Accord de paix et décentralisation : A la recherche de fonds

Les partenaires techniques demandent au gouvernement une expression claire des priorités notamment celles liées à la réforme de la décentralisation

La promotion du développement économique, social et culturel doit être portée par les acteurs locaux. C’est tout l’esprit de la décentralisation. C’est aussi celui de l’installation des autorités intérimaires. Rien de tout cela n’est possible évidemment sans des financements conséquents. Voilà pourquoi le ministre de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, Mohamed Ag Erlaf, s’est réuni avec l’ensemble des partenaires techniques et financiers (PTF) emmenés par l’Union européenne et l’Allemagne pour faire le point des avancées et partager certaines informations dans le cadre de la mobilisation des fonds pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Ensemble, les deux parties ont examiné le niveau d’avancement de la mise en œuvre des autorités intérimaires et d’autres questions liées au transfert des ressources aux collectivités et au financement de nouveaux besoins déjà exprimés par les départements.

Le ministre Ag Erlaf a indiqué que le sujet des autorités intérimaires est celui qui est plus d’actualité. La question suscite aussi des crispations. En témoignent les événements dramatiques de Gao ayant occasionné mort d’hommes. Pour autant, « le programme d’installation des autorités intermédiaires n’en est pas perturbé », a assuré le ministre de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat. Pour la simple et bonne raison que le chronogramme n’a pas été encore validé. « Nous attendions les délégations des parties signataires en réunion au Niger », a expliqué Mohamed Ag Erlaf en référence aux pourparlers entre la CMA et la Plateforme sous l’égide du Premier ministre nigérien Brigi Rafini.

Pour le ministre Mohamed Ag Erlaf, le temps d’installation n’est pas en cause. La date buttoir du 25 août 2016 est donc maintenue. L’entente entre les parties signataires de l’Accord en fixe les conditions générales, a-t-il rappelé tout en précisant que la révision constitutionnelle participe aussi des efforts pour la mise en œuvre du document issu du processus d’Alger.

Le ministre Mohamed Ag Erlaf a ajouté que cette révision consacre la volonté de création d’un Sénat en lieu de place de l’actuel Haut conseil des collectivités. La création d’une cour des comptes, une exigence communautaire, est également prise en compte.
Toujours au chapitre des efforts en cours, le ministre de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat a rassuré les partenaires que son collègue en charge des Finances est en train de prendre des mesures pour que les fonds alloués aux collectivités soient transférés.

L’ambassadeur de l’UE, parlant au nom du collège des PTF, s’est interrogé sur la manière de procéder à la mise en œuvre des autorités intérimaires après les manifestions de Gao. Le ministre Ag Erlaf a répondu que ce qui s’est passé à Gao n’est pas directement lié à la mise en œuvre de cette mesure. Pour le ministre de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, les jeunes de Gao se sont soulevés pour revendiquer une participation au processus d’intégration dans la fonction publique. Les jeunes, dira-t-il, ont cru que le choix de ces autorités est déjà fait. Tel n’est pas le cas.

La question de l’organisation des élections s’est invitée aux débats. Sur ce sujet, le ministre Ag Erlaf a rassuré que le Mali a une vision claire et rationnelle et que les agendas seront définis et les élections auront lieu (séparément) en fonction de tous les paramètres.

Les partenaires du Mali ont reçu l’information que 200 millions de Fcfa sont budgétisés pour la révision constitutionnelle qui nécessite au minimum une conférence par région pour mieux partager le contenu de la nouvelle formule. Le ministre Ag Erlaf a expliqué qu’il attache du prix à une bonne appropriation de nouvelle Loi fondamentale pour éviter des zones d’ombre. Idem pour la création de la Cour des comptes qui sera distincte du Vérificateur général. « Il n’a jamais été question de supprimer le Bureau du vérificateur général. Mais de là, en faire une institution, c’est autre chose », a précisé Mohamed Ag Erlaf.

aBamako

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