Situation précaire à Ténenkou, après l’attaque contre les forains

Un mort et un blessé c’est le bilan de l’attaque survenue hier dans les localités de Dioura. Des échanges de tirs ont eu lieu entre les forces armées maliennes et des assaillants aux alentours du village de Dioura. Selon des sources administratives, le calme est revenu ce matin dans la localité.
Le calme est revenu dans les villages de Dioura, Kologri et Sirakoro, après les échanges de tirs hier entendus hier. Selon des sources administratives locales ces affrontements ont fait un mort et un blessé. Les fusillades ont fait suite à l'attaque d'hommes armés contre des forains qui se trouvaient entre le village de Dioura, Kologri et Sirakoro. Ces violences ont été précédées par des affrontements intercommunautaires entre Bambaras et peulhs de ces localités.

Sur place la population réclame le retour de l'administration et des forces de sécurité absentes depuis longtemps dans certaines communes. C’est pourquoi certaines notabilités locales affirment que c’est « l’absence de l’autorité de l’état qui favorise la multiplication d'affrontements interethniques dans le cercle de Tenenkou ». Selon le préfet, le chef d’état major des armés s’est rendu dans la localité de Tigréssinadji, pour présenter ces condoléances aux familles des victimes des heurts survenus samedi entre Bambaras et peulhs.

Lors de cette visite le chef d’état major a annoncé qu’une force d’interposition composée de près de 250 hommes sera bientôt déployée dans les communes de Tenenkou. En attendant des forces militaires ont été envoyées dans la zone depuis samedi. Le cercle de Ténenkou est également sous la menace de groupuscules jihadistes présents dans la zone. Ce week-end un élu du cercle n'a pas écarté la possibilité d'un embrasement de la zone par des groupes terroristes.

Pour le Préfet de Ténenkou le déploiement d’une force d’interposition est essentiel, vu la situation délicate que connait le cercle. Il estime également qu’il faut un dialogue entre les différentes parties. Makan Doumbia est joint au téléphone par Assetou Kanté :

"Par rapport au bilan d'hier on a déploré une perte de vie humaine. La victime est un Bambara. Après les évènements de samedi il y a le Chef d'état major général qui a fait le déplacement pour aller dans la localité de Tigrésénandji pour présenter ses condoléances aux familles des victimes. C'était aussi pour faire le diagnostic de la situation sur le terrain en vu de déployer une force d'interposition qui peut aller jusqu'à peu près à 250 éléments. Si ce projet arrive à voir le jour, ça serait un acte très important. En tout cas dans le cadre de l'option militaire pour le règlement de la situation sécuritaire dans la localité. C'est pourquoi moi je pense, qu'il y a lieu quand même d'ouvrir une certaine passerelle pour les négociations".

Les responsables de l’Association pour le développement du cercle de Ténenkou attribuent les tensions actuelles à la crise de 2012. Selon son président, certaines localités ont été délaissées. Pour lui, il faut impérativement une base militaire à Dioura. Temoré Tioulenta président de l'association était l’invité du Grand Dialogue d’hier :

« Le Mali c’est un pays meurtri depuis déjà 2012. Et ce qui s’est passé à Ténenkou, s’est passé quelque part dans d’autres localités du Mali. Il est difficile d’avoir la paix dans une partie du Mali sans que ça soit l’ensemble du Mali qui soit en paix. Les conflits interethniques sont aussi d’un peu partout. Mais pour ce qui est arrivé ces derniers temps, d’abord le 1er mai à Malemana et à Falada, c’est le village où ces affrontements ont eu lieu le weekend, il faut adosser ces évènements à la crise. De quoi s’agit-il ? La crise sécuritaire au Mali a touché l’ensemble du Mali d’une façon ou d’une autre. Mais il est arrivé que dans son traitement, il y a eu une attention plus dans une certaine partie du Mali qui d’une façon ou d’une autre n’était pas forcement plus affectée que la bande disons entre Goundam et Niono. Il faut absolument une base militaire. C’est Dioura, plus précisément, en son temps depuis le 18 janvier, il n’y a pas eu de base militaire à Dioura. Donc étant donné que nous savons ce qui se passe sur la frontière Mauritanienne, c’est aussi Nampala c’est à côté, cette bande là en absence n’a pas été sécurisée à hauteur de risque. Nous pensons pour notre part qu’il est important de sécuriser les lieux et nous n’avons pas l’impression qu’on l’a suffisamment sécurisé ».


Africatime

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