Libération du domaine public urbain : Ma contribution à l’Assainissement de la Ville

L’occupation anarchique du domaine public dans les limites du district est formellement interdite. Toute occupation de quelque nature que ce soit du domaine public, qui ne respecte pas  les servitudes d’hygiène, d’esthétique, d’alignement et de sécurité publique sur les voies principales du district (61 au total), est interdite.

L’occupation illicite du domaine public a plusieurs causes : la déperdition scolaire, l’exode rural, mais surtout la pauvreté. C’est pourquoi j’ai toujours considéré ce phénomène social comme un aspect du sous-développement. En effet, les Mairies des Communes doivent délivrer les autorisations d’occupation temporaire sur la base de constats faits par les services techniques (DRUH, BUPE, Direction Régionale de l’Assainissement et de la Pollution). Ces autorisations sont annuelles et peuvent être retirées à tout moment. Le Maire du District ne délivre pas d’autorisation d’installation de kiosques ni de hangars. Cela  relève des Maires communaux. Les dimensions des kiosques, terrasses, échoppes, auvents, abris, étals sont consignées dans l’Arrêté municipal n°014 /MDB du 09 août 2001 qui fixe les modalités d’utilisation du domaine public sur les axes de circulation dans le District de Bamako. Mais le constat est que :

– Des kiosques sont installés sur les ouvrages et équipements de la Mairie du District rendant difficile le curage des caniveaux ;

– des installations commerciales sont construites en matériaux durables sur le domaine public ;

– des gravats, épaves de véhicules ;

– les dépôts de matériaux de construction.

Les auvents avec pieds sont prohibés de même que les terrasses prolongées. L’occupation anarchique du domaine public rend difficile l’assainissement.

Des entraves aux travaux de balayage

Les principales difficultés qui entravent l’exécution des travaux de balayage sont :

– La présence de chantiers sur les voies

– Le stationnement prolongé des véhicules particuliers et SOTRAMA sur les voies principales

– Les déblais de curage de caniveaux déposés le long des voies

– Le refus de certains occupants des trottoirs des les libérer pendant la période de balayage

– L’état de dégradation de certains trottoirs  et chaussées.

Mauvaise gestion des matériels d’assainissement

La cellule Technique d’Appui aux Communes (CTAC),  la Direction des Services Urbains des Voiries et Assainissement (DSUVA), la Direction de la Brigade Urbaine de Protection de l’Environnement (BUPE), la DRACPN sont des partenaires incontournables de l’amélioration du cadre de vie.

Rappelons qu’avec une ressource humaine de 312 agents, du matériel tel que les camions bennes de 7m³ (9) camions multi-bennes (7) camions bennes tasseuses (8) camions de 3,5 m³ (2) pelles chargeuses (6) bulldozer (2) porte-char (1),  le volume d’ordures transportés par la DSUVA en 1999 s’élevait à 372 665 m³ ; en 2000 (331 956 m³) et en 2001 (337.989 m³).D’autre part, avec l’ajustement structurel, des sociétés et entreprises d’Etat ont été vendues pour contre-performance, mais les acheteurs les ont rendues performantes.

Cela veut dire qu’il y a tout simplement un problème de bonne gestion. La DSUVA avait un problème de maintenance des moyens de production. Le Mali a besoin d’une bonne gestion réglementaire, administrative mais aussi économique pour atteindre les objectifs.

Bien avant les Accord d’Alger, il existait un texte qui permettait la création de police municipale, une police de proximité qui relève les anomalies sur le domaine public et les signale aux Maires.

La divagation des animaux, les chiens errants, l’élevage intra-domiciliaire, la libération du domaine public et la sensibilisation des populations pour adopter une bonne hygiène devraient faire partie de ses principales attributions.  Les autorités ont toujours envisagé une lutte à court terme sur la caséification du phénomène de l’occupation spontanée. Il faut envisager un programme à long terme.

Des aménagements sont nécessaires

Au lieu d’aménager le tronçon du boulevard du Peuple à hauteur de 9 milliards, il faut envisager des échangeurs multifonctionnels au rond-point de l’INA et celui du CHU – Gabriel Touré après les rails. Pour mener à bien ce programme, l’institut National des Arts (INA), la Maison des artisans (Artisanat) et l’Assemblée Nationale iront dans l’ACI 2000 à côté des hôtels où se trouvent les touristes. Les petits  détaillants seront ainsi coupés de leur base. Les passagers, après avoir traversé le pont des Martyrs, doivent descendre au niveau de l’INPS, sinon en prenant l’échangeur, ils seront obligés de descendre au niveau de l’Institut Ophtalmologique Tropical (IOTA). Sans passagers au bas de l’échangeur, pas de clients. Tous les véhicules, d’où qu’ils viennent, que ce soit de la Commune IV, de la Commune I ou de la Commune VI, prendront l’échangeur.

C’est pourquoi, les opérations de déguerpissement initiées par Madame le Gouverneur SACKO Aminata KANE et le Maire du District Adama SANGARE doivent être soutenues.

Avec une superficie de 276 km², 60 quartiers, six Communes, Bamako, malgré les efforts consentis par les autorités, ressemble à un bidonville. La forte croissance démographique (1.000 000 en 2003, peut-être plus de 3. 000 000 habitants en 2016) n’est pas soutenue.

Il est indispensable de réactualiser le schéma directeur d’urbanisme de la ville de Bamako.

La dégradation ininterrompue des infrastructures de base et des équipements collectifs est intolérable.

La suspension de la délivrance des autorisations de places ne devrait être qu’une mesure temporaire, car les occupants n’accepteront pas d’être réinstallés à la périphérie de la ville de Bamako. C’est pourquoi, il faut envisager des kiosques standards, des kiosques modèles qui seront installés par des experts sur des artères ciblées spécialement à cet effet.

Le recensement de la Chambre de commerce se fait un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais. Il devrait se faire concomitamment avec les opérations de libération du domaine public depuis le 21 juillet 2016. Les autorités agissent avec mesure, sinon même les grandes stations d’essence ne respectent pas la réglementation en vigueur, de même que les hôtels. Le décret n°06-340 /PRM du 10 août 2006 portant exploitation des établissements de tourisme, est formelle dans son article 3 : « Aucun restaurant, bar et hôtel ne peut être installé à côté des lieux de culte, cimetières, casernes et hôpitaux ».

Malheureusement, il est plus facile de faire déguerpir que d’empêcher une réinstallation car,  la nature a horreur du vide. Il faut donc rapidement nettoyer les espaces libérés et les aménager.

 Moussa Fomba


Maliweb

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