Répression sanglante de la manifestation à Gao : Les jeunes de Bamako solidaires avec ceux de la cité des Askias

Réunies au sein d’un collectif dénommé ‘’Trop c’est Trop !’’, des associations et organisations de jeunes ont exprimé, hier jeudi 14 juillet, leur solidarité à leurs compatriotes de Gao, à travers une marche pacifique. Les organisateurs ont exhorté les autorités à mettre fin au règne de l’impunité et de l’injustice.
En soutien à leurs compatriotes de Gao, dont au moins trois sont tombés sous les balles assassines des forces de sécurité, le 12 juillet dernier, suite à une manifestation qui a dégénéré, les jeunes de la capitale, Bamako, ont à leur tour battu le pavé, hier jeudi 14 juillet. Organisée par plusieurs associations de jeunes réunies au sein du collectif ‘’Trop c’est Trop !’’, la marche a mobilisé plusieurs centaines de manifestants qui ont dénoncé la mort de trois de leurs compatriotes de Gao et la blessure de plusieurs autres manifestants suite à des tirs des forces armées maliennes.
« Devant la revendication de leur droit, la jeunesse de Gao a organisé, le 12 juillet 2016, une marche pacifique qui est devenue la marche du sang » a déploré le porte-parole des manifestants Baba Dakono, dans une déclaration lue au pied du Monument de la Colombe blanche ou Monument de la Paix, ‘’point de chute’’ de la marche qui a démarré au Monument de l’Indépendance.
Selon les manifestants, le malheur subi par leurs compatriotes de Gao le 12 juillet dernier, est tout simplement inadmissible et très regrettable.
« Pendant les moments d’occupation des régions du Nord du Mali par des groupes armés et terroristes, la jeunesse courageuse et insoumise de Gao a pris ses responsabilités au nom de son pays pour faire face aux envahisseurs. Cette même jeunesse pour l’amour de sa patrie, a décidé de rendre les armes» a rappelé Baba Dakono. Qui poursuit que la répression de la marche de Gao fait suite à de nombreux cas de violation des libertés individuelles.
D’où l’occasion pour les manifestants d’inviter les autorités à respecter l’esprit démocratique fondé sur la liberté d’opinion, d’expression et de manifester. Des droits fondamentaux qui selon eux, ont été chèrement acquis et garantis par la constitution du 25 février 1992.
Dans la même dynamique, les manifestants ont exhorté les autorités à prendre toutes les dispositions pour faire la lumière sur les évènements tragiques survenus à Gao le 12 juillet dernier et de sanctionner les coupables.
Faut-il le souligner, après la visite d’une délégation gouvernementale conduite par le ministre de l’Administration Territoriale, Abdoulaye Idrissa Maïga le mercredi dernier, le gouverneur de Gao, le directeur régional de la police et d’autres personnes ont été sanctionnés. Des sanctions exigées par la jeunesse de Gao comme condition sine qua none de tout dialogue avec la délégation ministérielle.
Pour rappel, les jeunes de Gao réclament d’être cantonnés afin d’être insérés conformément aux clauses de l’accord de paix et de réconciliation. Et le paradoxe en est qu’ils s’opposent à la mise en place des autorités intérimaires prévue par le même accord.
A la question de savoir pourquoi la marche a été réprimée dans le sang, certaines sources indépendantes nous rapportent que parmi les manifestants du 12 juillet à Gao, ils y auraient des individus mal intentionnés et armés qui auraient ouvert le feu en premier sur les forces de sécurité qui ont riposté.
Vrai ou faux ? L’enquête dite ‘’impartiale’’ déjà ouverte par le gouvernement nous édifiera.

Lassina NIANGALY

aBamako

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