Evènements de Nampala et de Kidal: l’URD dénonce et accuse…

Le parti Union pour la république et la démocratie (URD) a organisé, hier lundi, à la Maison de la presse, une conférence de presse focalisée sur les récents évènements de Nampala et de Kidal. L’objectif, estime-t-on, est de partager les inquiétudes du parti et les préoccupations relatives aux conséquences de ces évènements sur le processus de normalisation et de stabilisation du pays.

Conformément à son statut de parti de l’opposition, comme l’ont révélé les conférenciers, notamment le 1er vice-président, Salikou SANOGO et le secrétaire à la communication, Me Demba TRAORE, l’URD était, hier, en face de la presse, pour évoquer les tragiques évènements de Nampala et de Kidal, en assumant, disent-ils, les missions de veille et de contrôle des actions gouvernementales, dévolues au parti à la poignée des mains.
Pour les conférenciers, l’URD a pris tout ce temps avant d’agir sur ces événements en respect au deuil national de 3 jours, décrété par le pouvoir en la mémoire des soldats tués à Nampala par des groupes armés.
Dans une déclaration politique, lue par le 1er vice-président, le parti URD s’indigne de la communication du gouvernement autour de l’attaque de Nampala. Prenant à l’appui des propos tenus par les ministres Mountaga TALL et Tièman Hubert COULIBALY et ceux du Président IBK, l’URD a démontré que le régime n’a pas dit la vérité au peuple malien, s’agissant de l’envoi des renforts militaires à Nampala.
«Aucun renfort, pompeusement annoncé par ces deux membres du gouvernement, n’était présent dans la ville. Le maire de Nampala, entre autre, interrogé par la presse malienne et internationale, dont Jeune Afrique, a démenti formellement les propos tenus, la veille, par les deux ministres », note la déclaration préliminaire de l’URD.
Une chose est certaine : ce qui s’est passé à Nampala est gravissime et ne saurait être occulté en aucune manière parce que ce sont ceux qui sont chargés de la défense et de la protection du pays qui ont été attaqués dans leur base, faisant des morts, des blessés et sans compter les dégâts matériels importants enregistrés. C’est la position de l’URD qui soutient avoir toujours alerté, dès qu’il y a attaque contre l’armée, tout en exigeant du « gouvernement plus d’efforts pour doter nos forces armées et de sécurité en équipements adéquats leur permettant d’assurer efficacement la sécurité des personnes et de leurs biens ». L’URD estime d’ailleurs qu’il n’a jamais été écouté par les décideurs sur cette question. Toutefois, sans jamais se laser, l’URD, par la voie de son vice-président, a affirmé qu’il ne «cessera jamais de dénoncer les dérives qui menacent dangereusement les fondements et les valeurs de la république».
Sur l’attaque de Nampala, l’URD a également exprimé, dans son document, son souhait de voir le régime donner plus d’explications aux citoyens et de s’assumer. Mais d’ici là, le parti est catégorique : les ministres Mountaga TALL et Tieman Hubert COULIBALY devraient être remerciés du gouvernement pour avoir menti au peuple sur l’envoi des renforts et la stabilisation de la situation à Nampala.
« Il est vraiment temps que le Président de la République explique aux Maliens pourquoi notre armée ne dispose pas encore d’avions et d’outils adéquats de combats ? Sachant pertinemment que le président de la république, dès l’entame de son mandat a pu se procurer très rapidement aux frais du contribuable, un avion présidentiel sous le vocable «avion de commandement «, au prix d’achat jusque-là inconnu du peuple, qu’est-ce qui empêche le Mali d’acquérir ces instruments essentiels pour la sécurité de nos forces armées et de notre pays ? Quels sont les amis du Mali qui refusent que nos FAMA soient équipées d’armes aériennes ?», rapporte la déclaration.
Kidal n’est pas en marge de l’actualité brûlante, relayée par l’URD. Sur cette question, même ton, même pression : le parti appelle les autorités nationales à plus de responsabilités parce qu’en laissant le contrôle de la ville de Kidal entre les mains des groupes armés, l’Etat donne l’impression de la division du pays. De même, le parti condamne le fait que les groupes armés signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale se sont retrouvés à Niamey pour signer un document qui ne fait aucune référence à l’Etat du Mali. Là-dessus, le parti de Soumaïla CISSE voit ignominie et déconcertation. Le parti en profite pour appeler le président IBK à revoir ses copies, relativement à la gestion du pays.
« Les dérives du pouvoir ont atteint un seuil dangereux, mettant à nu l’incompétence du gouvernement du Premier ministre, Modibo KEITA. Nous avons alerté ! Vous avez, avec nous, dénoncé toutes les dérives (la corruption, la concussion, la gabegie financière-mensonges) qui caractérisent la gouvernance actuelle de notre pays. Nous avons invité en vain le président de la république, dans l’intérêt de la nation, à réviser de manière radicale la gouvernance qu’il a instaurée depuis son accession au pouvoir », s’insurge la déclaration de l’URD.
Le secrétaire à la communication du parti, Me Demba TRAORE, enfonce le clou en exigeant la démission du président IBK. Ses motifs ? L’homme a montré son « incapacité à gérer le pouvoir et les attentes de la population sont au même niveau depuis son élection à la magistrature suprême ». Connu de plus en plus pour le rôle de tribun politique qu’il veut jouer allègrement, lors des meetings de son parti, Me Demba TRAORE s’est même exprimé en bambara sur ce passage pour, dit-il, se faire mieux entendre par les militants. Reste à savoir quel écho politique cet appel à la démission d’un président élu fera-t-il dans le camp présidentiel.

Sikou BAH

aBamako

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