Chute libre de l’école malienne : le coup de gueule de certains Maliens

L’école malienne est en chute libre. Baisse croissante du niveau des étudiants et des élèves ; Universités et Grandes écoles saturées ; résultats catastrophiques aux différents examens de fin d’année ; manque de compétitivité du diplômé malien sur le marché de l’emploi aux plans sous-régional et régional. Tels sont les maux dont souffre aujourd’hui notre système éducatif, envahi par un business qui ne dit pas son nom. C’est du moins ce que pensent les Maliens dans leur majorité.

L’éducation est le socle du développement socio-économique véritable et durable d’un pays. C’est pourquoi elle absorbe souvent le plus gros budget national chez nous ici au Mali. Elle doit constituer une préoccupation majeure pour l’Etat et doit être au cœur des grandes discussions, rencontres, séminaires et fora. C’est ce qui se fait d’ailleurs dans notre pays, mais la décadence et la déchéance de l’école malienne ne cessent de se poursuivre. À quel niveau se situe donc le problème ?

Faites un tour dans nos Universités et Grandes écoles, le constat est alarmant : elles sont surpeuplées (plus de 100.000 étudiants par Université). De ce fait, les locaux sont largement insuffisants et les étudiants n’arrivent plus à trouver des salles disponibles pour prendre les cours normalement. Et là, c’est la débrouillardise.

Pour Hamidou Coulibaly, un parent d’élève, ce sont les gouvernements successifs du Mali qui sont à l’origine de cette descente aux enfers de l’école malienne. «Ils sont tous corrompus dans ce pays. L’école malienne est prise en otage par ces gouvernements. Notre système éducatif est très mauvais, il faut un changement radical. Pour cela, je propose sa réforme en profondeur. Il faut bien former les enseignants et que les parents aussi jouent leur rôle en surveillant les enfants à la maison, parce que l’éducation, c’est un trio : la famille, l’école et la société», a-t-il fait savoir.

Un interlocuteur, qui a voulu garder l’anonymat, pointe un doigt accusateur sur les promoteurs d’écoles. «Aujourd’hui, au Mali, certains promoteurs sont hostiles à la réglementation ; des enseignants sont sous-formés ; des autorités scolaires et universitaires sont corrompues… Notre système éducatif est devenu un fonds de commerce où on ne cherche que du profit. Les enseignants n’ont plus le contrôle de leurs classes respectives, car le nombre d’élèves les dépasse (plus de 100 par classe pour un seul enseignant). Les enfants ne reçoivent plus une éducation de qualité et les niveaux baissent de jour en jour», précise-t-il.

Abondant dans le même sens, Oumou Traoré, une étudiante, s’attaque à la ‘’ségrégation’’ qui existe dans notre système éducatif. «Ça fait deux ans que je cours dernière le Bac, mais je n’arrive pas à l’avoir. Et pourtant, en classe, je suis toujours parmi les meilleurs. Mais, aux examens, je ne sais pas ce qui se passe réellement. J’ai fait le Def trois fois et voilà qu’au Bac, le même scénario recommence. Nous voulons étudier pour assurer notre avenir et non pour nous rendre la vie difficile. Ce que j’ai finalement compris, c’est que nous, les pauvres, n’avons pas notre place dans ce pays», se lamente Mlle Traoré.

Mlle Nana Kane, élève, partage cet avis de Mlle Traoré. «L’éducation est devenue du n’importe quoi chez nous au Mali. Chaque année apporte son lot de malheurs et les choses vont de mal en pis. Je suis vraiment désespérée et je me demande parfois quel sera notre avenir. L’éducation est notre seul espoir pour avoir un avenir meilleur. J’ai l’impression que nous, enfants de pauvres, ne pouvons pas étudier dans ce pays. La plupart de nos dirigeants envoient étudier leurs enfants à l’extérieur, dans les Grandes écoles européennes, américaines…. L’avenir de leurs enfants est donc déjà assuré. C’est pour cela qu’ils ne prennent pas les choses en main afin de sortir l’école malienne du gouffre», nous confie-t-elle. Sans commentaire !

Assan TRAORE/Stagiaire

aBamako

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