L’opposition rejette le projet de loi électorale : « Nous avions le pouvoir, si nous l’avions votée (la loi), IBK n’allait pas être président »

Pour l’ensemble des partis politiques de l’opposition malienne le projet de loi électorale attendu à l’Assemblée nationale ce mardi (06 septembre), est « un recul par rapport à l’ancienne loi » et « introduit des dispositions nouvelles, source de conflit et pose de sérieux problèmes d’interprétation ».Du coup, à l’opposition, l’on recommande le retrait pur et simple dudit projet de loi.
Les partis politiques de l’opposition ont fait part de ces inquiétudes lors d’une conférence de presse ce samedi 03 Août. Dans une déclaration lue par M. Modibo Sidibé (ancien premier ministre et président du parti FARE AN KA WULI), l’opposition se dit également être opposée au mode de répartition des membres de la CENI entre les partis de la majorité et ceux de l’opposition : « Ce système met en cause la crédibilité même de la CENI qui est une structure de contrôle et de supervision des élections. On ne saurait être juge et partie. Majorité et Opposition doivent avoir le même nombre de sièges afin de garantir des élections transparentes, crédibles et acceptables par tous », déplore l’opposition.
En ce qui concerne le « parrainage des élus et le montant du cautionnement pour les candidats à l’élection présidentielle », l’article 147 du projet de loi électorale exige 15 élus et 35 millions de FCFA à chaque candidat à l’élection présidentielle. Pour l’opposition les dispositions sont « antidémocratiques, discriminatoires et facteurs d’exclusion ». Et au maire de Gao, Sadou Diallo, d’ajouter : « Nous avions le pouvoir, si nous l’avions votée (la loi), IBK n’allaita pas être Président de la République parce qu’il n’avait que 9 députés à l’époque ».
M. Sadou Diallo est le président du PDES, le parti de l’ex-président Amadou Toumani Touré. Pour M. Diallo, ce n’est pas le moment de voter cette loi au moment où le pays est confronté à d’autres problèmes d’ordre sécuritaires.
Une autre observation faite par les partis politiques de l’opposition sur ce projet de loi est relative à l’introduction du vote par anticipation des forces armées et de sécurité. L’opposition ne voit pas la nécessité et demande que des conditions soient remplies toutefois si ce vote par anticipation doit avoir lieu. Au nombre de ces conditions, a-t-on indiqué lors de cette conférence de presse, figurent la publication de la liste du nombre d’agents des Forces Armées et de Sécurité votant par anticipation ; faire le dépouillement en même temps que le reste du scrutin et faire le vote dans les mêmes conditions que celui des autres citoyens.
Toutefois si le projet de loi passe à l’Assemblée Nationale, l’opposition se dit prête à manifester démocratiquement pour que ladite loi ne soit pas promulguée par le Président de la République. En attendant, une rencontre entre l’opposition et la majorité est prévue sur la question ce lundi 05 Août. L’opposition a également annoncé un sit-in à aux portes de l’hémicycle le jour même du vote de la loi.
La conférence était conjointement animée par des responsables des partis politiques de l’opposition. Ils ont ensemble estimé le besoin d’une concertation nationale. « Aucun parti politique seul, aucun regroupement de partis politiques seul, aucune communauté seule, aucune région seule, aucune confession religieuse seule, aucune société civile seule, ne saurait faire repartir le Mali après la rupture institutionnelle de mars 2012 », a-t-on indiqué.
Djibi Samaké

aBamako

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