Deux poids, deux mesures d’Ami Kane Favoritisme et clientélisme flagrants

Le pseudo-assainissement de Bamako entamé par l’Exécutif du District a montré ses limites quant à la justice et à la neutralité qui devaient émailler les opérations de déguerpissement.
Commencées il y a à peine un mois, les opérations de déguerpissement pour la libération des voies publiques acclamées par les uns et dénoncées par les autres, ne cessent de surprendre les observateurs de la scène de ratissage sauvage. Mme le Gouverneur de Bamako est en train de réussir là où les hommes ont échoué disaient certains pour montrer qu’elle fait bien son travail.
Le hic est que lorsqu’on fait une autre lecture de ces opérations, on s’aperçoit que ces aménagements ne sont menés que pour empêcher les indigents d’avoir leur pain quotidien.
Pour le malien lambda, le fait de détruire les installations des occupants anarchiques des voies publiques est normal dans la mesure où il ne s’agit que de la propreté des lieux qui éloigne les maladies et donne un autre aspect beaucoup plus spacieux à la ville. Tout le monde avait fustigé la manière avec laquelle ces opérations ont été conduites. Le comble, c’est qu’elles n’ont pas été faites avec diligence, justice et impartialité.
Pour revenir à l’éloge selon lequel elle a réussi là où tous les hommes qui l’ont précédé à ce poste, ont échoué, un locuteur victime disait ceci : « Cette opération de déguerpissement est une tentative savamment orchestrée pour nous déposséder de nos minables biens. Pourquoi les pauvres, les bouts de bois de Dieu selon Sembène Ousmane, devraient-ils payer le prix le plus fort ?
Un autre du nom de Baba Maïga affirmait ceci : « Au départ, je croyais vraiment à la sincérité des actes que les autorités ont posés pour faire de Bamako une ville coquette, d’ailleurs c’est ce que je veux ,qu’elle soit à l’image des autres capitales africaines, tel était mon souhait le plus ardent. Je suis commerçant et j’ai voyagé dans beaucoup de pays. Vraiment notre capitale est sale par rapport à beaucoup de grandes villes africaines. C’est moi-même qui ai payé des ouvriers pour défaire mon kiosque mais je ne crois pas à la sincérité de nos dirigeants. »
« Ami Kane me déçoit personnellement lorsque dans ces opérations de déguerpissement je vois certaines installations épargnées, alors que sur la même ligne d’autres sont détruites. Quelle injustice de sa part ! Il est dit dans la loi fondamentale que tous les maliens naissent égaux en droit. Serait-elle plus forte que la loi ? Nul n’est au-dessus de la loi dit-on mais Ami Kane y est » a encore martelé M. Maïga.
A notre question de justifier ses propos, il a fait état des cas de Boulkassoumbougou aux abords sud de la route de Koulikoro. Une chose que nous avons vérifiée. Sur l’axe Djélibougou-Boulkassoumbougou, des installations sur la même ligne sont déguerpies en dents de scie.
Apparemment celles des gens aisés sont épargnées tandis que les kiosques et autres installations des moins aisés sont totalement raclés. Pourquoi cette attitude de deux poids, deux mesures qui au lieu d’être fédérative aboutira à une scission entre les entités sociales ? S’indignent les plus avisés.
Ba Kadia dira que « si Ami a gagné là où les hommes ont échoué, c’est parce ces hommes ont découvert que rien n’est clair et juste concernant ce travail de déguerpissement et d’assainissement. Et s’il doit continuer, le taux élevé d’injustice serait plus perceptible car tout le monde sait qu’il y a des intouchables dans ce pays. »
Aussi soulèvera-t-elle Ami Kane n’a pas peur de l’injustice, raison pour laquelle elle a accepté de faire ce travail pour ce faire valoriser.

Sinaly M Daou

aBamako

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