La majorité présidentielle veut marcher malgré l’état d’urgence fraîchement décrété : Que craint exactement le camp présidentiel?

Après l’opposition et la société, c’est le tour de la majorité présidentielle, à travers des associations AN KA BEN ET AN TE SON, de battre le pavé pour, dit-on, soutenir la jeunesse de Gao, l’armée, le président de la république et son gouvernement.
La marche qui se veut pacifique partira, le samedi prochain, du monument de l’indépendance au monument de la paix à 16 heures.
Toutefois, les raisons qui motivent cette manifestation demeurent floues. En effet, selon ses organisateurs, il s’agirait de soutenir les jeunes de Gao dans leur lutte.
Or, le régime que défendent la majorité politique ne partagent pas les revendications des manifestants de la cité des Askias ; ils arguent également qu’il faut marcher en l’honneur des soldats tombés à Nampala plus d’une semaine après cette tragédie !
S’il ne s’agissait que de cela, les grandes funérailles solennelles ponctuées de décorations à titre posthume, la mise des drapeaux en berne et les trois jours de deuil national suffiraient. C’est plutôt le dernier motif évoqué qui semble mobiliser les thuriféraires du régime IBK.
Il est évident aujourd’hui que ce régime a atteint le summum de l’impopularité à cause des scandales qui se sont bousculés pendant ces trois ans de gouvernance.
Par cette manifestation, il pourrait voir sa côte de popularité un peu hissé, surtout en cette période où les échéances électorales approchent. Ou bien, puisque le régime est désormais paranoïaque, il semble sentir une déstabilisation des institutions en gestation et, au lieu de prendre des mesures plus responsables et adéquates en la matière, il sombre dans le nationalisme et le populisme stériles.
Cet extrait de l’interview de l’honorable Moussa Timbiné, organisateur de la marche, enregistrée après le point de presse sur ladite marche, le confirme : « Ceux qui veulent déstabiliser ce pays nous trouveront devant eux ».
Rappelons qu’avant lui, Bocary Tréta, secrétaire général du RPM, parti au pouvoir, s’en prenait à l’opposition de vouloir renverser le pouvoir en place.
En tout état de cause, avec la situation sécuritaire du Mali, la grogne populaire, l’augmentation des fronts sociaux, la mésentente au sein de l’appareil coercitif de l’Etat et l’agitation d’une partie de la classe politique, il y a effectivement de quoi s’inquiéter.
ABDOUL NIANG
Source: Nieta Kibaru

aBamako

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