Autorités intérimaires: «La loi qui a été votée et ce qui se passe sur le terrain sont diamétralement opposés» Amadou Araba Doumbia, Député Sadi, Président de la Commission Décentralisation de l’AN

Le Président de la Commission Décentralisation de l’Assemblée nationale l’honorable Amadou Araba Doumbia député SADI élu à Niono lors d’un débat sur la Radio Kayira le jeudi dernier a décrié l’attitude du gouvernement qu’il qualifie d’une volteface face.
«Le projet de loi a été confié à la Commission AN pour l’étudier à fond avant son adoption» a indiqué l’élu de Niono. Plusieurs échanges et contacts ont eu lieu. «Nous avons rencontré les mouvements armés, ceux de la plateforme, de la société civile, l’opposition et la majorité parlementaire, l’Association des Municipalités du Mali, les Maires et gouverneurs des régions du Nord. Cela dans le souci d’éviter une éventuelle situation de crise».
La loi qui a été votée par la suite adoptée par l’Assemblée nationale du Mali sur les autorités intérimaires le 31 Mars 2016, s’applique partout au Mali surtout là où il y a disfonctionnement dans les collectivités a indiqué le Président de la Commission Décentralisation.
«Les autorités qui seront mises en place auront toutes les attributions dévolues aux conseils des collectivités territoriales pendant une durée n’excédant pas 18 mois. Mais dans la pratique, on a tendance à voir autre chose. Le document relatif à l’entente sur la mise en œuvre des autorités intérimaires signée entre le gouvernement et les groupes armés ne peut pas se substituer à la loi».
«Nous ne reconnaissons pas ce décret» a indiqué l’élu. Mais il nous revient de constater un silence assourdissant des députés depuis la signature du document entre le gouvernement et les mouvements armés sur les autorités intérimaires et son mode de fonctionnement. Même si l’honorable Amadou Araba Doumbia tente de défendre sa tête et accusant la presse de n’avoir pas joué son rôle. Car selon lui rares sont les journalistes qui sont venus les demander à propos des autorités intérimaires. Ce, au lieu d’interpeller le gouvernement pour avoir signé le document alors qu’il existe déjà une loi en la matière !
Après les incidents survenus à Gao une délégation gouvernementale fut dépêchée sur le lieu. Mais aucun membre de la commission Administration Territoriale et Décentralisation de l’AN n’y était membre.
Aujourd’hui l’histoire vient de donner raison à l’opposition républicaine qui s’est opposée à l’adoption de cette loi synonyme selon elle de la partition du pays. Dans un communiqué publié le 12 Juillet 2016 elle (l’opposition) accuse le gouvernement en ces termes : «Le passage en force de la loi sur les autorités intérimaires, la violation de la constitution et le piétinement par le Gouvernement de la loi à peine votée, la gestion chaotique de la crise du Nord ont provoqué l'indignation et la colère légitime du peuple malien en général, des populations de Gao en particulier».

Sadio Dembélé

aBamako

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