Campagne agricole à l’OPIB : Les promesses des cultures

Les parcelles de riz et de maïs visitées par le ministre Denon sont bien entretenues et promettent de bonnes récoltes

L’aspect végétatif des cultures promet de donner de bons rendements si les paysans poursuivent les traitements phytosanitaires et les entretiens culturaux indispensables au développement des plantes. Tel est le constat général dégagé à l’issue de la visite que le ministre de l’Agriculture Kassoum Denon a effectuée hier dans le périmètre rizicole de l’Office du périmètre irrigué de Baguineda (OPIB).

Sory Kontako cultive sur une parcelle de 0,80 hectare la variété de riz BW 248-1 fournie par la recherche agricole nationale. Cette variété a comme avantage de résister à la cécidomyie qui est une maladie végétale qui avait beaucoup affecté les parcelles de riz des paysans. Cette maladie a causé beaucoup de pertes. En réponse à ce fléau, les spécialistes de l’Institut d’économie rurale (IER) ont proposé une variété qui s’adapte aux conditions de culture. Le paysan Sory Kontako a assuré qu’il a apporté une grande quantité de fientes de volaille comme fumure organique à la parcelle dont l’effet était très perceptible sur les feuilles de riz. Mais, ont assuré les spécialistes, cet apport ne présage pas du fait qu’il puisse atteindre le taux de rendement qu’il escompte, à savoir 4 tonnes à l’hectare, s’il n’apporte pas à temps les autres fertilisations minérales.

Son collègue Bourama Tapily, de son côté, cultive sur une parcelle plus petite à savoir 0,30 hectare. Il se plaint de la taille modeste de sa parcelle même s’il reconnaît qu’il arrive à subvenir à ses besoins alimentaires. Il a assuré avoir obtenu 30 sacs de paddy pendant la dernière campagne de contre-saison. Pour la présente campagne hivernale, il escompte sur un rendement de 25 à 26 sacs sur sa parcelle.

Toutefois, il se plaint que sa récolte lui suffit juste à nourrir une vingtaine de personnes et qu’il n’arrive pas à dégager un surplus pour la vente. « Tous mes efforts sont engloutis pour pouvoir nourrir la famille, aucun bénéfice en retour sur investissement n’est enregistré », a-t-il révélé tout en plaidant pour une attribution plus conséquente au regard du nombre de personnes à charge qui ne diminue pas.

Namoussa Diarra est un paysan semencier comme d’autres dans le périmètre de Baguineda. Ce septuagénaire a laissé la gestion du champ à ses progénitures pour produire des semences de qualité de riz pour les autres collègues. Les enfants qui ont capitalisé l’expérience du patriarche font désormais la fierté des collègues. Le vieux paysan s’est dit fier de la visite du ministre Kassoum Denon sur sa parcelle et a salué les efforts du gouvernement en direction des paysans comme la subvention des intrants (semences, engrais et équipements agricoles). Pour plaider l’agrandissement de sa parcelle de 1,5 hectare, le vieux Diarra a rappelé un adage qui soutient que « mieux vaut cultiver loin de chez soi, que d’avoir à acheter des céréales à côté de sa maison ». Il a assuré que l’hivernage se passe très bien car les pluies sont au rendez-vous.

Abondance des pluies. Ces propos ont été confirmés par le directeur général de l’OPIB, N’Diougou Diallo qui a précisé que sur une moyenne de 500 millimètres de pluies par an, cette année le périmètre a enregistré 600 millimètres. Ce qui augure d’une bonne campagne agricole, si les pluies maintiennent le cap jusqu’à la fin. Cette année, le périmètre à 85% d’exploitation contre 76% l’année dernière à la même période, a assuré le directeur général Diallo. Cette année, ce sont 2500 hectares au total qui ont été exploités pour un rendement moyen prévisionnel de 5,4 tonnes à l’hectare.

Cette pluviométrie exceptionnelle n’est pas pour déplaire aux paysans qui cultivent du maïs en zones sèches. Moussa Haïdara et ses collègues qui ont salué la visite du ministre de l’Agriculture, une première selon eux sur leurs parcelles, cultivent du maïs sur des zones hors casiers. Ils ont assuré que les oiseaux granivores les avaient découragés à continuer à semer du sorgho ou du mil. Car, ces nuisibles qui ont trouvé un refuge dans la zone, viennent picorer tout le grain à la récolte et laisser les pauvres paysans qui n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Quand ils ont basculé vers la culture du maïs, ils ont pu du coup trouver la solution à leurs malheurs et désormais, la céréale étant plus compétitive, ils ne comptent plus la délaisser.
Enfin, la visite de terrain s’est achevée sur la parcelle de maïs de Diakaridia Samaké.

La particularité de cette dernière visite réside dans le fait que le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita a donné le coup d’envoi de la campagne agricole 2016-2017 à l’OPIB dans ce champ sur un tracteur. L’aspect végétatif du champ de maïs augure d’un bon rendement. La parcelle est bien entretenue et les feuillages sont verts. Le ministre Denon a promis de passer au moment de la récolte afin de faire un compte rendu au chef de l’Etat.

aBamako

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