Gao : LA MINUSMA Appuie la réflexion sur la gouvernance participative

Pour aider à mieux comprendre ce concept un peu abstrait pour beaucoup de citoyens maliens, la Section des Affaires civiles de la MINUSMA, en partenariat avec le ministère de l’Administration territoriale et de la Réforme de l’Etat, a organisé du 17 au 18 août 2016 au siège du Conseil régional de Gao, un atelier de réflexion sur la gouvernance participative. La rencontre de deux jours a regroupé une soixantaine de personnes représentant les autorités administratives, les collectivités décentralisées, les organisations de la société civile et les médias des cercles de Gao, Ansongo et Bourem, trois des quatre cercles qui constituent la région de Gao, après l’adoption de la loi créant celle de Ménaka. 

L’atelier avait pour objectif global de renforcer le système de prévention des conflits à travers une méthodologie de prise de décisions concertée et d’échange d’idées dans la conduite des affaires des collectivités territoriales. Il vise aussi à soutenir l’émergence d’une société civile neutre, de niveau local, à travers la promotion de l’exercice de veille citoyenne. Boubacar Bagayoko, directeur de cabinet du gouverneur de la Région de Gao a présenté l’enjeu de cette rencontre en ces termes : « avec le processus de la décentralisation en cours, les élus jouent un rôle prépondérant dans la gestion des actions de développement de leurs collectivités territoriales respectives et cela sous le contrôle attentif de leur autorité de tutelle et sous le regard attentif des populations sur l’ensemble de leurs actes ».
Pour rappeler le bien-fondé de l’intervention de la MINUSMA dans ce domaine, Issa Thioune, représentant du vchef du Bureau régional de la Mission à Gao dira que « l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger reconnait lui-même dans son préambule, la nécessité d’une gouvernance conforme aux spécificités géo-historiques et socio-culturelles. Ce qui veut dire que parler de la gouvernance participative n’est pas un vain mot. Il s’agit plutôt d’esquisser des formules de gestion des affaires publiques suscitant la pleine et entière adhésion de ceux aux noms desquels nous parlons de gouvernance ».
Quatre thèmes en lien avec la gestion décentralisée du pouvoir, assortis de recommandations, ont ponctué les travaux de l’atelier : i) introduction à la gouvernance et à la régionalisation, ii) gouvernance et contrôle des finances publiques, iii) gouvernance environnementale : état des lieux et défis des collectivités territoriales en situation post-crise et iv) rôle de veille de la société civile. Les échanges sur le processus de bonne gouvernance ont eu lieu à travers l’examen des textes législatifs et des documents légaux sur la gouvernance au Mali.
« Un climat de confiance…, gage d’une paix durable’’

En effet, pour obtenir l’engagement des différents acteurs dans le domaine de la gouvernance, il est nécessaire d’effectuer un transfert ou une décentralisation du pouvoir avec les moyens subséquents. « Il est question d’être redevable envers nos braves populations en prenant des dispositions idoines mettant le citoyen au centre de l’action gouvernementale » a rappelé le Directeur de cabinet du Gouverneur. 

Pour sa part, le Représentant du Chef du Bureau régional de la MINUSMA à Gao a exhorté les participants à mettre l’accent sur la création d’un environnement de confiance entre administrateurs et administrés dans le contexte post-crise qui est celui du Mali. « Il s’agit d’instaurer un climat de confiance entre nous et les communautés, gage d’une bonne collaboration, d’une quiétude et d’une paix durable dans notre façon de parler, de faire et de pratique » a t-il poursuivi. 

La formation a permis d’affiner les connaissances des participants sur la pratique de la décentralisation comme élément clé de la gouvernance au Mali. « Nous remercions la MINUSMA et ses partenaires pour nous avoir fait venir de nos collectivités lointaines pour nous permettre d’échanger sur ces thèmes qui constituent pour nous un problème de connaissance des textes et un problème d’application des textes. A l’issue de ces deux jours, nous avons beaucoup appris. Si nous voulons appliquer dans nos collectivités ce que nous avons appris ici sous la vigilance de nos autorités, nous devons nous même nous battre pour mettre complètement fin à cette crise » a estimé Albachar Ag Hamadou, adjoint au maire de Talataye, arrondissement situé dans le cercle d’Ansongo. Ce qui confirme les propos de Boubacar Gazera Maiga, un des adjoints au Maire de la commune urbaine de Gao, qui dès l’entame des travaux a exprimé ses attentes en disant : « Je suis sûr que les participants sortiront de cet atelier mieux outillés et responsabilisés sur le nouveau mode de gestion des collectivités territoriales ».
Un ensemble de recommandations et de propositions concrètes pour l’avenir de la décentralisation et de la gestion des collectivités au Mali ont été faites par rapport à chaque thème. L’atelier a de ce fait retenu comme prioritaires et urgentes les actions suivantes :
i) – Gouvernance-régionalisation : Veiller à l’organisation des élections transparentes et crédibles ; Vulgariser les textes législatifs et réglementaires et les faire respecter; Exiger un minimum requis (Diplôme d’Études Fondamentales) pour l’élection des maires; Redéployer tous les services techniques au niveau de toutes les collectivités territoriales; Diligenter le transfert des ressources ; Diligenter le processus de régionalisation; Diligenter le processus de DDR ;
ii) – Contrôle des finances publiques : Améliorer le contrôle des services publics de l’Etat et des CT ; Exiger une gestion transparente des ressources des collectivités territoriales ; Assurer une gestion transparente des ressources publiques ; Procéder à un contrôle systématique des ressources de l’Etat au moins 2 fois par an ; Entreprendre un contrôle physique des agents des services publics et des collectivités territoriales ;
iii) – Gouvernance environnementale : Diligenter l’application de la loi sur l’utilisation des plastiques, son importation, sa fabrication et son utilisation ; Appliquer les textes (sanctionner) les mauvaises pratiques liées aux eaux usées ; Appuyer les services techniques de la protection de l’environnement dans leurs missions régaliennes (création de brigades) ; Appuyer techniquement et financièrement toutes les initiatives des gestions et de protection de l’environnement portées par la société civile et les collectivités territoriales ; Etc. iv) – Rôle de veille de la société civile : Former, informer, sensibiliser, outiller la société civile afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle de veille citoyenne ; Impliquer les Organisations de la Société Civile (OSC) dans la prise de décisions nationale, régionale et locale ; Améliorer la collaboration et la concertation entre gouvernants et gouvernés ; Prendre en compte la représentativité des femmes et des jeunes dans les instances de décision.

(Source : MINUSMA)

aBamako

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