Edito: Honorez vos promesses électorales et laissez les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont été bloqués pendant 72 heures au Mali. Après une manifestation pour protester contre l’arrestation d’un animateur radio à la limite grossier envers les responsables politiques et militaires.

Les événements s’accélèrent. Des gens sont tués et blessés par balles et des biens publics sont pillés. Dans la foulée, les autorités paniquent et s’attaquent aux réseaux sociaux, notamment facebook et tweeter. Pourquoi ? Les jeunes se seraient organisés sur le réseau social américain pour prendre d’assaut la devanture du tribunal de la commune IV.

Mesure sécuritaire donc pour le gouvernement. Mais il s’agit surtout d’une atteinte pure et simple à la liberté d’expression. Comme on a pu le constater ces dernières années, les autorités se sont, encore une fois, trompées de diagnostic.

Les événements survenus mercredi traduisent plus un malaise social que le soutien à un rasta. Un malaise social, lui aussi, entraîné par la non-tenue de belles promesses de campagne. Des promesses qui visaient essentiellement à redorer l’honneur et le bonheur des Maliens. Voilà en tout et pour tout à quoi il faut s’attaquer. Pas aux réseaux sociaux, seuls moyens pour le citoyen lambda d’exprimer sa désolation face à la pauvreté, la mauvaise gouvernance, la corruption, l’injustice et l’insécurité.

On veut museler ce citoyen épris des besoins fondamentaux. Museler parce que s’il manifeste, les balles- payées par son propre impôt- lui sont tirées dessus. Au même moment d’autres sont confortablement installés dans des hôtels et hôpitaux de la place au frais des ressources du même citoyen. Ces autres n’ont pourtant rien fait pour mériter la considération démesurée de l’État malien. Au contraire, ils ont œuvré pour sa disparition pure et simple. Voilà donc la REPUBLIQUE.

Pourquoi s’en prendre donc aux réseaux sociaux ? Après tout, ils ne sont pas la source de la noyade de nos militaires. Ils servent uniquement de lieux pour réclamer le rétablissement de l’honneur des Maliens. Pour réclamer à être heureux à travers des reformes réfléchies pour améliorer le mode de gouvernance. Chose que la prise de décisions hâtives et l’atteinte aux libertés individuelles sont loin de satisfaire.

Arrêtez donc de vous attaquer aux réseaux sociaux et honorez vos promesses de campagne. C’est le seul moyen d’atténuer vos inquiétudes.

Aboubacar DICKO

aBamako

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