Pour Obama, Trump n’est “pas qualifié pour être président”

Dans une charge d’une rare virulence, le président s’en est pris au milliardaire et candidat républicain, qui serait “mal préparé” pour la fonction suprême.

Après François Hollande qui a jugé que les propos de Donald Trump lui donnaient un sentiment de haut-le-coeur, c’est au tour de Barack Obama d’attaquer le milliardaire. « Le candidat républicain n’est pas qualifié pour être président », a lancé le président américain lors d’une conférence de presse à Washington. Il n’est pas courant qu’un président en exercice, qui ne peut pas se représenter, tienne de tels propos envers un des potentiels candidats à sa succession.

« Je l’ai dit la semaine dernière. Il n’arrête pas de le démontrer », a martelé le président américain, rappelant les propos controversés de Donald Trumpconcernant les parents d’un capitaine américain musulman mort au combat, invités à la convention d’investiture d’Hillary Clinton la semaine dernière. Le fait que Donald Trump critique une famille « ayant fait des sacrifices extraordinaires pour ce pays, le fait qu’il ne semble pas avoir les connaissances de base sur des sujets essentiels enEurope, au Moyen-Orient, en Asie signifie qu’il est terriblement mal préparé pour ce poste », a-t-il asséné.

« Je ne suis pas le seul à le penser », a ajouté Barack Obama, avant d’interpeller les dirigeants du Parti républicain qui continuent à soutenir Trump tout en dénonçant ses propos jugés outranciers. « Il y a un moment où on doit dire assez. Je n’étais pas d’accord avec certains présidents républicains, mais je n’ai jamais douté du fait qu’ils pouvaient occuper leurs fonctions de président », a souligné le démocrate. Donald Trump a rétorqué dans un communiqué en qualifiant Obama de « dirigeant qui a échoué » et en lui reprochant d’avoir « déstabilisé le monde ».

Un parti divisé

Dans un pays où les militaires bénéficient d’un immense respect, Donald Trump a commis un sérieux faux pas qui pourrait s’avérer très coûteux en s’en prenant au père du capitaine Humayun Khan, mort en Irak en 2004. Khizr Khan avait fait un émouvant discours lors de la convention démocrate, reprochant à Trump son projet d’interdire aux musulmans l’entrée aux États-Unis. Se disant « vicieusement » attaqué, Trump a critiqué les propos de cet avocat d’origine pakistanaise, mais a aussi insinué que son épouse avait été forcée au silence ce soir-là parce qu’elle était musulmane.

À Paris, le président français François Hollande a dénoncé, mardi, l’attitude du candidat républicain, estimant que ses « excès finissent par créer un sentiment de haut-le-coeur ». « Répugnantes », « impardonnables », les déclarations de Trump ont provoqué une levée de boucliers chez les démocrates, chez les anciens combattants et jusque dans son propre camp républicain.

Son parti apparaît particulièrement divisé. L’ex-candidat à la présidentielle et sénateur John McCain a vivement dénoncé les propos de Trump, sans pour autant lui retirer son soutien. Le milliardaire a, pour sa part, estimé mardi soir qu’il n’était pas prêt à soutenir le sénateur de l’Arizona, candidat à sa réélection en novembre, et pas non plus Paul Ryan, président de la Chambre des représentants qui cherche à conserver son poste dans le Wisconsin.

« Pourquoi le soutenez-vous encore ? »

Barack Obama a appelé les républicains à réagir après la polémique sur la famille Khan. « La question qu’on doit se poser si on n’arrête pas de devoir dire en termes très forts que ce qu’il a dit est inacceptable est : Pourquoi le soutenez-vous encore ?» Signe d’une évolution ? Un élu de New York, Richard Hanna, est devenu mardi le premier membre républicain du Congrès à annoncer publiquement qu’il voterait pour Hillary Clinton le 8 novembre, citant le besoin de chercher des solutions équilibrées et non des slogans « qui en appellent à notre déception, peur et haine ».

Et Donald Trump a déclenché une nouvelle polémique d’ordre militaire lors d’un rassemblement de campagne mardi en Virginie (est). Remerciant un ancien combattant qui lui a donné sa prestigieuse médaille Purple Heart, décorant les soldats blessés au combat, le milliardaire a confié en avoir toujours voulu une mais a estimé « plus facile » de l’obtenir de cette façon. Ces propos, émanant d’un homme qui n’a jamais servi dans l’armée, ont déclenché de vives critiques. Tout comme son attitude désobligeante lors du même meeting à l’égard d’une mère dont le nourrisson pleurait pendant son discours. Malgré ses nombreux dérapages, l’homme d’affaires était parvenu à grimper dans les sondages jusqu’à rejoindre sa rivale démocrate en juillet. Mais deux sondages publiés lundi ont donné une marge confortable de 7 à 9 points d’avance à l’ancienne première dame.

Publié le 03/08/2016 à 09:39 | Le Point.fr


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