Massacre de Nampala : IBK doit rendre compte

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Hier, c’était Aguelhoc. Aujourd’hui, c’est Nampala. L’histoire rattrape inexorablement Ibrahim Boubacar Kéïta qui n’en a jamais fini de demander des comptes au régime d’Amadou Toumani Touré par rapport aux tueries de 2012 et à l’évacuation de Tessalit au même moment. Dieu est grand ! Par cette grandeur, IBK vint au pouvoir. Et depuis, il y a eu l’hécatombe de Kidal (le 21 mai 2014) et le carnage de Nampala (le 12 juillet 2016), sans oublier moult autres épisodes tragiques.
Jusque-là, aucun compte rendu au peuple malien sur le bilan et les responsabilités de ces drames qui ont « généré » des milliers d’orphelins, de veuves, d’indigents, de victimes collatérales.
Aujourd’hui, le président IBK, jadis adepte du tapage politique sur les morts, mais devenu subitement muet comme carpe, DOIT RENDRE COMPTE AU PEUPLE MALIEN. De tout.
« Celui qui n’a pas traversé l’autre rive, ne doit pas se moquer de celui qui se noie ». Cet adage symbolise l’humilité, vertu cardinale qui fonde toute responsabilité d’Homme d’Etat. Malheureusement, cette vertu est toujours attendue du président Ibrahim Boubacar Kéïta. Conséquence : le destin, doublé de l’histoire des faits récents (et non lointains) dans notre pays, le rattrape.
Avant de rappeler les shows d’IBK d’avant septembre 2013, venons en tout d’abord aux faits et à la gestion désastreuse de la boucherie de Nampala.
Mardi 19 juillet 2016 : les populations maliennes se réveillent l’horreur dans les oreilles. L’horreur ? Des militaires fusillés, d’autres enlevés, des armes et équipements incendiés, à Nampala, dans le centre du pays. Non plus au nord.
Au petit matin, l’opinion internationale apprend cette autre hécatombe humaine de l’ère IBK. Nul besoin ici de mettre en exergue les failles sécuritaires, le sous-équipement de l’armée ou la qualité de nos soldats, surpris, une fois de plus, dans leur sommeil et dont certains ont adopté le repli tactique (sur Diabaly) pour sauver leur tête.
Informé, Ibrahim Boubacar Keïta panique et concocte un exercice (devenu habituel) sous la forme d’un Conseil restreint de Défense à Koulouba. Dans ce copier-coller made in France, le chef suprême des Armées se fait entourer du Premier ministre, des ministres en charge de la Défense ; de la Sécurité ; de l’Administration territoriale ; des Finances ; et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, ainsi que des principaux chefs militaires.
Que se sont-ils dit ? Selon le Porte-parole du Gouvernement, le chef de l’Etat a donné des instructions fermes et des orientations claires pour que soient identifiés et poursuivis les auteurs de l’attaque (le refrain). Il a également instruit la hiérarchie militaire de sécuriser la ville de Nampala ainsi que toute la zone et, par-delà, l’ensemble des populations du Mali.
Dans la même dynamique, le président de la République a ordonné que toutes les insuffisances constatées soient immédiatement corrigées afin d’assurer la sécurité de nos Forces de l’ordre d’une part, et des populations d’autre part.
Le Chef de l’Etat a enfin instruit que soit renforcée la coopération entre les forces nationales et internationales présentes sur le terrain.
Il a enfin été décidé de rendre un hommage national à tous nos soldats tombés sur le champ de l’honneur. Que du folklore à la place des actes concrets !
Dans son communiqué officiel, suite à cette attaque du camp militaire de Nampala, en 4ème Région, ce mardi 19 juillet 2016 vers 5 h30 du matin par des individus armés dont l’identité reste à déterminer, le gouvernement déplore 17 morts et 35 blessés (côté Famas), du matériel militaire emporté ou endommagé par les assaillants. C’est tout.
Selon des informations discordantes, la caserne militaire de Nampala serait reconquise pour les uns, mais toujours occupé par les assaillants pour les autres.
C’est maintenant que IBK doit parler. Parler aux Maliens. Leur dire ce qui leur arrive. Il doit d’autant plus le faire que, avant d’accéder à la magistrature suprême et même quelques mois après, pour un oui ou pour un non, il montait au créneau pour faire du boucan et mettre des têtes à prix.
Le destin est là !
En effet, au lieu de s’occuper aussitôt du problème du nord pour lequel les Maliens l’ont plébiscité, IBK a passé le clair de son temps à se victimiser et à vilipender le président Amadou Toumani Touré, l’accusant à tort de tous les malheurs (passés et présents) du pays.
Nul n’est utile de rappeler ici ces attaques à l’endroit d’ATT. Car, l’histoire a rattrapé IBK à petits pas et au fil de la succession des événements malheureux qui meublent le quotidien du pouvoir et de la nation depuis qu’il est là.
Aujourd’hui, l’histoire s’est répétée sur plusieurs fronts mettant IBK face aux dures épreuves qu’ATT a dû affronter à son ère. Cas concrets : il y a eu Aguelhoc 2012 sous ATT et Kidal 2014 et Nampala 2016 (sous IBK); tout comme le 23 mai 2006 et 18 janvier 2012 (respectivement attaque de Kidal et de Ménaka sous ATT) et le 17 mai 2014 et le 19 juillet 2016 (prise du gouvernorat de Kidal et du camp de Nampala sous IBK).
En 2012, IBK a pleuré suite à l’évacuation de Tessalit : Quand Tessalit a été évacué sur ordre supérieur, j’ai pleuré ce jour-là sachant moi l’importance stratégique de Tessalit », avait-il confié sur RFI. Et selon lui, une armée ne doit jamais abdiquer : « Je pense qu’une armée doit toujours livrer bataille quand elle est encerclée.
Il y a une très lourde responsabilité qui a été prise là et elle doit être assumée », avait-il lancé, faisant allusion à ATT.
En 2014, l’histoire place IBK devant les faits, avec la débandade de l’armée à Kidal le 21 mai et son appel au… cessez-le-feu. Comparaison ne devient-elle pas raison ?
IBK n’a raté aucune occasion pour demander à ATT de rendre compte aux Maliens sur les tueries d’Aguelhoc. Le destin ? Il est là.
D’abord, depuis 2014, le peuple malien attend toujours de savoir ce qui s’est réellement passé à Kidal entre le 17 et le 21 mai 2014 : les responsabilités, le bilan.
Une commission d’enquête parlementaire commise à cet effet a déposé ses conclusions depuis dix mois. Ce rapport dort dans les tiroirs de l’Assemblée nationale.
Programmé lors de la session d’avril 2016, le dossier a été renvoyé sine die, sans motif. De quoi IBK a-t-il peur ?
Après Kidal, c’est Nampala ou l’hécatombe humaine. Les Maliens ont le droit, constitutionnel, de savoir ce qui s’est passé, monsieur le président !
CH Sylla

aBamako

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