Mot de la semaine : Crime

La ville de Gao serait-elle devenue comme Dallas aux Etats-Unis où des policiers blancs tirent  à bout portant sur des afro-américains ? La question a son pesant d’or au regard du spectacle désolant auquel se sont livrés les forces de maintien de l’ordre du Mali dans la cité des Askia, ce mardi 12 juillet 2016. Sommes-nous réellement en démocratie ? Comment peut-on tirer à bout portant et à balles réelles sur des manifestants désarmés et qui n’exprimaient que leurs droits de citoyens ? Ces martyrs sont de trop dans une démocratie qui se dit respectueuse des droits humains et des libertés individuelles et collectives. Pour rappel, les jeunes de Gao marchaient juste pour dire non à la mise en place des autorités intérimaires et exiger leur enrôlement dans le processus de DDR. Faut-il encore le rappeler, c’est  grâce à la bravoure de ces jeunes de Gao que le nord malien est resté dans le giron de la République et n’a pas basculé dans le fantomatique et chimérique Etat  de l’Azawad. Ils se sont farouchement opposés au MNLA dont le dessein avoué était l’indépendance de l’Azawad. Ces crimes perpétrés par nos forces de l’ordre sont les signes évidents de l’irresponsabilité et de l’ingratitude des autorités maliennes envers la population de Gao qui, reste encore notre plus grand rempart contre les envahisseurs jihadistes et indépendantistes touareg.  Face à ce qu’il convient désormais d’appeler les « Crimes de l’irresponsabilité »,  des autorités intérimaires et de la démocratie à Gao, toutes les forces politiques, de la société civile et surtout la jeunesse malienne, sont interpellées pour qu’elles se mobilisent afin qu’il n’y ait « plus jamais ça » dans notre pays. En attendant cette mobilisation, tous les encouragements sont aux jeunes de Gao qui continuent sans relâche leur combat. C’est pourquoi après leurs points initiaux de revendication, ils en ont ajouté d’autres comme le départ sans délai des autorités régionales dont le gouverneur et le chef de la police régionale qui sont désormais considérés comme des bourreaux au même titre que la CMA. Malgré l’appel au calme des autorités de Bamako, les jeunes de Gao ne faiblissent pas.  Ils sont tout aussi déterminés à aller jusqu’au bout de leur combat. Le Gouvernement pourra-t-il contenir l’assaut des jeunes qui pensent à tort ou à raison que le ministre Abdoulaye Idrissa Maiga, l’un des leurs et son gouverneur Seydou Traoré seraient les seuls responsables de cette situation ?

En définitive, le nouveau ministre de la justice, Me Mamadou Ismaël Konaté, en terrain connu, grand débatteur et grand défenseur des droits humains est interpellé pour donner une suite judiciaire à ces crimes d’une autre époque qui ternissent à la fois l’image du Mali et de sa justice. Quid de l’Opposition qui est attendue pour interpeller le ministre de l’Administration Territoriale à l’Assemblée nationale afin qu’il s’explique sur la tuerie de Gao.

Youssouf Sissoko

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Maliweb

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