré, à l’initiative.

La mesure avait du mal à passer parce que la départementalisation devrait conduire au regroupement de certains services en un seul département. Des chefs de services avaient du mal à s’accommoder de la nouvelle situation proposée par le directeur général d’alors de Gabriel Touré, Dr Abdoulaye Nènè Coulibaly. Mais ce responsable finira par imposer son choix. Ainsi, le Centre hospitalier universitaire Gabriel Touré était devenu le seul établissement hospitalier de 3è référence à s’inscrire dans la départementalisation.

L’initiative avait été combattue, et à tort par des conseillers du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Mais elle a été reprise en main par les autorités sanitaires actuelles. Un projet de décret fixant les modalités d’organisation et de fonctionnement des services des établissements publics hospitaliers a été adopté par le conseil des ministres du 22 juin dernier. Il organise, selon le projet de texte, les établissements publics hospitaliers en départements et services et fixe la liste en fonction de la spécialité desdits établissements.

Des praticiens hospitaliers joints au téléphone, s’accordent sur certains avantages de la départementalisation mais attendent d’apprécier les choses dans la pratique. Pour le Pr Mamby Keïta, chef du service de la chirurgie pédiatrique à l’hôpital Gabriel Touré, le chef du département répond à des questions académiques et doit être aussi le référent de l’université au sein de l’établissement hospitalier. Pour la bonne marche des choses, estime-t-il, il faut aplanir les difficultés liées à une tradition de chefferie dans nos établissements hospitaliers.

Cet avis est admis et partagé par le Pr Sadio Yena, chef du service de chirurgie thoracique à l’hôpital du Mali. Notre interlocuteur explique que la philosophie est bonne parce que la départementalisation permet de mutualiser les moyens mais aussi d’améliorer la gouvernance dans les services hospitaliers. Selon lui, ça va aussi améliorer les relations avec l’administration hospitalière qui aura un seul interlocuteur (le chef du département) au lieu de plusieurs chefs de services.

Le Pr Abdel Kader Traoré, médecin interniste au Centre hospitalier universitaire du Point G, estime aussi que la réorganisation des services hospitaliers en départements peut conduire à la mutualisation des compétences et à une meilleure responsabilisation des chefs de services. Mais il ne cache pas son scepticisme quant à la réussite de l’initiative dans un contexte de « guéguerre » entre les chefs de services. Il pousse l’analyse plus loin et rappelle l’urgence et la nécessité pour nos praticiens hospitaliers d’œuvrer ensemble pour aplanir les difficultés majeures.

La question est donc de savoir si les praticiens hospitaliers sont, aujourd’hui, prêts à accompagner l’initiative de réorganisation interne des établissements hospitaliers ? Les commentaires vont bon train dans les structures hospitalières.

B. DOUMBIA

aBamako

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