Mali : Hama Foune Diallo, mercenaire du delta

Il y a quelques semaines encore, Hama Foune Diallo était un inconnu à Bamako. Aujourd’hui, ce fils de berger se pose en héraut de la cause peule, et l’État pourrait bien s’appuyer sur lui. À l’évidence, la lumière l’indispose. Au téléphone, Hama Foune Diallo veut bien répondre, en peul, à quelques questions, mais, lorsque celles-ci portent sur son parcours, il coupe court à la conversation. Le 25 juin, il n’était qu’un inconnu pour la plupart des Maliens lorsqu’il a officialisé la création d’un énième groupe armé, le Mouvement pour la défense de la patrie (MDP), dont il prétend être le chef d’état-major.

Affublé d’un long boubou blanc, d’un imposant turban bordeaux et d’une grosse paire de lunettes noires ne laissant entrevoir de son visage qu’une épaisse moustache, il semblait ne pas être tout à fait certain de vouloir sortir de la clandestinité.
Mobiliser les Peuls autour d’un idéal

Le MDP, qui a rejoint la Plateforme, la coalition réunissant les mouvements longtemps considérés comme favorables à Bamako, revendique 300 combattants, lesquels seraient regroupés en divers endroits de la région de Mopti en vue d’une démobilisation. Il s’agit de Peuls pour la plupart, même si Foune prend soin de préciser qu’on y trouve aussi des Bozos, des Songhaïs ou encore des Bambaras. Son objectif, pourtant, est sans équivoque : si, à l’attention de la communauté nationale et internationale, il assure vouloir protéger « l’ensemble des populations » vivant dans sa région et ne pas considérer l’État comme un ennemi, aux Peuls, il dit tout autre chose.


Africatime

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