Le secrétaire général du comité CSTM des aéroports du Mali, Mohamed Moustapha Diallo : “Mais, nous sommes toujours engagés pour trouver une solution à notre collègue Seydou Pona, victime de persécution et mutation abusive”

“Nous avons décidé de lever notre mot d’ordre de la grève qui était prévue du 1er au 2 août dernier suite à un accord de conciliation de 12 points sur 16”

Finalement, la grève prévue du 1er au 2 août dernier par le Comité syndical de la Cstm des Aéroports du Mali n’a pas eu lieu, la Direction générale de la structure étant revenue à de meilleures dispositions pour ouvrir des négociations avec les travailleurs. Ce qui a abouti à un accord concernant 12 des 16 points de revendications exprimés dans le préavis de grève déposé par le Comité syndical Cstm qui a levé son mot d’ordre tout en restant vigilant car selon son secrétaire général, Mohamed Moustapha Diallo, le dossier de Seydou Pona (il a été relevé de ses fonctions à cause de sa lutte syndicale) reste suspendu à la décision très attendue du Pdg des Aéroports du Mali, le Colonel Daouda Dembélé.

Aujourd’hui : Pouvez-vous nous expliquer les raisons du report de votre grève de deux jours ?

Mohamed Diallo : Nous avons décidé de lever notre mot d’ordre de grève de deux jours (du 1er au 2 août 2016), suite à plusieurs journées de négociations avec tous les acteurs concernés. Au cours de ces rencontres, l’accent a été mis sur l’obligation de respecter les engagements contenus dans le procès-verbal de conciliation partielle du 25 août 2015. Finalement, nous avons trouvé un accord. Sur 16 points, nous avons eu satisfaction sur 12 points. Les quatre points de désaccord concernent le cas de notre collègue Seydou Pona, le remboursement des impôts et taxes, le reclassement des auditeurs à la formation Imatec et la séparation des fonctions de direction et de représentant des travailleurs au Conseil d’administration. Au finish, les deux parties ont convenu de mettre en place une Commission interne pour le suivi de l’application du procès-verbal.

S’agissant de l’affaire de votre collègue Seydou Pona qui vous préoccupe ? De quoi s’agit-il ?

Vous savez, depuis le 3 avril 2015, par décision n 0045/Adm-Pdg de “Aéroports du Mali”, notre collègue Seydou Pona a été relevé de ses fonctions de chef de section assainissement. Quoi de plus normale dans une entreprise ! On peut lire sur les visas de la décision “pour nécessité de service”. Alors que ce dernier travaille à Aéroports du Mali depuis près de 30 ans. Il doit aller à la retraite en décembre 2016. Les états de service de Pona sont honorables. Il n’a jamais reçu une sanction, même pas un avertissement verbal. Ses évaluations annuelles ont toujours été bonnes. C’est le type d’employé qui ne sait ni lire ni écrire le français, mais qui fait convenablement son travail de coordination des équipes d’agents d’entretien (manœuvres) et assure la supervision du travail en veillant à maintenir la propriété des lieux.

Seydou Pona a eu l’avantage de savoir lire et écrire l’arabe et il a une compréhension parfaite des missions qui lui sont confiées dans l’exercice de ses fonctions.

Mais alors justement, qu’est-ce qui vous dérange précisément dans cette décision ? Voulez-vous insinuer que c’est à cause de son engagement syndical comme nous l’entendons tantôt ?

Effectivement, Seydou Pona est militant de la Cstm et membre du bureau du Comité de “Aéroports du Mali” précisément le secrétaire à l’Organisation. En 2014, il a réussi à redynamiser le syndicat Cstm par de nouvelles adhésions. Ce qui a changé littéralement le cours des choses pour la Direction de “Aéroports du Mali” qui s’était établi dans son aise.

Au fil des revendications et dénonciations légitimes et légales, il est devenu la cible de la Direction et des autres regroupements. Ainsi, mal lui a pris de persister dans sa lutte syndicale, après la menace ultime à son endroit courant mars 2015. Il l’apprit à ses dépens quand la décision de le relever lui fut notifiée.

Qu’est-ce que la réglementation dit en la matière ?

Le Manuel de procédures de ” Aéroports du Mali ” de 2009, qui se voulait progressiste, a tiré les postes vers le haut. Il a été convenu à la mise en application de garder le personnel en poste et de renforcer leur capacité afin qu’ils puissent assurer convenablement la mission sauf pour faute lourde.

La Convention (N° 135) de 1971 concernant les représentants des Travailleurs et portant sur la protection des représentants des travailleurs dans l’entreprise et les facilités à leur accorder, dit en son article 1 que les représentants des travailleurs dans l’entreprise doivent bénéficier d’une protection efficace contre toutes mesures qui pourraient leur porter préjudice …pour autant qu’ils agissent conformément à la règlementation en vigueur.

L’article L 257 du Code du travail dit qu’il est interdit à tout employeur de prendre en considération les opinions, l’appartenance à un syndicat ou l’exercice d’une activité syndicale, pour arrêter ses décisions… toute mesure prise par l’employeur contrairement aux dispositions des alinéas précédent, sera considérée comme abusive et donnera lieu à des dommages-intérêts.

L’article L 263 confère également au délégué syndical la même protection que le délégué du personnel à travers l’article L 277 qui dit que l’autorisation de l’Inspection du travailleur est requise avant tout licenciement d’un délégué du personnel par l’employeur et que tout licenciement intervenu en violation de la procédure prévue est nul de plein droit… Ce dispositif est applicable pendant la période de candidature, pendant son mandat et six mois après son mandat.

En conclusion, que disent les deux parties?

Pour la Direction, c’est un acte neutre. Et nous, en tant que syndicaliste, nous estimons que c’est une persécution, une mutation abusive qui ne se justifie pas à 18 mois du départ de la retraite avec l’état de service qu’il a et toute la protection que lui confère son statut de délégué syndical et la garantie que lui confère la mise en œuvre du Manuel de procédures comme bien d’autres agents.

Quelle serait donc la suite de cette affaire ?

Après la levée du mot d’ordre de grève et conformément au procès-verbal de conciliation, nous attendons maintenant la décision finale du Président directeur général sur le cas Pona. Nous estimons qu’il aura une solution à ce problème.

Réalisé par A.B. HAÏDARA

aBamako

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