Conséquence des affrontements entre Gatia et Cma : Blocus économique contre la ville de Kidal

Après les violents affrontements du week-end dernier qui ont suivi ceux des 21 et 22 juillet 2016, la ville de Kidal fait l’objet d’un blocus économique depuis le lundi dernier. Le Gatia à l’origine de cette situation veut ainsi obliger la CMA à quitter la ville de Kidal comme lui-même l’a fait sous les ordres de Barkhane.

Une guerre ethnique se passe à Kidal entre les Ifoghas de la CMA et les Imghad du Gatia dont la branche militaire est dirigée par le général El Hadj Gamou. Les deux groupes armés, le premier issu de l’ex-rébellion et le second un groupe d’auto-défense membre de la Plate forme, sont tous les deux signataires de l’accord d’Alger. Ils se battent depuis quelques jours pour le contrôle de la ville de Kidal où est prévue l’installation des autorités intérimaires.

Le blocus en cours depuis le lundi dernier, est l’œuvre du Gatia. Celui-ci a pris cette initiative pour protester contre Barkhane et la Minusma, accusés selon les responsables de Gatia, « de parti pris » dans les accrochages meurtriers des 21 et 22 juillet 2016. Ce jour-là, les deux forces internationales sont intervenues entre les belligérants pour éviter un bain de sang parmi les populations civiles. Barkhane a alors demandé aux deux parties d’arrêter les hostilités et de retirer leurs troupes loin de la ville. Le Gatia a obtempéré en acceptant même de freiner la progression de son renfort militaire cela sur injonction de Barkhane. Sa rivale de la CMA n’a pas bougé d’un iota, au contraire, ses positions sont restées intactes dans la ville et mieux elle a crié victoire d’avoir défait militairement Gatia.

Selon un responsable de Gatia, pour qui il y a un soutien flagrant de Barkhane en faveur de la CMA, « ce blocus est maintenu jusqu’à nouvel ordre pour amener la CMA à quitter Kidal ». Selon lui, toutes les issues de la ville sont fermées jusqu’à une dizaine de km à la ronde. Les convois de ravitaillement de camions en provenance d’Algérie, le principal axe d’approvisionnement, sont bloqués sur place ou contraints de rebrousser chemin ou encore renvoyés vers d’autres destinations. Ceux en provenance de la ville de Kidal subissent le même sort. Seuls les véhicules humanitaires échappent à la colère des combattants du Gatia. « Aujourd’hui, rien n’entre ou ne sort de Kidal », indique une autre source.

Le gouvernement du Mali et la communauté internationale sont interpellés pour éviter à la population civile l’asphyxie économique ou même la faim en cas de rupture de biens de consommation.

A.Dicko


Africatime

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