Trois ans de pouvoir IBK : Que dieu sauve le Mali !

Le dimanche 4 Septembre 2016, le Président Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK aura trois ans au pouvoir. Trois ans pleins d’événements heureux et malheureux qui ont mis à l’épreuve l’ensemble du peuple malien.

La crise multidimensionnelle que traverse le Mali depuis le 22 Mars 2012 est en train de connaître une certaine avancée.

L’Accord de paix de Bamako issu du processus d’Alger a été signé depuis un an. Mais il connait une certaine lenteur dans sa mise en application effective. Malgré cette signature, l’insécurité liée aux attaques terroristes est en train de prendre de l’ampleur. Beaucoup de militaires maliens et de la Minusma ont été tués. Ce qui fait de la Minusma l’opération de maintien de la paix de l’ONU qui a connu le plus de victimes

L’insécurité qui était récurrente dans les régions du Nord est en train de gagner le centre du Mali, à savoir les régions de Mopti et de Ségou. Le climat d’insécurité se complique avec la dégradation de la situation dans la région de Kidal. La violence entre les groupes signataires de l’accord de paix à savoir la CMA et la Plateforme est une véritable menace qui plane sur la paix au Mali.

Le Président IBK qui a été plébiscité par le peuple malien en 2013 avait créé beaucoup d’espoir chez les populations. Il n’a pas pu gérer le raz-de-marée populaire qui l’a porté au pouvoir. Le capital de confiance que le peuple avait placé en lui s’est petit à petit effrité et une certaine lassitude est aujourd’hui perceptible chez la majorité de ses partisans.

En effet le Président IBK, après son élection et sa prestation de serment s’est mis dans une tour d’ivoire infranchissable. Il s’est éloigné de tout le monde et est rentré en froid avec les personnalités coutumières, religieuses et politiques qui l’avaient soutenu au moment des joutes électorales.

Le Président IBK est empêtré dans ses propres contradictions. C’est un homme apparemment humble mais il très fier de lui-même.

Sa mégalomanie est très visible et il a surtout besoin de l’accompagnement d’un grand psychologue pour lui prodiguer des conseils utiles.

A son âge, espérer de lui un changement de comportement n’est pas une œuvre facile mais il faut l’aider à commettre moins d’erreurs et de fautes.

Sa véritable difficulté est liée aux relations ténébreuses qu’il entretient avec la nébuleuse corse. Il se trouve dans un dilemme qui est en train de réduire sa marge de manœuvre dans la gestion de nos relations avec la France. Cette situation inconfortable pèse lourdement sur sa conscience de patriote qu’il est. Même la gestion de la situation de Kidal en souffre. Il subit malgré lui le diktat de la France et de la DGSE Française.

Cette posture du président ne peut-elle pas constituer un obstacle à la gestion transparente de la crise.

Pour le reste de son mandat, si le président voudrait encore bénéficier de la confiance du peuple il est indispensable qu’il se ressaisisse et faire son mea-culpa. Il doit entretenir les meilleurs rapports avec son parti d’origine « le RPM » et aussi avec les partis de la majorité présidentielle. Contrairement aux années passées, il doit instaurer un dialogue franc et sincère aussi bien avec la majorité présidentielle qu’avec les partis de l’opposition parlementaire et extra –parlementaires.

Il doit se rapprocher des personnes de bonne volonté qui ont cru en son étoile au moment où lui-même n’avait plus d’espoir.

Il faut qu’il mette fin aux frasques et au trafic d’influence de son fils et de son entourage familial. Le cas du fils de l’ex-président Sénégalais Abdoulaye Wade doit servir d’enseignements.

Il faut qu’il mette fin à la corruption, à la délinquance financière et au détournement des derniers publics par ses proches et protégés.

Le peuple malien a trop souffert par la faute de ses élites. Il est temps de mettre fin au festival des brigands pour que le peuple puisse retrouver sa dignité et son honneur. Pour cela, il doit en toute transparence faire recours aux caches de valeur. Ces cadres doivent être compétents, honnêtes, loyaux, dévoués et patriotes pour que le bateau « Mali » puisse arriver à bon part.

Il a vraiment intérêt à pratiquer une bonne politique de gouvernance pour être à l’abri dans les années à venir d’une surprise désagréable.

Le peuple malien est devenu nature et l’esprit du président feu Modibo Keita est en train de se réveiller chez la couche saine du peuple malien.

Si par bonheur, il arrivait à changer de cap d’ici la fin de son mandat, le peuple pourrait lui redonner sa confiance s’il plaisait à Dieu. Mais en attendant la balle est dans son camp et à lui de savoir bien jouer

Bamako, le 25 Août 2016

Yacouba Coulibaly

aBamako

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