Pour redorer la dignité des Maliens de la diaspora refoulés par certains pays africains : Le CSDM préconise l’application des conventions de réciprocité

Le président du Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM), Mohamed Chérif Haïdara a animé, le vendredi 5 août, au siège de l’organe, une conférence de presse pour expliquer les conditions de vie des Maliens de la diaspora ainsi que les raisons de la création de sa structure.

Évoquant les raisons maîtresses qui ont conduit à des affrontements entre les communautés africaines en France ayant fait plus de 17 morts dont un Malien, le conférencier dira qu’après le match du Portugal contre la France lors de la finale de l’Euro 2016, le 10 juillet dernier, des jeunes camerounais, manifestant leurs joies, ont été sommés par un vieil homme de faire moins de bruit. Les Camerounais lui ont répondu vulgairement. Après de longues disputes entre les jeunes et le vieux, des coups de poing ont été échangés qui ont finalement causé le décès du vieillard sur le champ.

Il ajoutera que peu de temps après, des jeunes algériens sont arrivés sur les lieux à la recherche des responsables de cet acte. À leur arrivée, les auteurs étaient déjà rentrés chez eux et du coup les Algériens s’en sont pris au foyer le plus proche où vivaient des Guinéens. Quelques minutes après, la police fait son apparition sur les lieux. Et de poursuivre que « le comble, faisant semblant de mettre de l’ordre, les policiers se sont plutôt ajoutés aux Algériens pour combattre les Guinéens. Ce qui a provoqué plus de 17 morts, dont un Malien et plus d’une dizaine de blessés graves. Ils ne se sont pas arrêtés là, ils ont attaqué tous les autres foyers abritant les peaux noires », a-t-il déploré.

Et le président du CSDM de préciser qu’autant il faut reconnaître qu’on ne peut être dans un pays étranger à la recherche d’un mieux-être et qu’on s’adonne à des actes de désordre, autant le droit voudrait que même offensé, on ne se rende pas justice.

Selon lui, bien que nous partagions des valeurs africaines et de surcroît membres de l’Union africaine, de profondes barrières continuent de freiner l’intégration tant souhaitée par les pères fondateurs de l’Afrique.

« Nous continuerons toujours à avoir les valeurs d’hospitalité, de tolérance et de justice enracinées en nous. Cependant, nous demandons aux autorités maliennes d’œuvrer davantage pour permettre aux Maliens de la diaspora qui apportent plus de 120 milliards de francs CFA par an de vivre dignement dans leur pays d’accueil. Il est temps que cessent les refoulements intempestifs qui consistent à arrêter nos compatriotes dans les rues, les emprisonner et les renvoyer par bateaux ou avions sans leurs biens. Nous en vivons les cas au Gabon, en Angola, en Guinée Équatoriale, au Cameroun, en Mauritanie et en Algérie », a-t-il laissé entendre.

À ses dires, il est plus que jamais nécessaire de redorer notre dignité à travers des conventions de réciprocité signées avec les autres pays. « Un Malien muni de son visa en bonne et due forme ne doit pas être tracassé à l’entrée et à la sortie d’un pays. Un Malien même en situation irrégulière ne doit être reconduit qu’avec ses biens qu’il a acquis laborieusement en trimant des années durant », a-t-il martelé.

Pour finir, il a invité les plus hautes autorités à doter le ministère des Maliens de l’extérieur d’un budget conséquent afin de faire face aux préoccupations de nos compatriotes de la diaspora. « Il faut également revoir le cadre de nomination des consuls envoyés en mission pour la protection et la défense des Maliens de la diaspora et leurs intérêts », a-t-il conclu.

Mama PAGA

aBamako

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