Arrestation de Ras Bath : La gaffe !

Pendant que l’opinion nationale pleure les morts de ses soldats à Nampala, Ténenkou, le processus de paix d’Alger qui est au point mort à cause de la guerre fratricide de Kidal au vu et au su des forces Barkhane et MINUSMA, l’insécurité grandissante, le mal vivre des maliens s’accroissant, le gouvernement n’a trouvé en cette période d’hivernage, que d’arrêter un homme qui se bat pour éclairer en sa manière, les lanternes des citoyens sur la gestion d’Etat du Mali d’aujourd’hui.  Une bourde de trop qui a fait déborder le vase mercredi matin et a occasionné des morts et des blessés. No comment ! Le pays n’avait pas besoin de cela. Voilà malgré les explications du régime, les supporters de ce bloggeur désormais ragaillardi dans sa position, ont violemment réagi et exigent sans commune mesure, la libération de leur champion. Malgré les appels au calme du gouvernement et de bien d’autres associations, attendons de voir si Ras Bath sera condamné. Mais selon nos informations, tout porte à croire, qu’après les déclarations du Procureur Général de la République qui a fustigé les émissions de l’animateur Bath portant atteintes aux mœurs, et a laissé une fenêtre ouverte puisqu’ayant dit que : « Le Mali est pays de dialogue et de ..tolérance certes… ». Cette phrase présage-t-elle une issue heureuse pour Ras Bath. Wait and see ! Qu’à cela ne tienne…,les esprits se ravivent contre le régime qui devra tenir bon pour ne pas franchir le Rubicon.

La capitale malienne a connu une journée très mouvementée mercredi dernier suite à l’arrestation du bloggeur, chroniqueur et animateur Mohamed Youssouf Bathily, connu sous le sobriquet de Ras Bath. Arrêté dans des circonstances décriées par ses supporters et qui a engendré une vague de protestations et même des échauffourées avec les forces de l’ordre (avec son corolaire de morts et de blessés dont certains graves nous dit-on) toute la journée de mercredi, l’affaire de cet activiste défraie la chronique et les manifestations ainsi que les critiques des plus acerbes contre le régime, fusent de partout. Le moment et la manière n’étaient la bonne. Le mauvais casting du pouvoir éventré. En tout cas, cette situation à laquelle beaucoup d’observateurs avisés  s’attendaient à long terme, vient de prouver la fébrilité du régime. Et sa réaction trop violente sur des manifestants désarmés, démontre à suffisance, les carences d’un système qui à peine trois ans, a prouvé toutes ses limites.

Mieux, l’interpellation de Ras Bath, a mis le feu à la poudre et du coup, prouve le manque de pragmatisme et de perspicacité du régime IBK, qui se cherche tellement le malaise social est grand. Pour preuve, la marée humaine que nous avons vu mercredi, traduit le ras-le-bol des maliens qui ne se retrouvent plus dans le système actuel. Donc, l’arrestation de Ras Bath est un péché, voire une gaffe commis par nos autorités car, il fallait sévir dès les premières heures des dérapages de cet activiste qui est devenu célèbre à cause de son verbe quand bien même trop virulent, mais soulage des milliers de maliens qui ne savent plus à quel saint se vouer. Et pour cause, puisque la classe politique (mouvance présidentielle, Opposition, une certaine société civile), n’arrivent plus à galvaniser les citoyens, voir ne jouent plus leur vrai rôle. Un vide s’est créé et ras Bath comme certaines associations patriotiques, ont pris la relève.
Voilà comment durant le règne du « Manden Mansa », Ras Bath a su se frayer son petit bonhomme  de chemin pour décrier le malaise général dans le quel vivent les maliens. Ce que les forces vives, n’arrivent pas à le faire. Pour quoi donc attendre aujourd’hui, pour priver des milliers de maliens, de leur porte-voix ? Pourquoi avoir pris tout ce temps pour rappeler à l’ordre celui qui incarne par la force de choses, le porte voix des sans voix ?

Est-ce que la loi est faite pour une catégorie de citoyens au détriment de la majorité ? Ras Bath, loin de nous,  de faire l’avocat du diable, mais force est de constater que le gouvernement actuel drivé par un Premier Ministre, cahin-caha, a bel et bien failli à bien de niveaux. Donc, il doit avoir la sagesse de le reconnaître et dorénavant, s’assumer de façon énergique, voir efficacement. Auquel cas, le peuple malien meurtri, n’en peut plus de voir ces errements à n’en pas finir pourtant, dieu sait que les pouvoirs publics ont des cartes pour se racheter auprès de ceux-là qui se sont battus pour qu’ils soient là. Pour quoi continuer la politique du couper, coller ou de deux poids, deux mesures?

Nous sommes d’accords que force doit revenir à la loi mais que ceux qui l’appliquent, doivent donner le bon exemple et doivent être prompts dans leurs actions quotidiennes en évitant ce à quoi nous assistons depuis l’avènement d’IBK à Koulouba. La déception est devenue le leitmotiv d’une bonne partie de cette marée humaine que nous avons vu mercredi dernier.

En attendant précise bien de spécialistes, Ras Bath est rentré dans l’histoire de la démocratie « en carton » qui nous a été servi un soir du 26 mars 1991 avec toutes les dérives et autres fuite en avant d’un système qui, chaque jour, montre ses limites.

Dans ce cas, libérez le gars pour éviter l’aggravation du climat social et tirez les leçons de graves fautes commises en amont!

Liberté d’expression oblige puisque le vin est tiré, il faut le boire.

Enfin, un bon gouvernement, est celui qui s’est anticiper, prévoir les choses. Pour quoi pas méditer sur cette citation de Socrate qui dit que : « La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est rester là où on est tombé ».

Libérer ras Bath, ne saurait être un aveu d’impuissance du gouvernement mais  il se renforcera après avoir sonné la fin de la             récréation des dérapages de cet activiste et de bien d’autres.

La rédaction


Maliweb

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