Entre nous : Trois ans déjà !

04 septembre 2013-04 septembre 2016 ! Il y a juste trois ans, qu’Ibrahim Boubacar Kéïta, élu avec plus de 77% à l’issue d’un scrutin historique, prêtait serment en qualité de Président de la République du Mali. Trois ans déjà. Que le temps file ! Sur un mandat de cinq ans à lui confié par le peuple malien, le Chef de l’Etat en a épuisé trois, donc plus de la plus moitié. Ce n’est pas l’heure du bilan. Tout de même, il existe quelques actions phares.
On peut citer entre autres, la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation, l’adoption de la loi de programmation militaire, 20% d’augmentation de salaire au profit des agents de la fonction publique, l’octroi de 15% du budget national au secteur de l’agriculture. Le gouvernement a investi plus de 300 milliards en faveur du monde paysan. Le Fonds Monétaire International (FMI) apprécie la situation macroéconomique et les performances enregistrées dans la mobilisation des ressources internes.

Des efforts sont déployés pour rendre accessibles les produits de première nécessité dont les prix sont les plus bas de la sous-région. Les chiffres de création d’emploi avancés par les services compétents passent difficilement au sein d’une opinion publique qui a recours de plus en plus à la violence pour se faire entendre. Tout n’est pas mauvais. Et tout n’est pas rose non plus. Dans les trois ans de la gouvernance du Président Keïta, il y a des acquis mais aussi des faiblesses.

De façon unanime, il faut avouer que le choix des hommes a été le talon d’Achille du Chef de l’Etat qui n’a toujours pas eu la main heureuse en choisissant ceux ou celles qui doivent l’accompagner dans la gestion des affaires de la cité. En trois ans, il y a eu trois Premiers ministres, six gouvernements, trois Secrétaires généraux et trois Directeurs de cabinet à la Présidence de la République. L’instabilité gouvernementale affecte gravement l’atteinte des objectifs assignés aux différentes équipes de l’exécutif.

La signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation considérée comme l’une des grandes réussites du Président, n’a pas eu de grande incidence sur la situation sécuritaire qui s’est nettement dégradée en plusieurs endroits du pays.

Le sentiment de déception qui a gagné une partie de la population est perceptible pour la simple raison que les uns et les autres attendaient beaucoup du Président IBK en qui, ils voyaient l’homme en mesure de faire face aux défis de l’heure. Et chaque fois que les attentes des citoyens sont nombreuses, il faut s’attendre à ce que le lot des mécontents grossisse à la mesure des attentes non comblées.

Jusque-là, on ne sent pas que le Président de la République dispose d’une force cohérente et homogène sur laquelle il peut s’appuyer pour contrer certaines velléités contestataires qui peuvent susciter la prise de certaines décisions impopulaires. La Convention de la Majorité Présidentielle est comme une coquille vide.
Des fissures sont apparues ces derniers temps avec le retrait de trois partis dont l’ADP-Maliba. Et le projet de loi électorale déposée sur la table de l’Assemblée Nationale, est venu réveiller des « cadavres alliés politiques » qui n’attendaient qu’une occasion idoine pour faire part de leur divergence, voire éventuellement quitter le navire.
Le grand défi que le Président doit relever, est de rassembler toutes les forces de la nation pour faire face aux menaces qui pèsent sur l’existence de la République. L’impasse dans laquelle se trouve la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation met toutes les forces politiques et socioprofessionnelles devant leur responsabilité historique. La situation dans laquelle se trouve le Mali, pris en otage par la communauté internationale, est extrêmement grave. Maliens de tous bords, unissez-vous pour sauver la patrie !
Chiaka Doumbia

aBamako

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