Suspension des activités de l’ADP-Maliba au sein de la Convention Majorité présidentielle : Les dessous d’un chantage politique

Décidément le ridicule ne tue plus au Mali. Il y a de cela tout juste deux (2) ans, le secrétaire général de l’ADP-Maliba, Sidiki Almamy Coulibaly, à l’époque conseiller de l’ex Premier ministre, Moussa Mara, défendait  à travers un long document qu’il a fait publier dans les médias, la gouvernance du président  IBK. Mais entre midi et quatorze heure, ce dernier et ses camarades politiques déclarent voir les choses autrement et décident de suspendre leur participation aux activités   de la Convention de la Majorité Présidentielle. De qui se moquent-ils ? Les dessous d’un chantage politique…

On ne le dira jamais assez, le ridicule ne tue plus au Mali. A travers une conférence de presse qu’ils ont animée la semaine dernière au siège de leur  parti, le président de l’ADP-Mali, Amadou Thiam et ses camarades, ont annoncé la suspension de leur participation aux activités de la Convention de la Majorité Présidentielle (CMP). Raison évoquée : la mauvaise gouvernance du régime en place qui selon eux, est contraire aux principes fondateurs de leur  parti. Et pour camoufler les vraies motivations de leur décision, les responsables du parti ont déclaré qu’elle fait suite à la saisine du Comité Exécutif du parti, par « certaines structures signataires d’un document intitulé ‘’Motion pour le retour aux fondamentaux de notre engagement politique’’».

Dans sa déclaration le Comité exécutif de l’ADP-Maliba, tance le pouvoir en place en des termes très durs. Selon eux,  « la situation générale du pays est inquiétante à bien des égards. Le processus de paix est à la traîne, l’économie nationale ne profite pas aux populations, l’image du pays est fortement écornée par des scandales à répétition restés impunis, le terrorisme s’installe progressivement comme la norme, le communautarisme armé divise les populations tandis que, comme cité plus haut, le fait politique est complètement ignoré ».

Plus loin, les conférenciers dont le président du parti, l’honorable Amadou Thiam et son secrétaire général, Sidiki Almamy Coulibaly, enfoncent le clou en ajoutant : « Le Peuple malien qui affichait tous les signes d’espoir en de lendemains meilleurs suite à l’élection présidentielle de 2013 est aujourd’hui, plus que jamais, plongé dans le doute sur l’avenir et la pérennité même de la Nation malienne ».

Question : l’honorable Amadou Thiam et ses camarades étaient-ils aveugles et sourds pendant tout ce temps ? Sinon à quels scandales font-ils allusion ?  Pourquoi est ce que les quatre députés du parti qui siègent à l’hémicycle, n’ont jamais interpellé le gouvernement sur les scandales auxquels ils font eux même allusion ?

Quand Sidiki Almamy Coulibaly défendait le bilan du président IBK

Car l’on se rappelle encore comme si c’était hier, de ce long document publié dans les médias  par le secrétaire général de l’ADP-Maliba, Sidiki Almamy Coulibaly, dans lequel il clamait la bonne gouvernance du pays par le président IBK et son gouvernement. C’était en 2014 lorsque qu’il était encore conseiller de l’ex Premier ministre Moussa Mara et un des membres les plus virulents de la CMP toujours prompt à défendre le pouvoir contre les critiques de l’opposition.

A titre de rappel, en réponse au Mémorandum du président du PARENA, Tiébilé Dramé, relatif à l’achat de l’aéronef présidentiel et à l’acquisition d’équipements militaires qui à l’époque ont suscité des soupçons de malversations de la part du FMI et Bureau du vérificateur Général, le secrétaire général du parti ADP-Maliba, Sidiki Almamy Coulibaly, déclarait ceci: « Quant aux marchés dits opaques il est souhaitable que le PARENA en cite et donne des preuves de cette opacité ou encore de ce  népotisme. Il faut noter que le Président loge chez lui. Cela n’a jamais été le cas par le passé pour aucun président malien. Ni pour aucun ancien Président (Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, Dioncounda Traoré qui vivent tous dans des bâtiments de l’Etat à la charge de la République. Cela n’est pas le cas pour IBK alors qu’il est président en exercice ».

Dans le même document, il avait aussi ajouté que«  jamais le Fonds Monétaire International (FMI) n’a officiellement fait état de mauvaise gestion des finances publiques et de malversations ».

Et plus loin, il concluait en jetant à la figure du président du PARENA, cette déclaration : « A nos amis du PARENA, nous leur disons : laissez nous travailler ! Laissez le Mali avancer ».

Comble du paradoxe, comme pour se moquer des Maliens, c’est la même personne, qui avec ses camarades politiques estiment que la gouvernance sous l’ère IBK est calamiteuse et émaillée de scandales.   Où est le bon sens ? Quel crédit peut-on accorder à des propos d’une telle ‘’race’’ de politiciens ?

Les dessous d’un chantage politique      

Pour des observateurs avertis, les vraies raisons de ce brusque changement de position de l’ADP-Maliba, sont plutôt à rechercher dans les coulisses du dernier réaménagement ministériel opéré par le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre Modibo Keïta.

Selon des indiscrétions, à l’annonce de chaque remaniement ministériel, le parti ADP-Maliba, qui a soutenu le président IBK lors des élections de 2013, nourrit l’espoir d’être gratifié d’un certain nombre de portes-feuilles ministériels. Et parmi ses prétendants au poste de ministre, figurerait selon nos sources, le secrétaire général du parti, Sidiki Almamy Coulibaly, qui a été remercié de son poste de conseiller à la primature depuis le départ de l’ex Premier ministre Moussa Mara.

Mais aussi, de sources concordantes, il nous revient que, le fondateur du parti, Aliou Boubacar Diallo, PDG de Wassoul’Or et les siens n’ont pas digéré la nomination de certains ministres dans le nouveau gouvernement à leur détriment.

De qui se moquent donc, Amadou Thiam et ses camardes politiques ? Simplement ridicules…

Mohamed Bah.

 


Maliweb

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