Le veuvage, une prison pour les femmes africaines

«Dans la main d’une femme africaine, repose le destin de l’Afrique», dixit les sages. De tout temps et dans toutes les sociétés, la femme est souvent la première victime des abus des coutumes et tabous. Ils ont souvent pour but de l’intimider et de la soumettre pour mieux la maîtriser. L’une de ces pratiques traditionnelles en Afrique, mettant la femme à rudes épreuves, est le veuvage.

 

Selon les croyances, le veuvage s’explique par la conception selon laquelle, «il faut exorciser la Femme de l’esprit de son défunt mari, qui hante  son corps, afin de libérer l’âme du disparu et sauver la sienne». Dans plusieurs sociétés africaines, ces pratiques comprennent, entre autres, leur réclusion pendant plusieurs mois avec une tenue unique, sans changer de vêtements et sans hygiène personnelle, le rasage de la tête parfois et le fait de s’asseoir sur le sol nu pendant 4 mois et 10 jours, voire une année. Chez certains groupes ethniques exigent jusqu’à ce que la femme boive l’eau de bain du cadavre de son mari pour prouver qu’elle n’a rien à avoir avec la mort de ce dernier. Poufff..

Deux poids, deux mesures dans ce rite ?

Par contre,  quand c’est la femme qui meurt, le veuf n’a de contraintes que d’enterrer la défunte. Les hommes ne subissent, en général, aucun rite. Ils se font raser la tête quand, à la limite, s’ils désirent,  s’abstiennent de rapports sexuels pour quelques jours encore pour ceux qui sont sincères. Et Ils sont même encouragés à se remarier au plus vite, c’est-à-dire, 40 jours après la mort de la femme. Tandis que les veuves, quel que soit le contenu du rite de veuvage, se doivent de le suivre à la lettre pour, soit disant, honorer la mémoire du  défunt. Elles sont isolées pendant des mois et réduite en momie,  de malchanceuse,  les plus chanceuses seront proposées par  force à épouser l’un des frères du défunt. En cas de refus, elles se doivent de rester seules le plus longtemps possible ou rejetée de la société. Elles passent de malchanceuses à la sorcières de la ville, avant d’être renvoyées de la société. Elle n’a le droit dans certains cas d’aller aux toilettes qu’à l’aube ou à six heures du soir. Si entre ces deux limitations, elle éprouve des besoins physiologiques, elle est obligée de se servir de son vase de nuit et l’on peut facilement imaginer l’atmosphère de la chambre,  lorsque les veuves sont nombreuses en cas de polygamie. Maintenant, les autorités judiciaires et autres politiques dans les pays où les veuves connaissent une humiliation persistante et notoire doivent prendre le taureau par les cornes en luttant contre ces mauvaises pratiques qui participent à l’aliénation de la femme, en général, moteur du développement de toute Nation.


Maliweb

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