Le Mali est un pays en voie de développement ou un pays en voie de sous-développement après la restructuration de l’office du Niger : 1994 à 2016 ?

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Les multiples échecs des projets gouvernementaux, sont les vecteurs déclencheurs de la restructuration de l’Office du Niger en 1994 :
-la dégradation de l’outil de base de la production, c’est-à-dire les ouvrages de base, le réseau hydraulique et les superficies aménagées insuffisantes ;
-une baisse importante de la production et de la productivité ;
-un déficit d’exploitation, évalué en 1991 à 2 milliards de francs CFA ;
-et une pléthore de personnel, etc.

Conformément aux principes directeurs de la restructuration dans la lettre n°00012/MDRE/CAB/SPC du 15 janvier 1993 ayant pour objet la politique de développement de la filière rizicole nationale ; il a été attribué à l’Office du Niger les activités suivantes :
-désengagement de l’Office du Niger de toutes les activités à caractère commercial par la cession, la location à long terme ou liquidation pour celles ne pouvant accéder aux conditions de rentabilité :
-la mission essentielle de gestion de l’eau, financée d’une part, par le produit de la redevance dont 50% doivent être affectés aux travaux d’entretien des infrastructures primaires ;
-la mission de conseil rural sera réalisée essentiellement sur la dotation budgétaire de l’État.

Il est à noter le progrès relatif à cause des difficultés dans les espaces rizicoles de l’Office du Niger à Ségou puisque les superficies aménagées de l’Indépendance à nos jours sont seulement à 115 000 hectares sur une superficie exploitable disponible estimée à 1.105.000 hectares : informations recueillies dans l’anonymat auprès des Directeurs des zones rizicoles de l’Office du Niger à Ségou, avec un rendement annuel plus ou moins 6 tonnes/hectares.

Et d’autres problèmes persistent dans les espaces rizicoles de l’Office du Niger à Ségou selon les informations fournies par les responsables des zones rizicoles ( les directeurs des zones) :
-manque d’agents dans les espaces rizicoles de l’Office du Niger pour les suivis relatifs à la surveillance des principaux réseaux hydrauliques et tertiaires ;

-parcelles aménagées insuffisantes ;
-manque de la mécanisation du secteur agricole ;
-absence des hélicoptères pour chasser des oiseaux granivores dans les rizières
-manque de formation adéquate des paysans ;
-manque de financement à temps des sommes allouées (compte-État) pour les différents entretiens de principaux réseaux hydrauliques et tertiaires (drains d’irrigation) ;
-manque du personnel qualifié en communication travaillant dans les zones rizicoles de l’Office du Niger ;
– manque d’organisation des associations paysannes ;
-manque des moyens de déplacement disponibles pour le personnel travaillant dans les espaces rizicoles de l’Office du Niger ;
-manque des unités de transformation de la pomme terre, de la tomate et d’oignon ;
-manque de volonté pour l’État d’endiguer l’insécurité grandissante dans les espaces rizicoles de l’Office du Niger, etc.

Ainsi, toute réelle volonté du développement d’un pays passe par l’autosuffisance alimentaire ; ce qui sous entend que le Gouvernement malien doit pallier ces différents manquements évoqués ci-dessus pour suivre la voie du développement.

Balla FOFANA de retour dans les espaces rizicoles de l’Office du Niger à Ségou.

A Madame La Ministre de l’environnement, de l’Assainissement et du Développement durable

Contributions pour le projet Grande Muraille Verte du Mali

Excellence Madame La Ministre,

Nous remarquons, pour vous féliciter, que depuis un moment, vous impulser avec courage et détermination un projet novateur dénommé la Grande Muraille Verte du Mali. J’approuve votre combat juste et noble dont l’objectif est l’édification progressive d’un ” Mali vert “. L’initiative tombe à point nommé dans un pays fortement fragilisé par le triple impact du réchauffement climatique, l’avancée du désert et par l’activité humaine.

Nous constatons tous que la ville de Bamako exposée aux rayons ardents du soleil, manque cruellement d’espaces verts, d’arbres sur les artères principales et au cœur des quartiers pour l’amélioration du bien-être des populations.

Permettez-moi de contribuer modestement et à ma manière à l’initiative louable que vous portez actuellement.

A cet égard, sachant que le Mali manque atrocement d’espace verts et boisés pendant les deux tiers de l’année, l’opération de reboisement que vous envisagez de mettre en place est un signe remarquable d’espoir pour la nation malienne et me rappelle ce grand rêve inassouvi : ” l’Opération Sahel Vert “.

Excellence Madame La Ministre,

Votre seule volonté et engagement seront cependant insuffisants face à l’immensité de la tâche à accomplir. Pour que notre paysage se pare de vert, des sacrifices seront nécessaires. Pour ce faire, votre département ministériel devrait impérativement agir en symbiose avec les municipalités des communes.

(I) Je peux vous assurez Madame le Ministre, l’unique recette qui vaille pour que le Mali devienne ” Vert ” ne peut se réaliser sans la participation effective des Mairies et de la société civile.

(II) La réussite de ce projet ambitieux passe préalablement par une sensibilisation accrue sur les enjeux de la préservation de notre cadre de vie. Les municipalités, tout comme les populations doivent pleinement jouer leur partition dans la chaine du reboisement.

Pour donner plus d’impact à l’initiative en cours de réalisation, le déploiement (III) des mesures incitatives sur le terrain, serait souhaitable. Aussi vais-je vous proposer quelques actions phares qui se déclinent en sept phases : “ un enfant né dans une commune est un arbre de plus pour la communauté ” à laquelle se grefferait une série d’activité durant l’année.

(IV) L’instauration d’une journée mensuelle de reboisement mériterait d’être planifiée sur toute l’étendue du territoire national couronnée par la semaine nationale de reboisement une fois par an à l’approche de l’hivernage.

(V) Intégrer dans le programme scolaire des élèves du premier et second cycle des écoles fondamentales un cours spécifique inter actif sous forme de débat mensuel dénommé ” sciences du cadre de vie et développement durable ” animé par des professionnels du développement durable pour éveiller leur conscience et renforcer leur culture générale sur les enjeux actuels de l’existence humaine.

La bataille passera inévitablement par (VI) l’établissement d’un contrat de confiance avec le peuple malien à travers les municipalités. Ledit pacte pourrait être associé à ceux des services d’état civil des municipalités. Cela revient à L’instauration d’un bouquet de naissance offert par la mairie moyennant 300 F CFA.
Actuellement ce retrait coûte 100F et l’achat d’un pied d’arbre vaut 200 F CFA voire plus selon l’arbre choisi. Ainsi au moment de retirer l’acte de naissance les parents bénéficieront d’un pied d’arbre pour en prendre soin tout comme l’enfant qui vient de naitre. Cela implique de prendre soin au quotidien. Lorsque le nouveau-né grandira il profitera de l’ombrage de cet arbre. Ainsi un enfant né équivaut à un arbre de plus.

Imposer aux Maires des communes de décerner chaque année (VII) trois catégories distinctes de prix pour récompenser l’effort accompli par les citoyens :

– La maison verte de la commune (Prix décerné par le Maire)

– La rue, le boulevard ou l’avenue verte de la ville (Prix décerné par le Gouverneur de la région ou du District de Bamako)

– La ville verte ou le village vert du Mali (Prix décerné par le Ministre de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable).

Ces cérémonies auront lieu une fois par an durant la semaine nationale du reboisement et feront l’objet d’une large couverture médiatique.

En espérant que ma contribution retiendra votre attention, veuillez recevoir Madame la Ministre l’expression de mes salutations distinguées.

Bamako le 31 Août 2016

Aboubacar Eros Sissoko

Artiste, Ecrivain

aBamako

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