Edito : Ami Kane augmente l’impopularité d’IBK

Depuis quelques jours, la capitale malienne vit un évènement  à deux visages. Il s’agit bien de l’opération de déguerpissement enclenché par l’actuel gouverneur du District de Bamako. En mission, elle est chargée de rendre Bamako propre, la capitale africaine choisie pour abriter le sommet France-Afrique en début 2017. Connue pour son attachement à certains principes durs, Ami Kane dans cette mission refuse tous conseils qui pourraient la dévier de sa trajectoire. ‘’Force restera à la loi’’. Telle est sa vision et cette philosophie a fait ses effets. De milliers de maliens qui se débrouillent dans l’informel sont contraints de libérer l’espace dit public qu’ils occupent à défaut se voir emballés avec leurs articles et jetés loin de  la ville.

Cette ambition de faire de Bamako une ville coquette, le fils du Président, le super Président de la Commission Défense à l’Assemblée Nationale a l’habitude de l’effleurer lors d’une séance plénière à l’hémicycle. Ce jour, sa déclaration n’a pas reçu un soutien même si l’idée est pertinente car il s’était substitué membre ou président d’une autre commission chargée de ces affaires à  l’AN.

Kane tout le monde la connait. Elle s’en fout de ce que les gens pensent dans ses prises de position. A-t-elle été proposée par Karim au roi du Mandé ou Président du Mali pour cette mission kamikaze échouée par les prédécesseurs ?

Une chose est claire. Certes il est nécessaire de désengorger les voies publiques aujourd’hui afin de rendre la circulation plus fluide, mais la manière a manqué et la politique se bute  à plusieurs faits. Kane a fait des sensibilisations, mais la stratégie devait aller au-delà. Identifier des sites appropriés, et faire l’opération de façon graduelle, étape par étape.

Au-delà de cette remarque, cet acte augmentera sans nul doute l’impopularité d’IBK. Kane vient de jeter des milliers de jeunes diplômés maliens et des pères de famille, qui évoluent dans l’informel, dans le chômage et cela augmentera également le rend de ceux qui réclament aujourd’hui au chef de l’Etat les 200 000 emplois promis.

Déjà dans les rues de Bamako, l’amer regret résonne dans les prises de parole. Nombreux sont ces commerçants qui ont été des soutiens inconditionnels au plébiscite d’IBK. Aujourd’hui ils parlent de ‘’YABE’’.

IBK tiendra son sommet France-Afrique dans une ville coquette comme souhaitée par le fiston national, mais politiquement il met la tronçonneuse, en marche, dans sa côte de popularité.

Boubacar Yalkoué


Maliweb

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