Brésil: Dilma Rousseff au bord de la destitution

Dilma Rousseff vit ses dernières heures à la tête du Brésil: les sénateurs ont commencé mercredi à se réunir pour le vote qui, sauf coup de théâtre, provoquera sa destitution pour maquillage des comptes publics au terme d’une procédure hautement controversée.

La session s’est ouverte peu après 11H15 (16H15 heure suisse) au Sénat à Brasilia. Le président de la Cour suprême (STF) Richard Lewandowski, qui dirige les débats, a commencé par lire le rapport résumant le procès, avant le vote électronique.

Les 81 sénateurs doivent répondre à la question: “Dilma Rousseff a-t-elle commis un crime de responsabilité?”. S’ils sont 54 (les deux tiers) à voter “oui”, elle sera écartée définitivement du pouvoir. Dans le cas contraire, elle réintégrera immédiatement ses fonctions.

Plancher déjà atteint
Selon un décompte effectué par le quotidien Folha de Sao Paulo, le plancher est déjà atteint, avec 54 sénateurs pour, 21 contre et 6 indécis.

Dilma Rousseff fera une déclaration à la presse vers 13H00 (18H00 heure suisse), après le vote qu’elle va suivre depuis sa résidence du palais de l’Alvorada en compagnie de son mentor, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, a indiqué l’un de ses collaborateurs.

Successeur aussi impopulaire
Si la destitution est prononcée, son ex-vice-président Michel Temer, 75 ans, qui a précipité sa chute, prêtera serment dans la foulée lors d’une très brève cérémonie. Il s’envolera ensuite vers la Chine pour participer à un sommet du G20, où il tentera de redorer le blason terni de la première économie d’Amérique latine.

Tout aussi impopulaire que sa rivale, il exerce déjà la présidence à titre intérimaire depuis la suspension, le 12 mai par le Sénat, de la première femme élue, en 2010, à la tête du cinquième pays le plus peuplé de la planète.

Englué depuis la réélection de Mme Rousseff fin 2014 dans une crise politique et économique de magnitudes historiques, sur fond de méga-scandale de corruption, le Brésil tournera ainsi la page de 13 ans de gouvernements du Parti des travailleurs (PT, gauche) initiée en 2003 par Lula.

Une longue page d’histoire marquée par le “miracle” socio-économique des années 2000 qui a vu sortir 29 millions de Brésiliens de la misère, avant les affaires de corruption et un brutal retournement économique qui ont plongé le Brésil et Mme Rousseff vers l’abîme.

(ats / 31.08.2016 18h20)


Maliweb

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