Election législative partielle de Baraouéli : Pour battre L’URD, IBK a donné 20 millions CFA à la campagne de l’Adema, dit le député Gassama Diaby

Après les deux tours des élections législatives partielles de Baraoueli, l’URD a tenu une conférence de presse pour analyser les résultats et dénoncer ce que le parti appelle « le dopage politique » de la majorité. La conférence était animée par le 1er vice-président du parti, Pr Salikou Sanogo, à ses côtés M. Mody N’Diaye, secrétaire général de l’URD à Baraoueli et candidat malheureux, et l’Honorable M. Mamadou Hawa Gassama.
Rappelons que cette élection est provoquée par le décès du seul député du parti YELEMA. Un scrutin a alors été organisé pour occuper le fauteuil laissé vacant dans la représentation nationale.

Face à son accusation de « dopage politique de la majorité » lancée à l’encontre du RPM, le Pr Sanogo justifie la position de son parti. Il avance clairement que pour ce scrutin partiel de Baroueli, le sommet de l’Etat malien a joué un rôle de premier plan.

En effet, dit –il, une consigne ferme a été donnée à Koulouba, lors du conseil des ministres du 03 Août par le président de la République pour barrer la route à l’URD. C’est cela qui justifie l’afflux des membres du gouvernement à Baraouéli lors du second tour.

En appui aux propos de Salikou, Mody N’Diaye, le candidat malheureux, indiquera qu’il s’agissait d’un véritable trafic d’influence et d’achat de conscience, par la distribution inimaginable d’argent. Il raconte que le RPM et l’ADEMA faisaient le porte à porte et offraient 25000 à 20000 f CFA à tous les chefs de famille, sans parler des sacs d’engrais distribués généreusement ni les votes individuels, achetés à 5000F.

Ce qui est plus grave pour lui encore, c’est la consigne donnée au président des bureaux d’accepter tout candidat ayant une carte Nina, peu importe si elle l’appartient ou pas. Cela se comprend lorsqu’il précisera que le parti présidentiel avait fait envoyer de Bamako à Barouéli un groupe de 2000 jeunes avec des cartes Nina fictives ; cartes provenant des 9.000 disparues déclarées par le Vérificateur Général en 2013.

Pour l’honorable Mamadou Hawa Gassama, la campagne a été sérieusement entachée d’irrégularités. Présent lui-même sur le terrain aux côtés de Mody N’Diaye, il parle des faits dont il a été témoin. Le député de Yelemani évoque 40 véhicules 4×4 de l’Etat sur le terrain et dit avoir pris connaissance de la contribution personnelle du Président de la République à hauteur de 20.000.000 f CFA.

Pour revenir au scrutin, au 1er tour du 17 juillet 2016, sur dix prétendants, l’URD est arrivé en première position avec 28,74 %, secondée par ADEMA PASJ qui récolte 21, 52%. Le RPM obtient 17,89 et verra son candidat éliminé.

Aucun candidat n’ayant pas obtenu la majorité absolue, les deux finalistes se retrouvent le O7 Août pour le second tour. Le RPM avec les autres partis de la majorité présidentielle prêtent main forte à ADEMA. Ainsi, elle s’impose et balaie l’URD avec 20747 voix soit 54,34% contre 17 435 voix soit 45,66%.

Bien que le siège ait été obtenu par l’ADEMA, l’URD se réjouit de ce résultat qui, selon lui traduit le dynamisme de leur parti d’une part et le désenchantement qui caractérise la majorité présidentielle d’autre part.

Pour le conférencier, ce score montre que le cote de popularité du président IBK est en baisse ; et que si Baraouéli l’avait fait confiance avec 74% en 2013, il régresse cette fois avec 54% soit 20% de recul.

A l’analyse des résultats globaux des précédentes élections législatives partielles passées à Yorosso, commune V du District de Bamako et Ansogo, et ceux des seconds tours combinés, l’URD seul totalise 46% contre 27% pour le parti présidentiel et 26% pour l’ADEMA. Un réel motif de satisfaction pour le professeur Sanogo qui dit : « L’URD est incontestablement la première formation politique du Mali ».
Bandiougou Bouaré

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here