Surdite gouvernementale sur la conference nationale d’entente Quand les autorités manifestent le désir de ne pas s’asseoir à la même table que l’opposition

« L’homme propose, Dieu dispose», dit un adage. Dans la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, le gouvernement indispose le peuple au lieu de l’écouter pour une fois.
Dans le chapitre 2 de l’accord, s’adressant aux fondements pour le règlement durable du conflit, précisément son alinéa relatif aux « mesures destinées à instaurer la paix et la réconciliation nationale », il est écrit : « La dimension sociopolitique des crises cycliques qui ont jalonné le septentrion malien nécessitent un traitement politique. A cet égard, une Conférence d’Entente Nationale sera organisée durant la période intérimaire, avec le soutien du Comité de Suivi et sur la base d’une représentation équitable des parties, en vue de permettre un débat approfondi entre les composantes de la Nation malienne sur les causes profondes du conflit ».
Il s’agit en effet par cette mesure de prendre en charge , entre autres, la problématique de l’Azawad et de dégager les éléments d’une solution devant permettre au Mali de transcender sa douloureuse épreuve , de valoriser la contribution de ses différentes composantes à l’identité du pays et de promouvoir « une véritable réconciliation ». Alors sera élaborée une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation nationale sur une base consensuelle, en vue de prendre en charge les dimensions mémorielle, identitaire et historique de la crise malienne et sceller son unité nationale et son intégrité territoriale. Où en sommes-nous aujourd’hui ?
C’est la surdité totale du gouvernement aux revendications du peuple par rapport à la mise en œuvre de ces mesures qui est manifeste. Après les partis politiques aussi bien de la majorité que de l’opposition, c’est la société civile et les populations concernées par l’Accord qui exigent la tenue de la Conférence d’Entente Nationale.
Après avoir opposé son véto contre la mise en place des autorités intérimaires, la population de Gao a donné le ton de la solution de rechange pour aboutir à une paix durable. Lors de leur conférence de presse, le samedi 13 août 2016 à l’Escale Gourmande, les responsables de l’Association Gao Lama Borey ont exprimé leur vœu pour la tenue d’une « conférence d’entente nationale, l’application des réformes législatives et institutionnelles inscrites comme mesures phares dans l’accord et le démarrage du processus de pacification militaro-administrative censé enclencher le principe de l’annexe 1 de l’accord ».
Le gouvernement atteint la vitesse de croisière dans sa méthode inappropriée de propagandes et de campagnes de sensibilisation pour faire assimiler l’Accord par les populations. Quand il s’agit d’hostilité entre la CMA et le GATIA, le gouvernement met tout en œuvre promptement pour accueillir dans les grands hôtels de Bamako, les « bandits » sans scrupules de la République. Alors ce temps qui est consacré à ces groupes armés peut servir à organiser cette conférence.
Selon l’une de nos confidences, « les autorités maliennes ne veulent pas sentir l’opposition autour de la table de négociation au même titre qu’elles » et qu’ « il est préférable pour elles d’organiser des sensibilisations sur l’accord dans les régions ». Que perdrait le gouvernement en organisant une telle conférence ? Le temps n’a-t-il pas suffisamment jugé pour que les autorités maliennes lâchent du leste ?
Dieumerci AKPITISON

aBamako

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