Après leur retour au bercail: L’AME donne la parole aux expulsés d’Algérie

Après avoir rendu une visite de courtoisie à leurs compatriotes refoulés de l’Algérie, les responsables de l’Association malienne des expulsés ont, au cours d’une rencontre, échangé avec certains d’entre eux sur leurs conditions de rapatriement et leur arrivée à Bamako. C’était le vendredi 12 août 2016, au siège de l’association à Doumanzana.
Après leur accueil folklorique et les promesses mielleuses tenues par les autorités maliennes devant les caméras du monde, les Maliens refoulés de notre grand voisin ruminent désormais sur leur triste sort. Ils viennent d’être déguerpis, à leur grande surprise, par les forces de l’école fondamentale de Sogoniko en commune VI du district de Bamako, transformée en centre d’accueil par les autorités. C’est dans ce contexte de désespoir et de consternation que l’Association malienne des expulsés (AME) a donné la parole à certains d’entre eux pour mieux saisir les contours de leur retour au bercail, effectué souvent dans des conditions inhumaines.
Le président de l’AME, Ousmane Diarra, a déploré la politique de sapeurs-pompiers menée par le gouvernement. Selon lui, son association, à travers une déclaration et des émissions radiophoniques, a alerté le gouvernement sur les conditions difficiles dans lesquelles vivaient les Maliens en Algérie.
Il dit que les jeunes migrants maliens ont été bloqués dans la ville algérienne de Tamanrasset, où ils n’étaient plus libres de leurs mouvements et ne pouvaient plus continuer leur parcours migratoire.
M. Diarra explique que cette situation est due à l’affrontement qui a opposé les migrants aux habitants de Tamanrasset. Il poursuit qu’après cet affrontement, le gouvernement a décidé d’organiser l’opération de rapatriement.
A la suite du président de l’AME, les expulsés d’Algérie, au nombre de cinq, ont pris la parole. Chacun de son côté a raconté les conditions dans lesquelles il est arrivé en Algérie et comment il a vécu le rapatriement organisé par le gouvernement malien. Les témoignages des uns et des autres ne laissent personne indifférent. Ils pointent un doigt accusateur sur le consul du Mali à Tamanrasset. Ce dernier, à les entendre, ne mérite pas de représenter notre pays en Algérie.
Pour Soumana Sako, âgé de 18 ans, originaire de Bougouni, un cercle de la 3ème région administrative du Mali, le calvaire des migrants en direction de l’Algérie commence par Gao, où le migrant se voit dépouillé de tout son argent par les intermédiaires. Il note que les migrants soient à la fois rackettés par les soldats maliens et les rebelles. Il pense que les autorités doivent fermer cette route pour que les gens ne meurent pas de soif, de faim.
Adama Koné de Sikasso, âgé de 25 ans, arrivé au mois de carême en Algérie ; Boubou Camara, originaire de Kayes, âgé de 26 ans ; Adama Cissé de Banamba, âgé de 24 ans ; Moussa Touré, 23 ans, ont tous reconnu que les Algériens ne veulent pas les Noirs sur leur sol. Ils déplorent que ceux qui les embauchent ne leur payent pas à la fin du mois. Ils disent être victimes des propos racistes. Selon eux, une des manifestations de ce racisme a été l’incendie de leur foyer dont beaucoup de migrants ont perdu leurs biens.
Enfin, les cinq expulsés ont invité le gouvernement malien à sécuriser nos documents administratifs (acte de naissance, carte nationale d’identité, passeport). Ils déplorent que toutes les nationalités soient en possession de nos pièces.

Y.S

aBamako

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