Sadou H. Diallo, maire de GAO «Pas 4 morts. Mais 3 ! Et 12 blessés suite à des châtiments corporels et 35 par balle»

Soumaïla Cissé : chef de file de l’opposition: «Si vous aviez écouté l’opposition M. le président de la République, on aurait pu éviter ce drame-là» C’est samedi 17 juillet 2016 à 10 heures que l’opposition démocratique républicaine a tenu une conférence de presse pour dénoncer la crise de Gao survenue à la suite une marche pacifique contre la mise en place des autorités intérimaires dans les régions du nord du pays. Une conférence au cours de laquelle, les présidents des partis politiques de l’opposition ont répondu présent. Il s’agit entre autres de l’honorable Soumaila Cissé, chef de fil de l’opposition, M. Tièblé Dramé, M. Nouhoum Togo, M. Seydou Diawara dit Martin, M. Djiguiba Keita.

Après avoir observé une minute de silence en la mémoire des disparus, Honorable Soumaila Cissé, chef de fil de l’opposition a déclaré: «les partis politiques de l’opposition, attachés à la cohésion nationale, aux valeurs de la république, a l’intégrité territoriale, à l’unité de notre nation ont lancé sans succès un appel triste au président de la république dès le début de son mandat pour qu’il réunisse tous les corps dignes de la nation dans le but de trouver une solution définitive à la crise du nord en général et la question de Kidal en particulier. Nous avons entretenu dans cette même salle sur les dangers de cette modification du code des collectivités sécurité de notre nation. Les députés ont été obligés de quitter la salle parce qu’on leur a refusé la parole. La loi a été finalement adoptée avec des articles violant la constitution et semant les germes des partitions du Mali. Il est important de rappeler qu’aucune consultation de la classe politique, ni de la société civile n’a été effectuée en vue de les associer à l’élaboration des textes ni à la tentative de mise en œuvre. C’est pourquoi se sentant marginaliser, des jeunes de Gao ont organisé une marche pacifique mardi 12 juillet 2016 pour manifester leur mécontentement et demander leur implication dans la gestion de leur cité. Quoi le plus normal !
Malheureusement, cette protestation a vite tourné au drame… Le gouvernement a dépêché les ministres à Gao qui se sont tous simplement engagés à transmettre les dolences des jeunes au président de la République. Le président de la république s’est adressé à la nation jeudi le 14 juillet 2016, deux jours après la tragédie dans un discours squelettique... Mais si vous aviez écouté l’opposition, M. le président de la République, on aurait pu éviter ce drame-là. L’Opposition estime que notre pays doit à présent entamer une dynamique globale par un dialogue inter-malien visant à forger le consensus national autour de la restauration de la paix et de la stabilité sur l’ensemble du territoire. Ce dialogue inter- malien doit s’étendre à tous les acteurs maliens de l’intérieur que de l’extérieur».
Pour sa part, M. Sadou H. Diallo, maire de la commune urbaine de Gao a ainsi renchéri : «depuis 20 ans, j’ai quitté l’exil. Je suis à Gao il y a 40 ans. Je suis président d’un parti politique (PDES), mais je suis maire indépendant. Ce n’est pas le président qui m’a élu, encore moins le gouvernement. C’est le peuple de Gao qui m’a élu. Donc, Je partage tout (bonheur et souffrance) avec ce peuple. Les jeunes de Gao s’adonnent régulièrement à cette marche depuis maintenant 20 jours en vue de se faire entendre. C’est pour dire qu’ils ont déposé les armes... Mais ils n’ont jamais été écoutés par l’opinion nationale et internationale.
«Si j’étais à Gao au moment des faits [il était au Brésil - ndlr], je n’allais pas interdire cette manifestation. Je l’encadre depuis maintenant 20 jours. Marcher est un droit constitutionnel... Je ne suis nommé ni par un président, ni par un ministre ! Quand mon peule veut marcher pour revendiquer ses droits légitimes, on doit le respecter. On a vu des gens ici qui ont brulé le drapeau malien, marché sur le drapeau malien, tué des responsables maliens... Les revendications de ceux-ci ont été prises en compte. Alors pourquoi pas ces jeunes de Gao qui ont sauvegardé Gao à l’absence de l’Etat ? Je n’ai jamais eu autant de recouvrements de TDRL [taxe de développement régional et local- ndlr] à Gao comme cette année. C’est pour dire que la population de Gao accompagne son gouvernement et son armée. Mais c’est le gouvernement qui ne l’accompagne pas !».
«Je dis à haute voix que l’Etat est responsable de ce massacre à Gao. Il n’y a pas 4 morts. Le bilan est 3 morts, 12 blessés par bastonnement et 35 blessés par balle. C’est une ville que je connais très bien. Je l’aime et je l’accompagne toujours. Quand on ne diagnostique pas une maladie, on ne peut pas la soigner. Je fus gouvernement et président de Gao pendant 11 mois. Parce qu’il n’y avait pas d’administration. J’ai beaucoup travaillé avec les jeunes de Gao. Et c’est une occasion de remercier cette jeunesse patriote, dynamique qui a pu veiller sur la population de Gao après l’absence de l’Etat. Quand Je suis rentré à Gao 15 jours après, j’ai demandé aux jeunes de nous rendre toutes les armes. Je prends en témoignage l’actuel chef d’Etat-major des armées, Didier Dakuo qui était mon garde –corps et colonel à l’époque».

Saba Ballo

aBamako

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