Recensement général agricole (RGA): 550 motos remises aux agents collecteurs

550 motos de marque Sanili, tel est le nombre de la première tranche des 1000 engins qui seront remis aux agents collecteurs des données du secteur agricole dans le cadre du recensement général agricole (RGA). Le ministre de l’Agriculture, Kassoum DENON a procédé, hier à Samaya, à la remise symbolique de 48 motos à quatre directions régionales de l’Agriculture.

Une opération statistique de grande envergure nationale qui va impliquer quelques 2 000 agents et 1000 motos tout terrain pour un coût global de 8 milliards de F CFA, telle est l’ambition affichée du ministère de l’Agriculture. Un objectif et une volonté politique qui viennent de se matérialiser en partie, à travers la cérémonie de remise concernant exactement 550 motos tout terrain, une opération entièrement financée par le Gouvernement du Mali dans le cadre des préparatifs pour la réalisation du RGA. Sur ces 550 engins constituant la première tranche des 1000 motos prévues, un échantillon de 48 motos a été remis symboliquement à leurs bénéficiaires par le ministre Kassoum DENON. C’était au Centre d’apprentissage agricole de Samaya.
C’est un secret de polichinelle, depuis plusieurs années, le système statistique national connait des évolutions liées au changement de comportements de la population, en général et des acteurs du secteur agricole, en particulier. L’étude diagnostique du système menée pour tenir compte de ces facteurs a montré des insuffisances dans la production statistique agricole. Pour ces raisons, il est apparu nécessaire pour le département de l’Agriculture de mettre à jour, la base de sondage du système d’information agricole qui, de toute évidence, est devenu vétuste, sinon obsolète.
Voilà pourquoi la cérémonie de remise de ces engins qui a réuni, autour du ministre Kassoum DENON, le Maire de la Commune rurale du Mandé, les membres de son Cabinet, les représentants des Directions régionales ainsi que les bénéficiaires marque, à travers le renforcement des capacités matérielles du dispositif national, une étape majeure du processus d’amélioration des Statistiques agricoles.
Cette remise symbolique, qui vient certainement à point nommé, est une forte recommandation de la dernière revue du Schéma directeur de la statistique visant à renforcer les capacités des services de production de statistiques en les dotant de moyens matériels et logistiques conséquents pour l’atteinte des objectifs de statistiques fiables, complètes et actuelles.
Dans cette logique, la Cellule de planification et de statistique du Secteur de développement rural a lancé l’inventaire des ressources humaines et matérielles impliquées dans la production statistique aux niveaux régional et subrégional.
Les résultats de cet inventaire, révèle le ministre DENON, ont montré que la quasi- totalité de motos utilisées se trouve en mauvais état, et ce, au moment où les besoins deviennent importants.
En évoquant l’importance des données statistiques, qui constituent aujourd’hui un élément incontournable pour la planification et le suivi-évaluation, il a souligné le fait que le dispositif dont dispose le sous-système de statistique agricole permet d’observer et de rendre compte, chaque année, des phénomènes de l’Agriculture dans sa conjoncture et sur le territoire national.
Ledit dispositif étant coordonné par la Cellule de planification et de statistique du secteur en collaboration avec l’Institut national de la statistique, les Directions nationales de l’Agriculture, des Productions et des industries animales, des 
Services vétérinaires, de la Pêche et du Génie rural et l’Institut d’économie rurale.
Des explications du Directeur national de la Cellule de planification et de statistique, le fonctionnement de ce dispositif, qui permet d’alimenter le système d’informations agricoles, est bâti autour d’environ 300 agents, répartis à l’intérieur des régions, des cercles, des communes et des villages. Or, a ajouté Mamadou Dougakoro COULIBALY, l’immensité du territoire national et le nombre élevé d’exploitations agricoles, plus de 800 000, imposent un système d’échantillonnage tel que chaque agent doit couvrir au moins 30 exploitations agricoles et visiter toutes les parcelles détenues par ces exploitations pour un niveau de représentativité satisfaisant.
« Au regard de la disposition spatiale des parcelles qui sont aussi distantes les unes des autres, de la modicité des moyens de tous ordres au niveau des services pourvoyeurs de statistiques et au regard de la nécessité de produire les statistiques à temps réel pour les différents besoins de planification et de gestion dans le secteur, le problème de la mobilité des agents collecteurs de données statistiques se pose avec acuité », a-t-il expliqué.
Voilà ce qui justifie, tout naturellement, le vaste programme de renforcement des capacités logistiques des services d’encadrement du secteur, en général, et du sous-système statistique agricole, en particulier, que le département a ouvert depuis plusieurs années.
Ce geste démontre tout l’engagement du premier responsable du département à résoudre de façon pérenne les problèmes liés à la mise en place d’un dispositif permanent de statistiques agricoles.
En tout état de cause, le Recensement général Agricole attendu, qui capitalise les acquis de l’enquête agricole de conjoncture, vise à pérenniser ses outils afin de rendre plus fluide et fiable l’information statistique, est une opération statistique de grande envergure nationale devant coûter 8 milliards de FCFA à l’État du Mali et à ses partenaires.
Le ministre a rappelé que l’engagement budgétaire total de l’Etat, au terme de l’exercice 2017, s’établit autour 20 % du coût total du RGA. Quant au reste de l’enveloppe, il a indiqué la tenue d’une table ronde des bailleurs en septembre 2016 aux fins de boucler le financement.
En rappelant l’impérieuse nécessité de boucler ce chantier pour permettre une meilleure prise de décision (car sans données fiables, il n’y a point d’orientation), le ministre a invité les récipiendaires à l’utilisation judicieuse desdites motos qui ne sont destinées qu’à la collecte des données. Avant d’instruire aux services techniques hiérarchiques concernés de prendre toutes les dispositions utiles pour le suivi périodique de l’état et de l’utilisation faite des motos.

Par Mohamed D. DIAWARA

aBamako

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