Mouvance présidentielle: ADP Maliba, un parti confus dans ses choix

La semaine écoulée, sur fond d’un grand tapage médiatique, le parti ADP Maliba, annonçait à l’opinion nationale et internationale, sa décision de suspendre sa participation à toutes les activités de la majorité présidentielle.

Le parti du député Amadou Thiam, 2è vice président de l’Assemblée nationale, semblait justifier sa décision (frustration ?) par la situation qui prévaut au sein de la Convention de la majorité présidentielle où, selon les propos de l’honorable Thiam, l’ADP Maliba n’est non seulement jamais consultée, mais n’a jamais non plus été écoutée. Ne pouvant plus supporter un tel climat, le parti (qui fait partie des toutes premières formations politiques à avoir choisi IBK comme candidat en 2013) a décidé de se plaindre directement chez le chef de l’Etat. Là, le parti découvre une autre réalité : les portes de Koulouba sont fermées à ses cadres.

Depuis que le changement du gouvernement était au stade de rumeurs, jusqu’à la formation de l’équipe Modibo Keïta III (5è gouvernement de l’ère IBK) les députés de l’ ADP Maliba ont tout tenté pour avoir une audience avec le chef de l’Etat, sans suite. S’estimant bouder par le chef de l’Etat et par sa famille politique, la convention de la majorité présidentielle, l’ADP Maliba a, selon toute vraisemblance,  décider de «rendre», en sa manière, la pièce de la monnaie. Le moyen trouvé : faire une action d’éclat en annonçant leur décision de suspendre leur participation à toutes les activités de la CMP et donner de bonnes raisons à l’autre bord politique de croire que le navire CMP est en difficulté.

Une tempête dans un verre d’eau  

En prenant cette décision, l’objectif visé était connu : secouer le cocotier et amener l’autre à mieux le respecter, en tant que partenaire. Malheureusement, l’effet attendu ne s’est pas produit. En effet, Boulkassoum Haïdara, président de la CMP, et ses camarades ont accueilli la décision de l’ADP comme un non évènement. En somme, une simple tempête dans un verre d’eau. Ayant compris leur échec, la direction du parti tente aujourd’hui de faire volte face en voulant à tout prix convaincre de ce que sa décision ne signifie nullement que le parti ne soutient plus le président Keïta. Ce qui est d’autant absurde de la part d’une formation politique qui ne s’est pas contentée de suspendre sa participation de la convention, elle est allée bien au-delà en dénonçant la gouvernance du chef de l’Etat, allant jusqu’à reprocher à la majorité d’avoir trahi l’espoir du peuple malien…

Après avoir tenu de telles allégations et rencontré quelques jours plus tard le chef de file de l’opposition, le parti du coq blanc tente aujourd’hui de nier la crise qui s’est désormais installée entre lui et la mouvance présidentielle. Qui a de bonnes raisons de ne plus le compter parmi ses membres. Il y a quelques jours, accompagné de la présidente des femmes et des représentants de certaines sections de l’intérieur, le président de l’ADP Maliba, a animé une émission sur une radio de la place. Une émission au cours de laquelle le président et ses compagnons se sont surtout illustrés par des déclarations décousues et pleines de contradictions. Alors que le président tentait de préciser le sens de la décision de suspension du parti de toutes les activités de la CMP, ce qui, selon lui, ne remet pas en cause leur affiliation à ce regroupement, la présidente des femmes, avait, elle, un autre discours et qui était axé sur les tares de la gestion du président IBK. Ce qui atteste de l’état de confusion qui règne au sein du parti en ce qui concerne les choix à opérer.

Saran Diabaté


Maliweb

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