Gouvernement : Attaques, compassion, condamnation

Que peut-on faire en dehors de condamner les attaques terroristes sur nos camps ? Il ne revient pas en tout cas au gouvernement de juste marquer sa compassion ou de condamner.

Mardi, le ministre de la Défense et des Anciens combattants, Tiéman Huber Coulibaly a mis les nerfs de tous les Maliens à l’épreuve, en passant dans le journal télévisé de l’ORTM après l’attaque du camp de Nampala par des djihadistes.

Il est venu énoncer des dispositions qu’ils vont prendre pour que nous croyions aux mesures prises depuis longtemps ! Pis, le ministre a clairement montré qu’il n’a aucune stratégie face à la crise, que le gouvernement est incapable de faire autrement que de marquer « sa compassion » et sa « condamnation ».

Ces sentiments reviennent à d’autres et ces autres qui s’acquittent honorablement de ce devoir. Au gouvernement, il revient le devoir régalien de nous protéger. Personne ne veut savoir comment, mais juste qu’on se sente protégé chez nous.

Nampala est malheureusement une date parmi une série d’événements tragiques. La signature de l’accord de paix, la mise en place d’un État-major opérationnel commun aux États riverains du Sahel, le G5 Sahel et toutes les commissions finalement budgétivores, ne donnent pas de résultats. L’insécurité, en plus du nord, a gagné le centre. Rien n’est fait. Rien ne se fait.

Les postulats de base sont connus et partagés par tout le monde : nous sommes face à une guerre asymétrique, notre sécurité est notre affaire, d’abord et en premier.

Tous les jours que le bon Dieu fait, se crée un nouveau mouvement, certes se réclamant ou revendiquant une certaine proximité avec le djihadisme terroriste international, mais, en réalité, des mouvements qui prolifèrent sur les terreaux de l’absence de L’État et de la faillite d’une certaine gouvernance. Pour peu que L’État soit affirmé, pour peu que le ministre de la Défense soit capable de mieux que condamner et exprimer sa compassion, au moins on pourrait donner un visage aux adversaires et avoir une liste de doléances.

Ce qui est arrivé à Nampala comme ailleurs est de la responsabilité pleine et entière du gouvernement. Au chef de L’État de décoder et de réagir en conséquence.

Alexis Kalambry


Africatime

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