Dénonciation de la mal gouvernance: Ras Bath plus Audible que l’Opposition Républicaine

Après 20 ans de démocratie, le peuple courageux du Mali, victorieux contre la dictature militaire en 1991 n’a assisté qu’à la corruption à ciel ouvert. Rappelons-nous que c’est pendant les deux mandats d’Alpha Oumar KONARE, qu’il y a eu environ 20 milliardaires fonctionnaires maliens. Il a fallu que la banque mondiale tape du poing sur la table pour que le Président Alpha déclare la guerre à la corruption. Cette guerre malheureusement a été dirigée contre les opposants politiques à l’époque, parmi lesquels il y avait un certain MAIGA, PDG de la SOTELMA accusé d’avoir puisé dans les caisses de l’Etat, un certain ‘’Metiou’’, Directeur Général de la SONATAM, supposé être le bailleur de fonds de la branche dissidente de l’ADEMA, un certain Ibrahim Boubacar KEITA, accusé d’avoir dépassé le montant légal de ses fonds de souveraineté de 300 millions F CFA. Lui-même Alpha est accusé par certains de ses détracteurs d’être descendu de Koulouba avec dans ses cantines environ 43 milliards F CFA.
Le Président ATT venu dans ces conditions a imposé sa stratégie de lutte contre corruption, en faisant rembourser les fonds dilapidés au trésor public via le Pôle Economique. Par cette stratégie, il a voulu garder la dignité de ceux dont la preuve de détournement a été établie. Le Président IBK dans son discours de prestation a déclaré l’année 2014, celle de la lutte contre la corruption. En une année de gestion ses paroles de la veille l’ont rattrapé. En effet dans l’achat de l’Avion Présidentiel et des Equipements militaires, il y a eu une surfacturation de plus de 96 milliards. Jusque-là le prix réel de l’avion présidentiel n’a pas été connu par le peuple malien. L’ancien Premier ministre MARA qui à l’époque a fait l’avocat du diable, a fini de comprendre qu’on lui a fait mentir. Celui qui l’a fait mentir n’a jamais été sanctionné, ni ceux impliqués dans l’achat de l’avion présidentiel. Au finish, les Partenaires Financiers ont coupé le robinet en attendant que leurs fonds utilisés pour les besoins de la cause soient remboursés. Donc en réalité, le peuple s’est senti désabusé par ses dirigeants, qui parlent toujours de lutte contre la corruption, mais en réalité, ils luttent contre les pauvres. Ces dirigeants que ce peuple a vu naitre pauvre, mais à la faveur de la politique, sont devenus subitement riches et mouriront riches, tandis que le peuple mourira toujours pauvre. C’est dans ce contexte que le phénomène Ras Bath est né et en moins de deux ans a eu des milliers d’aptes pour ses émissions. Il s’est positionné comme le porteur de la vraie parole à l’endroit du peuple, opprimé et trompé par les hommes politiques maliens. Le système d’autosatisfaction et d’autoglorification mis en place par les hommes politiques exclue le peuple, de sa propre gestion, le sèvre d’informations justes et correctes. Ce système a fini par créer, le phénomène Ras Bath dont le discours engagé, même si très souvent, il est éloigné du politiquement correct tendant même à un appel à la révolte, à capter l’esprit et le cœur de la majorité des sans voix. Lorsque le Gouvernement a compris que de plus en plus, ses chroniques radiophoniques battaient le record d’audience des autres émissions, et que les cassettes enregistrées se vendaient comme du pain, il s’est évertué à trouver un moyen pour l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. C’est ainsi donc que le Procureur Général près de la Cour d’Appel de Bamako a été commis pour le sale besoigne avec des Chefs d’accusation qui ne tiennent pas la route. Ils sont d’une légèreté incroyable tant l’argumentation première était en déphasage avec la réalité. Ladite enquête, toujours selon le procureur général, visait certains propos, d’une violence rare, qui sont une offense à la pudeur tant ils heurtent ‘’le sentiment moral’’ des particuliers qui en sont involontairement témoins et qui sont susceptibles de troubler l’ordre public et de causer un préjudice social manifeste. Ces propos, selon Mamadou Lamine COULIBALY, constituent un ‘’outrage envers les dépositaires de l’autorité ou de la force publique’’ dans l’exercice de leurs fonctions. Ces faits sont prévus et punis par les dispositions des articles 224 et 147 du Code Pénale. Le Procureur Général rappelle que le Mali est un Etat de droit qui consacre et protège les libertés fondamentales, y compris celles d’opinion et d’expression dont l’exercice est prescrit dans le cadre des lois et règlements. Mais les vraies raisons sont que Ras Bath voulait ouvrir le dossier des FAMAS, dans lequel, la corruption a une place de choix. A travers ce show radiophonique basé sur la dénonciation des faits avérés, il n’était pas exclu que les troupes dans les camps et garnissons du Mali ne se révoltent contre le régime en place qui leurs a toujours promis de meilleurs conditions de travail sans jamais les réaliser. Mais hélas, en lieu et place, elles ont constaté que ‘’le chien est parti et le chat est venu prendre sa place’’. Ce sont tous des carnivores qui s’asseyent sur les deux pattes de dernière et leurs queues.
Pour Ras Bath, son erreur a été d’être très souvent grossier dans ces interventions, toute chose qui pouvait être évité en lui donnant un avertissement. Cependant le choix de ses sujets était très pertinent et d’actualité. Et pour arrêter le phénomène qui allait venir par emporter le régime d’IBK, le Ministre de la justice n’a trouvé mieux que de le faire arrêter, suspendre ses émissions, le mettre sous contrôle judiciaire et l’interdire de quitter l’espace géographique de la commune IV, sa commune de résidence, cet acte n’est pas à son honneur. Ces faits sont dignes du régime de l’ex-dictateur ‘’PINOCHET’’ du Chili. Comment veut-on continuer à maintenir le peuple dans l’ignorance et le transformer en bétail électoral sans possibilité pour lui d’évaluer le bilan d’un quinquennat ? Les Associations de la Presse privée et les hommes de droit sont attendus sur le sujet. Nos gouvernants doivent désormais compter avec le réveil de la conscience du peuple grâce à Ras Bath !

Siramakan KEITA

aBamako

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