Feuilletons télévisés : “L’école” de la décadence

Si le mot “école” peut être défini comme une source de connaissance et d’expériences, il n’y a pas de raison pour que les nombreux feuilletons régulièrement diffusés par la télévision ne soient également qualifiés d’école.

Mais, une école où l’on apprend tout, sauf… l’utile.

Ces feuilletons constituent une école en ce sens que nombre de téléspectateurs, trouvent en certains acteurs des modèles, qu’ils n’hésitent point à s’adonner à une initiation servile et souvent éhontée de leurs comportements, notamment de leurs frasques.

Pire, le plus souvent, la “vie” à travers ces feuilletons font aisément des émules parmi la jeune population féminine de nos cités urbaines.

C’est pourquoi, il est fréquent de voir des jeunes filles et garçons se faire appeler par des sobriquets qui rappellent les acteurs et actrices de feuilletons déjà intégralement diffusés ou en cours de diffusion, avec les rebondissements invraisemblables qui y sont inhérents.

Ces “films” ont un pouvoir d’attraction irrésistible sur certaines téléspectatrices au point que ces dernières oublient souvent leurs marmites sur le feu avec toutes les conséquences qui peuvent en découler. Ou bien, c’est le feu de la boîte à gaz ou du fourneau qui commence à consumer leur pagne, jupe ou robe à leur insu, à force de se concentrer et de s’apitoyer sur le sort de leur acteur modèle.

En outre, à l’heure du feuilleton, il n’y a pas de temps pour monsieur Koké qui demande de l’eau à boire (ou pour se laver) les caprices des enfants qui veulent têter ou manger même. Il faut attendre ! Madame ne veut “louper” aucun épisode !

Au même moment, et, devant le même téléviseur, les parents et les enfants assistent aux “embrassements” et autres attouchements exécutés avec dextérité, par les acteurs.

Les feuilletons deviennent alors, l’école où s’apprennent les premiers gestes d’amour charnel pour les pauvres enfants. Point étonnant donc d’apprendre que, à Médina-Coura, le petit Papi et la petite Mami, tous âgés de moins de trois ans, ont été surpris, en train de s’embrasser, et que, la petite, un peu plus âgée, a mordu le petit à la langue.

Et, ce petit là de perdre une quantité non négligeable de sang, ce qui énerva sa mère qui qualifia la petite Mami de “soungouroubani” ; ce qui n’empêcha pas non plus la maman du petit Papi de traiter la mère de Mami de “soungourouba”. Ce qui provoqua un tollé suivi de coups et blessures entre les membres des deux familles voisines.

Certains adolescents s’inspirent des feuilletons pour tenir tête à leurs parents, et braver leur autorité. D’autres y trouvent des expressions et autres termes en rapport avec le cœur, “siège des grands sentiments humains”, pour devenir des amoureux talentueux, mais moins studieux.

Par ailleurs, il est regrettable que ces feuilletons ne puissent être un moyen pour les jeunes scolaires, d’améliorer la qualité de leur expression dans la langue de Molière. D’ailleurs, le constat dans ce domaine est de plus en plus amer. Dans leur grande majorité, les élèves maliens affichent un niveau en français qui tombe de charybde en scylla.

Finalement, les feuilletons télévisés sont une école où l’on apprend tout et… rien.

Malick Camara


Maliweb

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