A la une: la liberté d’expression en question au Mali

La libération hier soir de l'animateur de radio Ras Bath n'y change rien, l'affaire de l'arrestation du chroniqueur dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 août 2016 et ses conséquences occupent encore ce matin les colonnes des journaux africains. Occupe et préoccupe même.
Dans le viseur des éditorialistes, le blocage partiel des réseaux sociaux sur internet après la manifestation de soutien à l'animateur, mercredi 17 août. Manifestation réprimée dans le sang, avec un mort dans les rangs des manifestants.

« Réseaux sociaux et justice ne font pas bon ménage » titre ainsi le quotidien burkinabé Aujourd'hui au Faso. Le journal revient sur l'origine de ce blocage : les propos de l'animateur, inadmissibles selon le procureur général. Et Aujourd'hui au Faso de reprendre les mots du magistrat : « quand vous entendez des déclarations qui sont de nature à démoraliser nos troupes, qui sont là pour la défense de l’État, il est inadmissible de laisser passer de tels propos. Ce n'est pas un délit de presse, mais un délit de droit commun ».
Aujourd'hui au Faso s'interroge tout de même : « pourquoi le seul activisme de Ras Bath justifie-t-il le black-out sur les réseaux sociaux ? Le gouvernement malien doit cacher certainement un autre agenda ».

La presse malienne indignée contre le procureur général

« Pourrissement à haut débit » titre Maliweb, pour qui la sortie du procureur général Mamadou Lamine Coulibaly révèle « une compréhension inédite de la liberté d’expression et de presse dans notre pays ». « Le procureur assure », poursuit le site internet, « ne pas être dans un combat contre la presse et met en avant un délit de droit commun ».
« Mais c'est là que le bât blesse », note Maliweb, « parce que c'est sur les ondes d'une radio que les propos qualifiés d'outrage à la pudeur ont été tenus par Ras Bath, assimilable, dès lors, à un journaliste dans l'exercice de ses fonctions ».

Le procureur se livrerait à « une gymnastique dangereuse »

Pour Le Républicain, cette histoire de délit de droit commun est « à dormir debout. Comment peut-on dénier à un homme de radio, qui collecte, recoupe, traite et diffuse des informations, la qualité d'appartenir à la grande famille de la presse » ? Le quotidien n'y va pas de main morte avec le procureur : Un homme « venant d'une autre planète, qui ignore tout de notre histoire récente qui a vu asseoir et se consolider la démocratie au Mali ».

Alors, poursuit le journal, alors « que dire des ceux qui ont pris le risque d'inscrire dans notre histoire cette atteinte aussi grave que la suspension des réseaux sociaux qui sont devenus un repère de la vivacité d'une démocratie ? A moins que l'on ne nous dise qu'on tombe dans un régime nord-coréen et qu'on suspende la constitution, selon laquelle la vie humaine est sacrée et inviolable ». Pourquoi, s'interroge le journal, « pourquoi autant de facilité à tirer sur la gâchette, sur des Maliens en ville, qui paient leurs impôts, comme on tire sur des ennemis au front ? A moins qu'on nous dise », conclut le Républicain, « que nous n'avons plus le droit d'avoir des opinions, et que l'on ne doit plus s'exprimer ».

La RDC à la recherche d'une solution pour Beni

Avec notamment cet appel du journal congolais La Prospérité, pour qui le retour de la sécurité dans la région de Beni passe « nécessairement, par le renforcement du génie militaire, pour vaincre et enrayer, une fois pour toutes, ces flibustiers de tous bords. La RDC devrait, dorénavant, cesser d'être un géant aux pieds d'argile, cette nation pleurnicharde ».
Et, pour le quotidien, l'implication politique dans ce dossier est également primordiale. « Le dialogue préconisé depuis plus d'une année aurait dû servir de sésame à la réalisation de ce pari » note La Prospérité, qui souligne le temps perdu « à tourner autour du pot avec la facilitation de Kodjo ».

aBamako

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