KIDAL : La fin d’une certaine hégémonie du MNLA

Pour mettre fin du règne des Ifoghas dans la ville de Kidal, les autres s’organisent. D’où la naissance d’un groupe armé dénommé Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA). Le MSA, dirigé par Moussa Ag Acharatoumane, chef de la tribu Daoussak, fait de la région de Ménaka sa base. Il serait très proche du général Gamou ces temps-ci.

L’annonce de la création du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), une dissidence du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a été confirmée par Moussa Ag Acharatoumane, joint le 2 septembre dernier par Jeune Afrique.

L’intéressé se targue d’être avec plus de 400 pick-up et armes et suivi par de nombreux ex-officiers supérieurs de l’armée malienne originaires des régions de Ménaka, de Gao et de Tombouctou, qui avaient rejoint les rangs du MNLA en 2011.

“Nous poursuivons le même but qu’avant, assure-t-il. Nous voulons représenter et défendre toutes les populations de l’Azawad. Et nous nous inscrivons dans la logique de l’accord de paix d’Alger”.

Si Ag Acharatoumane a pu se débarrasser de ses compagnons du MNLA, c’est en raison de la nouvelle tournure prise dans la gestion de la ville Kidal. Le fait que les Ifoghas veulent en faire une chasse-gardée au détriment des autres communautés fait grossir les rangs du Gatia.

Dans les milieux de l’ex-rébellion, on estime que Bilal Ag Acherif et Alghebass Ag Intallah sont de plus en plus loin des réalités du terrain, notamment dans les autres localités sous contrôle de la CMA. Une raison fondamentale à la base du départ de la bande à Acharatoumane. Celle-ci dans son rapprochement avec le Gatia un moyen sûr d’atteindre ses objectifs.

Avant, une base militaire à Tamkoutate

En avril 2015 déjà, Moussa Ag Acharatoumane nous confiait la création la création en catimini d’une base militaire dans la localité très convoitée de Tamkoutate. Cette base est composée uniquement de combattants issus de sa communauté, Daoussak.

Dans une vidéo qui circulait sur la toile, apparaît le désormais ex-chargé chargé de la communication du MNLA Moussa Ag Acharatoumane donnant des ordres à des hommes en tenue militaire. Nos investigations situent la nouvelle base militaire à Tamkoutate, non loin de la ville d’Ansongo.

Joint à Tunis où il était de passage pour Paris, Ag Acharatoumane a confirmé l’existence de cette base militaire avancée. “C’est déjà effectif. Je l’ai mise en marche avant de quitter. C’est ma propre base militaire et mes voitures sous mon commandement. Auparavant, nous étions juste à Ménaka pas proche d’Ansongo, mais là c’est fait il y a juste une semaine”.

Selon lui, la base qu’il vient de mettre en place compte entre 20 et 25 pick-up avec des armes lourdes et beaucoup de combattants. “J’ai mes officiers. Ils commandent la base en mon absence… Elle est aussi uniquement composée des gens de ma tribu, les Daoussak. Ce sont donc des gens de ma famille”, selon Ag Acharatoumane.

A la question de savoir la comparaison avec les autres bases existantes, Moussa Ag Acharatoumane répond que cette base est d’abord nouvelle. “Elle est avancée comparativement aux autres dans cette zone et elle est essentiellement constituée de Daoussak et sous le commandement d’un jeune connu en politique désormais qui s’adonne à la réorganisation de ses hommes. Je pense que c’est un peu la différence. Je suis le chef politique. Aussi, depuis quelques mois, en dehors de mon rôle au sein du MNLA, je suis chef de ma tribu aux termes du dernier congrès de la communauté que nous avons tenu. C’est dans cette perspective que je suis en train de faire tout cela, car différemment des autres j’ai le rôle traditionnel, car la communauté Daoussak est l’une des plus grandes tribus dans la localité de Ménaka”, commente-t-il.

L’accord pour la paix : une pomme de discorde ?

Sur notre insistance sur la perception de cette nouvelle base au sein du MNLA, Ag Acharatoumane fait remarquer que c’est une base du MNLA, car il fait toujours partie de ses responsables.

Avant de faire cette nuance : “D’autres étaient contents à savoir la majorité de voir un des leurs prendre la tête d’une tribu importante, surtout la nouvelle génération. Quant à ma force militaire, il est clair que d’autres la voit mal, car je suis un politique. Mais désormais avec une force militaire qui est l’une des plus importantes au sein de cette rébellion, certains officiers de la zone, c’est évident qu’ils perdent, car ces hommes ne sont désormais que sous mes ordres”.

L’idée de mettre en place une base militaire non loin de la ville stratégique de la région de Gao où se trouvent les positions des Forces armées maliennes (FAMa) est-elle une hypothèse que l’option de la guerre se confirme ? “Pas du tout, mais on se prépare au cas où on nous attaque. Sinon nous ne privilégions pas la guerre”, assure Moussa Ag Acharatoumane.

Constat : la multiplication des branches au sein des groupes armés, notamment le MNLA est consécutive à l’interprétation que ses responsables font de l’accord d’Alger. C’est peut-être le début de la fin de l’hégémonie du MNLA à Kidal.

Alpha Mahamane Cissé

aBamako

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