Mali : l’opération Barkhane, quel apport pour la paix au Sahel ?

L’opération Barkhane a été instituée en août 2014, en remplacement de l’ex-Serval. Cette opération de l’armée française dans la bande sahélo-saharienne (BSS) a pour mission de combattre le terrorisme dans cette zone. Mais en dépit des attentats déjoués, les terroristes continuent d’avoir pignon sur rue au Mali et ailleurs. Le débat est donc ouvert entre le maintien et le départ de cette opération.

Bilan mitigé pour l’opération Barkhane au Sahel ?

L’opération Barkhane est en ce moment au coeur d’une vaste polémique. Tandis que certains plaident pour son maintien, d’autres la clouent au pilori pour inefficacité sur le théâtre des opérations. Dotée de 3000 militaires, une vingtaine d’hélicoptères, 200 véhicules de logistique, 200 blindés, 6 avions de chasse, 3 drones et une dizaine d’avions de transport, cette opération de l’armée française installée au Mali a pourtant connu des heures de gloire. Déployée dans la vaste zone désertique du septentrion malien, elle a mené plusieurs opérations qui ont permis d’annihiler des attaques terroristes contre la population et des édifices au Mali.

Des offensives récemment lancées contre un domicile privé à Gao ont notamment permis l’arrestation de présumés jihadistes concoctant un plan d’attentat terroriste. Des caches d’armes, des armes et des minutions, des véhicules tout-terrain, de l’argent liquide ainsi que du nitrate d’ammonium destiné à la fabrication d’engins explosifs ont été découverts au cours de plusieurs autres opérations. Toutes ces bonnes prises ont permis d’éviter, de justesse, des attaques terroristes d’envergure. Vue sous cet angle, la mission d’appuyer les forces armées des pays partenaires de la BSS dans leurs actions de lutte contre les groupes armés terroristes et la contribution à empêcher la reconstitution de sanctuaires terroristes dans la région est en passe d’être réalisée.

Les groupes jihadistes continuent leur randonnée macabre dans l’Azawad
Mais loin d’être défaits par ces multiples offensives des Forces Armées Maliennes (FAMa), de la Minusma et de Barkhane, les groupes armés terroristes continuent de répandre leur foudre meurtrière à travers le pays. Hormis les attentats terroristes contre le Radisson Blu et le Nord-Sud Hôtel à Bamako, ces assaillants ont assiégé le centre et le nord maliens, transformant cette vaste zone désertique en un no man’s land. Les attaques ciblées contre les forces internationales et maliennes avec leur cortège de morts et de blessés, la guerre fratricide entre groupes armés à Kidal, les rapts et attaques contre les populations civiles et les explosions des mines antipersonnelles ont achevé de convaincre que le Mali demeure encore sous l’emprise des terroristes.

Ainsi, à en croire certains observateurs, il faudrait agir vite et bien. Tout comme la défunte opération Serval qui avait arrêté l’offensive des groupes terroristes sur Bamako et détruit leurs repaires, l’opération Barkhane se doit d’être encore plus incisive afin de mettre définitivement sous éteignoir ces terroristes sans foi ni loi. D’aucuns insistent pour que cette ultime opération ne s’arrête pas aux portes de Kidal (le fief de la rébellion touarègue) comme par le passé. Ils voudraient plutôt qu’elle sonne le glas de ces terroristes. La Mauritanie, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso et le Mali, pays de la bande sahélo-saharienne (BSS), sont prêts, à travers le G5 Sahel, à prêter main forte à cette force française pour l’ultime bataille. Encore faudrait-il que la volonté politique s’exprime sans ambigüité ni calcul géopolitique…

aBamako

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