Lycées publics de Bamako : Les résultats du Bac 2016 ne sont pas réels

L’adage selon lequel il n’est jamais tard pour bien faire sied seulement à la situation d’individus normaux et dans un contexte plutôt normal. Mais lorsqu’il s’agit du cas spécifique du Mali, nous serions bien loin de la réalité. L’école malienne, à l’image de ce qui se passe à Bamako, dans les établissements d’enseignement secondaire publics, est au plus fort de son mal. Et aucune volonté politique ne saurait taire les problèmes brûlants de notre école. Pas même l’attitude insouciante et démissionnaire des parents d’élèves. A croire qu’ils n’ont aucun enfant à l’école.

En effet, le seul fait évocateur de cette grave crise demeure la rétention des notes à laquelle ont procédé les militants du Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire des Collectivités (Sypesco). En dehors des écoles para publiques comme les Lycées Notre Dame et Prosper Kamara (où l’on a toujours fait prévaloir les visions confessionnelles sur celles pédagogiques), aucun établissement public de l’enseignement secondaire du district n’a pu délivrer à ses élèves des bulletins trimestriels réels, faits sur la base de l’honnêteté des chefs d’établissements. Pour la raison que les professeurs cités plus haut ne se sont limités à faire des évaluations tout en refusant de donner les notes. Leurs revendications étaient d’ordre syndical. Le ministère n’a pas œuvré à trouver des solutions, préférant jouer à l’usure du temps. Mais au fait l’on avait un plan “B”. Et tout le monde a laissé Barthélémy TOGO faire. Son équipe a pensé trouver les moyens de contourner la décision de rétention des notes des professeurs. Il a tout simplement été demandé aux élèves de passer dans leurs établissements respectifs pour “donner”, sans preuve matérielle, les notes qu’ils auraient dû avoir dans les disciplines où les enseignants retiennent les notes. C’est dire que les résultats du Bac 2016 ne reflètent pas la réalité de la performance des élèves. Mais puisqu’il fallait un examen de fin d’année sur fond de rétention des notes, les autorités l’ont fait. Contre toute éthique professionnelle. Une situation qui rappelle l’époque d’un tristement célèbre Amadou TOURE qui eût cette phrase diabolique : …nous avons organisé notre Bac…le meilleur Bac du Mali. C’était en 2008. C’est vrai qu’au Mali le ridicule a cessé de tuer. C’est un vilain coup de pied du président ATT qui l’avait sortir du gouvernement.

Des députés de l’ineptie

La Commission Education de l’Assemblée nationale est restée indifférente à la situation jusqu’à la fin de l’année scolaire. Certains de ses membres ont fini par sortir de leur torpeur en rencontrant les principaux protagonistes de la crise de “l’école de Bamako”. Selon des sources proches de ladite rencontre, après les explications des représentants du Sypesco (du reste exclu de la chaine de l’organisation des examens), certains députés ont souscrit à la démarche du ministère de l’éducation qui a consisté à attribuer aux élèves des notes de leur choix. Arguant, presque bêtement, que l’Etat est souverain. Autrement dit, souverain de trouver des idées biscornues pour se sortir d’affaire.

Que peut-on, dès lors, attendre des individus du genre ? Simple question rhétorique, quand on se rappelle qu’au Mali, c’est toujours la médiocrité a droit de cité. Dans tous les cas, rapportent nos sources, le ministre TOGO a demandé et obtenu la création d’une commission de réflexion sur la situation. Celle-ci comprendra tous les acteurs du problème concerné et se réunira chaque quinze (15) jours. Les enseignants doivent-ils s’attendre à une issue favorable ? Rien n’est plus sûr quand on sait le mépris jusque-là affiché à leur endroit par les autorités et les parents d’élèves. Nous y reviendrons.

La Rédaction

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here