Comparution de Ras Bath devant le tribunal de la Commune IV : Éruption de violence

La comparution de l’animateur de radio, Youssouf Bathily alias Ras Bath, hier devant le Tribunal de grande instance de la Commune IV du District de Bamako, a tourné à l’émeute. Les admirateurs de l’animateur, interpellé dans la soirée du lundi au mardi, ont violemment manifesté pour réclamer sa libération, provoquant l’intervention des forces de sécurité. Les locaux de la juridiction ont été saccagés. Les heurts entre manifestants et forces de l’ordre ont fait un mort et une dizaine de blessés, selon le service d’urgence de l’hôpital Gabriel Touré.

Pourtant les signes avant-coureurs de cette éruption de violence hier étaient perceptibles dès la veille. Déjà, le lundi soir, à l’annonce de l’interpellation de Ras Bath, des manifestants ont déversé des détritus sur la grande voie qui traverse Djicoroni-Para et promettaient de rester mobilisés jusqu’à la libération de leur idole. En plus, mardi soir, des appels pour la mobilisation en vue de réclamer la libération de Ras Bath circulaient sur les réseaux sociaux.
Malgré ces indices qui pouvaient laisser penser que les supporters de l’animateur étaient suffisamment déterminés, un dispositif sécuritaire dissuasif n’a pas été mobilisé hier autour du Tribunal de grande instance de la Commune IV. Tôt le matin, les manifestants ont pu se regrouper devant la juridiction et provoquer même l’interruption des audiences.

Résultat : des centaines d’individus prêts à en découdre ont réussi à empêcher la comparution du bouillant animateur devant un juge d’instruction. Les policiers mobilisés pour sécuriser le tribunal n’ont pas pu contenir les manifestants qui sont parvenus à pénétrer dans l’enceinte du tribunal pour brûler des véhicules et saccager des bureaux. Il a fallu l’intervention des renforts de la police et de la garde nationale pour mettre fin à ce chaos.
Les forces de l’ordre ont fait usage du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Aux environs de midi, tous les accès au tribunal sis à Hamdallaye étaient bouclés. Les rues étaient rendues impraticables car les manifestants y avaient déposé des grosses pierres pour empêcher les véhicules de circuler.

Certains éléments des forces de l’ordre, visiblement surexcités, n’ont pas hésité à se lancer dans des courses-poursuites à pied pour traquer les manifestants. Les policiers pénétraient jusque dans les familles riveraines pour en extraire manu militari des jeunes gens à qui ils faisaient passer un sale quart d’heure.

Dans une famille située à côté du tribunal, une fillette a dû être admise d’urgence dans une clinique après avoir inhalé du gaz lacrymogène dans sa chambre. Les parents de l’enfant, très en colère, ont accusé la police d’avoir intentionnellement jeté le gaz dans la chambre de la fillette. « Nous ne comprenons pas cette agression de la part des policiers car nous n’avons rien à avoir avec cette manifestation. Nous allons porter plainte contre eux pour agression », a menacé un membre de la famille qui avait du mal à retenir ses larmes.

Des policiers que nous avons interrogés devant le tribunal de la Commune IV, jurent avoir correctement fait leur travail. « Nous sommes en mission pour établir l’ordre. Les gens ont attaqué le tribunal en brûlant les véhicules et en saccageant les bureaux. Ils n’ont rien épargné. Nous les avons dispersés avec les moyens qui sont en notre possession. Au moment où je vous parle, tout est sous contrôle », dira un policier armé du matériel de maintien d’ordre.
Les forces de l’ordre indiquent qu’elles ont dû intervenir énergiquement pour reprendre le contrôle du tribunal envahi par des manifestants qui se sont rendus coupables d’actes de vandalisme.

M. KEITA


Africatime

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