Focus : Et maintenant ?

L’installation des autorités intérimaires est remise aux calendes grecques, mais non sans que des Maliens aient payé le prix fort. En l’occurrence la jeunesse de Gao, une des régions concernées par ce nouveau mode de gouvernance institutionnelle imposé. Marche pacifique, répression policière, pertes en vie humaines, soutiens et condamnations multiformes, condoléances et compassion, dialogue, adresse à la nation… Et après ? C’est la question essentielle autour de ce énième épisode douloureux de la situation politico-sécuritaire au Mali, particulièrement depuis la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation du 15 mai 2015 (20 juin 2015 pour le président IBK) entre le gouvernement et les groupes armés et son cortège post-mortem d’attentats (Radisson Blu), d’assassinats ciblés (médecin militaire de Gao), de combats meurtriers (Anéfis), d’embuscades (mort du colonel Salif Daou) et même, de tirs à balles réelles sur de paisibles marcheurs (Gao, le 12 juillet 2016).

L’interrogation taraude d’autant plus les esprits des Maliens que ce report sine die de la mise en place des autorités intérimaires (initialement prévue le 15 juillet dernier) impose plusieurs questionnements : les (fameuses) autorités transitoires seront-elles installées ? Si oui, à quelles (nouvelles) conditions ? A quelle date ? Et à quel prix ?

Deux repères indiquent que le pouvoir ne renonce pas à « son » projet de partition du pays. Le signal le plus évident découle de l’adresse à la nation du chef de l’Etat trois jours après le drame de Gao.

« Ces incidents…sont une illustration manifeste d’une méconnaissance des aspects féconds du contenu de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale…Les inquiétudes suscitées par certaines dispositions de l’Accord découlent, de manière évidente, d’interprétations erronées; je suis convaincu qu’elles se dissiperont progressivement,…grâce à la mise en œuvre déterminée et efficace de l’Accord… », a dit Ibrahim Boubacar Kéïta. Ce passage n’a besoin d’une quelconque interprétation : oui aux autorités intérimaires.

La deuxième indication vient du communiqué conjoint du 13 juillet entre la délégation ministérielle et les jeunes de Gao. Dans le texte lu par le ministre de la justice dans le journal télévisé du soir, ceux-ci exige (raie) nt la prise en compte de leurs préoccupations dans la mise en place et la gestion des autorités intérimaires.

Mais, ces deux faits ne sont que des indications qui n’engagent que nous. La réalité du terrain peut être autre. Car, nous ne cesserons jamais de le répéter, les autorités intérimaires dans les (seules)  régions du nord constituent un pas de géant dans la partition du Mali.

Sékou Tamboura

 


Maliweb

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