Lutte contre les violences basées sur le genre et liées au conflit : la MINUSMA et les acteurs de la chaine pénale y travaillent

Du 9 au 11 aout dernier, le Bureau régional de la MINUSMA à Tombouctou a organisé un atelier de renforcement des capacités en matière de lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre liées au conflit, au profit des acteurs de la chaîne pénale et des organisations de la société civile de la région. Cette activité s’inscrit dans le cadre du Plan annuel pour l’amélioration de l’accès des femmes victimes de violences sexuelles et basées sur le genre à la justice et à la sécurité dans le processus de consolidation de la paix au Mali.
La cérémonie d’ouverture de l’atelier s’est déroulée au Centre Ahmed Baba de Tombouctou, sous la présidence du Directeur du Cabinet du Gouverneur de Tombouctou, en présence du Chef du Bureau régional de la MINUSMA, ainsi que du Chef d’équipe de la Section des Affaires Judiciaires et Pénitentiaire et ses collaborateurs. L’atelier a réuni une trentaine de participants, dont des représentants des organisations de la société civile, des éléments de l’administration pénitentiaire, de la justice et des Forces de Sécurité Maliennes. L’objectif visait à renforcer les acteurs en matière de répression des violences sexuelles et basées sur le genre liées au conflit.
Le Directeur de Cabinet du Gouverneur de Tombouctou a remercié la MINUSMA pour son accompagnement constant et multiforme dans la quête permanente de préservation des droits des couches vulnérables, en particulier les femmes, les filles et les enfants. « Cet atelier cadre avec la vision du gouvernement du Mali, de prendre à cœur la question du genre. Cette approche se matérialise par le renforcement des capacités institutionnelles, des tribunaux, des acteurs de la chaîne pénale, des forces de sécurité maliennes et des organisations de la société civile en matière de répression de ces violences basées sur le genre et de l’opérationnalisation d’unité de coordination au sein des Cours et Tribunaux et des services de sécurité, » a-t-il déclaré.
La situation des victimes des violences sexuelles et basées sur le genre dans les régions du Nord du Mali demeure préoccupante. En effet, l’occupation des régions du Nord Mali, en 2012 par des groupes armés, suivie d’une crise politique, institutionnelle et sécuritaire, a profondément déstabilisé le pays. Plusieurs formes de violences sexuelles liées au conflit ont été commises et continuent à être signalées, y compris des viols parfois collectifs, des enlèvements pour viols, des mariages forcés, l’exploitation et l’esclavage sexuels et la prostitution forcée dans ces régions. Certaines victimes préfèrent garder le secret par peur des représailles, de rejet social, de honte ou d'humiliation… Les conséquences de cette crise se traduisent par un profond traumatisme des populations et des victimes en les plaçant celles-ci dans une situation particulière de vulnérables.
Le Chef du Bureau régional de la MINUSMA, Riccardo Maia a rassuré les autorités maliennes de l’engagement de la MINUSMA conformément à son mandat de contribuer au renforcement de l’Etat de droit et à la consolidation de la paix au Nord du Mali. « La prise en charge des problèmes liés à ce type de violences, associés à un conflit armé, passe, en effet, inéluctablement par la bonne application du droit national qui comprend aussi bien les textes nationaux qu’internationaux ratifiés par le Mali. Elle passe également par une conjugaison d’effort entre tous les acteurs engagés dans la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre dont vous êtes les composantes incontournables. Cela suppose non seulement la connaissance des textes applicables et la procédure à suivre mais également la compréhension des rôles et responsabilités, » a-t-il déclaré.
Des moyens pour lutter contre des actes invalidant les victimes
Au cours de trois jours de travaux les stagiaires se sont penchés, notamment, sur l’état des lieux de la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre liées au conflit à Tombouctou, le rôle et la place de la prise en charge judiciaire, les enjeux et défis et les mesures de prévention et de protection des victimes, le cadre juridique national et international en matière des violences sexuelles et basées sur le genre commis lors des conflits armés, la responsabilité des acteurs de la chaîne pénale dans le suivi judiciaire des dossiers de viol et violences sexuelles, le respect du droit de la défense (de l’accusé pour viol ou violences sexuelles) dans toutes les phases de procédure judiciaire, les techniques d’investigation des cas des violences sexuelles commises en période de conflit, ainsi que la responsabilité des Unités de coordination et de suivi de la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre. « J’ai toujours eu des difficultés de la procédure à suivre en cas de viol, pour mettre aux victimes d’avoir accès à la justice et à la réparation. Avec cette rencontre j’ai été suffisamment outillée pour mieux jouer mon rôle de conseillère juridique, » s’est réjouie Mme Gabamba Niamoye Alidji, Coordinatrice de la Clinique Juridique Demesso.

A l’issue de l’atelier, six Unités de coordination et de suivi de la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre au sein de la chaîne pénale (Police -Parquet -Justice et Administration Pénitentiaire) et de la société civile ont été mis en place. D’importants lots de matériel, financé par la MINUSMA à hauteur de 30 millions de francs CFA environ, répartis entre Gao et Tombouctou, ont été remis à ces Unités. La remise officielle est intervenue lors de la cérémonie de clôture de l’activité, organisée le 11 août, au Centre Ahmed Baba, sous la présidence du Directeur du Cabinet du Gouverneur de Tombouctou, en présence des bénéficiaires, ainsi que du Chef du Bureau régional de la MINUSMA/Tombouctou et du Commandant régional UNPOL par intérim.

Les différents lots sont composés de : ordinateurs, dictaphones, imprimantes, appareils photo numériques, fournitures de bureau. Ils sont destinés aux travaux de bureau et de communication entre les unités nouvellement mises en place et les autres sources d’information. « En plus des connaissances acquises au cours de ces trois jours de rencontre, nous avons bénéficié de matériels et équipements pour rehausser l’éclat de l’administration pénitentiaire par rapport aux victimes des violences basées sur le genre et liées au conflit et des acteurs incriminés qui sont mis au niveau de notre détention,» a souligné Adama Guindo, Directeur Régional de l’Administration Pénitentiaire et de l’Education Surveillée de Tombouctou.

aBamako

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