Moussa Mara sera-t-il, un jour, un homme d’état ?

Depuis son départ de la Primature, il s’adonne à un exercice déloyal, peu recommandable de révélation, de dénigrement, de diffamation, de dénonciation et de délation contre son ancien patron et son régime, IBK

 

De mémoire de démocrate, aucun ancien Premier ministre n’a épousé une posture semblable à celle de Moussa Mara,  après leur départ de la primature en faisant feu de tout bois et en tirant sans discernement sur le régime dont ils sont comptables du bilan. L’exercice auquel s’adonne M. Mara est d’autant plus périlleux politiquement qu’il serait entrain aujourd’hui de se nuire à lui-même, car pour tous ceux qui savent analyser, l’ancien Premier ministre est comptable du bilan d’IBK, qu’il soit bon ou mauvais. Alors, le plus  jeune Premier ministre de toute l’histoire du Mali indépendant ne serait-il pas entrain de contribuer à sa mort politique en étalant par immaturité politique au grand jour les errements d’un régime dont il serait pourtant devant l’histoire l’un des grands architectes ? Son acte ressemble à une déloyauté vis-à-vis de son ex patron. Quel profit politique entend-il en tirer quand on sait que le bilan du quinquennat d’IBK est celui de tous les partis politiques de la Majorité ? Moussa Mara fera-t-il un  jour sien, l’adage selon lequel seul le silence est d’or, tout le reste n’est que faiblesse ?

 

L’histoire est une succession d’événements douloureux et heureux. Elle nous enseigne que la grandeur d’un homme ne se mesure ni par sa taille, ni par son intelligence encore moins par sa fortune, mais par les grands actes qu’il pose. Tous les anciens Premiers ministres de l’ère démocratique se sont faits discrets après leur départ du sacerdoce de la Primature. De Younoussi Touré, à Feu Abdoulaye Sékou Sow, en passant par IBK, Mandé Sidibé et Modibo Keita, sous Alpha Oumar Konaré, jusqu’aux différents Premiers ministres d’Amadou Toumani Touré dont entre autres Mohamed Ag hamani, Ousmane Issoufi Maiga et Modibo Sidibé,  aucun de ces anciens premiers ministres n’a été si présent dans l’espace médiatique et si bavard que le jeune Moussa Mara sur des questions relevant souvent du secret d’Etat telles que celles touchant l’armée. Il est partout et dit tout sur le régime d’IBK dont il est comptable et son parti, Yelema, est membre de la Convention de la Majorité Présidentielle. Cette CMP qui soutient  IBK a fait de Moussa Mara son Premier ministre avec un seul député. Son acte ne peut relever que de la déloyauté envers le Président de la République et d’une immaturité politique notoire qui prouve à suffisance qu’il n’est pas encore l’homme d’Etat qu’il prétend incarner et à qui on pourrait confier le Mali. Son attitude est une trahison de celui qui,  contre vents et marrées, a porté son choix sur le plus jeune Premier ministre de l’Histoire du Mali démocratique. Ses sorties intempestives pourraient être considérées comme une tentative de déstabilisation et de dénigrement du régime. Ses critiques et reproches,  même s’ils peuvent être qualifiés souvent de vérités de la Palice, n’en demeurent pas moins maladroits venant surtout de celui qui aurait contribué à les commettre.

En somme, Moussa Mara par ses révélations, ses dénigrements, ses diffamations, ses dénonciations et ses délations contre IBK, viole une sacrée tradition démocratique qui instruit à tous les initiés de préférer la mort à la trahison en divulguant les décisions prises dans le vestibule et sous serment. Par ses propos et actes de tous les jours, il fait douter plus d’un sur sa capacité à diriger un jour ce pays.

Youssouf Sissoko

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Maliweb

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