Après ce qui s’est passé à Nampala et Kidal : “Le Gouvernement est dépassé par la situation”, selon l’Urd

Toute la nation s’est indignée par la barbarie et l’atrocité des faits, mais aussi indignée par la communication désastreuse entretenue autour de cette tragédie par le Gouvernement”. Ainsi s’exprimait le 1er vice-président de l’Urd, Pr Salikou Sanogo, dans son exposé liminaire à l’occasion du point de presse organisé par son parti le lundi dernier, 25 juillet 2016, à la Maison de la presse pour “partager avec les journalistes les préoccupations de l’Urd suite aux graves événements survenus à Nampala et à Kidal la semaine dernière “, dira-t-il.

l’occasion de ce point de presse, cinq cadres politiques du parti de la poignée de mains (Urd) étaient face aux journalistes. Outre le 1er président du parti chargé d’introduire les débats, le Pr Salikou Sanogo, ancien ministre, il y avait Ibrahima N’Diaye 2è vice-président, ancien ministre et ex-maire du district de Bamako, Me Demba Diallo, avocat, secrétaire à la Communication de l’Urd et ancien ministre, l’Honorable Seydou Diawara, président de Groupe parlementaire de l’Urd à l’Assemblée nationale et membre du Bureau exécutif national du parti, et Me Boubacar Karamoko Coulibaly, avocat, lui aussi vice-président au niveau du Bureau exécutif national de l’Urd. C’est dire qu’il y avait de la représentation de qualité, avec des cadres pétris dans le moule de l’expérience. Qu’ont-ils alors dit ?

Deux points étaient à l’ordre du jour de cette rencontre : D’abord la situation à Nampala et ensuite celle à Kidal. Ce qui constitue d’ailleurs les deux points chauds de l’actualité de cette semaine. Mais les responsables de l’Urd ont tenu à préciser que par respect à la mémoire des victimes et par solidarité avec leurs familles et amis, ils ont “humblement attendu la fin du deuil national pour convier les journalistes à cet exercice”.

En ce qui concerne Nampala, le parti du chef de file de l’opposition rappelle qu’il a condamné ces actes, présenté ses condoléances aux familles des militaires tombés sur le front et souhaité un prompt rétablissement aux blessés. Une minute de silence a d’ailleurs été observée “en la mémoire des vaillants soldats tombés sur le champ de l’honneur“, pour répéter les propos du Pr Salikou Sanogo.

L’occasion a été mise à profit par l’Urd qui a dénoncé ce qu’elle considère comme “une communication désastreuse entretenue autour de cette tragédie par le Gouvernement “. Après avoir rappelé que le maire de Nampala, interrogé par la presse nationale et étrangère avait démenti les propos  du ministre de la Défense et de son homologue de la Communication tendant à faire croire que Nampala était sécurisé, le Pr Salikou de dire que: ” …vouloir rassurer tout un peuple, après des faits aussi graves qu’intolérables, par des mensonges grotesques, constitue le pire des mépris qu’un régime peut avoir envers son peuple”.

Dans la foule et sur la base des déclarations du Gouvernement, une série de questions ont été soulevées par l’Urd concernant les événements douloureux de Nampala et dont chacune reste à ce jour sans réponse, selon les cadres de l’Urd qui étaient face à la presse. Par exemple : “Que cache-t-on au peuple ? Pourquoi on n’a pas suffisamment outillé nos forces armées ? Devons-nous assister à l’assassinat lâche et barbare de nos vaillants soldats ? Qu’a-ton fait de la Loi de programmation militaire votée à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale ? “. Ces questions, ils disent les adresser au Président IBK pour qu’il en réponde publiquement. Tout comme il lui a été demandé de préciser “les amis du Mali” dont il parle et qui empêchent notre pays de se doter de l’armement aérien. “S’il les désigne nommément, nous ferons notre devoir patriotique d’aller les voir pour leur demander le pourquoi avant de les convaincre que notre pays a besoin d’armer ses militaires pour sécuriser le territoire” a fait entendre Me Demba Traoré.

En ce qui concerne la situation à Kidal, les conférenciers du jour en ont tout simplement conclu que la situation a “dépassé le seuil du tolérable” selon le Pr Salikou Sanogo et “le Gouvernement a montré ses limites “ dira Me Boubacar Karamoko Coulibaly. “Il est même dépassé” ajoutera Me Demba Traoré. Et s’adressant aux journalistes sur un ton ferme, le premier vice-président de l’Urd de lancer : “Les dérives du pouvoir ont atteint un seuil dangereux mettant à nu l’incompétence du Gouvernement du Premier ministre Modibo Keïta. Nous avons alerté ! Vous avez, avec nous, dénoncé toutes les dérives à savoir la corruption, la concussion, la gabegie financière et les mensonges qui caractérisent la gouvernance actuelle de notre pays. Nous avons invité en vain le président de la République, dans l’intérêt de la Nation, à réviser de manière radicale la gouvernance qu’il a instaurée depuis son accession au pouvoir. Nous arrivons à la triste conclusion que le président de la République et son gouvernement font preuve d’incompétence patente et avérée “. C’est sans commentaire !Notons que l’Urd a précisé ne pas refuser de participer activement à la recherche de solutions aux problèmes évoqués. Mais comme l’ont déclaré ses cadres face aux journalistes, il faut que le gouvernement se mette dans la posture de les écouter.

Raison pour laquelle l’Urd ne cesse de demander des concertations nationales. “Mais des gens qui n’accusent même pas réception de nos courriers a fortiori nous répondre ne sont pas disposés à discuter avec nous” insiste l’Honorable Seydou Diawara, président du Groupe parlementaire de l’Urd.

                              A.B. N.

 


Maliweb

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