Agence d’aménagement des terres et de fourniture de l’eau d’irrigation : un nouvel outil de promotion de l’agriculture durable

Cette Agence s’attellera à lever le double défi de création d’aménagements hydro-agricoles pour les producteurs et de création d’emplois permanents et viables pour la jeunesse en milieu rural.
Le ministre de l’Agriculture, Kassoum Denon, a présidé hier la 1ère session du conseil d’administration de l’Agence d’aménagement des terres et de fourniture de l’eau d’irrigation (ATI). C’était en présence du président directeur général de l’ATI, Dr Abdoulaye Dembélé, entouré de ses proches collaborateurs, des administrateurs des différents départements sectoriels comme les ministères de l’Energie et de l’Eau, de l’Administration territoriale, de l’Economie et des Finances, de l’Equipement, du Transport et du Désenclavement et de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), entre autres.
Le chef du département de l’Agriculture Kassoum Denon a précisé qu’il est normalement du ressort du président directeur général de présider les sessions des conseils d’administration de sa structure. Mais, il a souhaité lui-même présider cette session inaugurale qui, a-t-il souhaité, soit une occasion de poser les jalons permettant d’aider l’ATI à atteindre les objectifs assignés depuis sa création en 2015.
Le ministre Denon a tenu à rappeler aux administrateurs que la création de l’ATI est à inscrire comme un des engagements majeurs du projet de société du président de la République Ibrahim Boubacar Kéita. L’ATI est de ce fait considérée comme un des instruments privilégiés pour la promotion et le développement durable de l’agriculture à travers la réalisation et la gestion d’infrastructures et équipements ruraux appropriés.
Il faut rappeler que l’ATI a été créée par ordonnance n° 2015-016/P-RM du 2 avril 2015 en tant qu’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC). Elle a pour mission de contribuer à la satisfaction des besoins en terres agricoles aménagées, d’appuyer la réalisation des infrastructures et équipements ruraux dans les bassins de production et d’accompagner les producteurs dans la gestion des aménagements hydro-agricoles.
A ce titre, elle vise essentiellement à accélérer le rythme des aménagements et faciliter l’accès des producteurs aux terres aménagées et garantir la disponibilité et la fourniture de l’eau pour la satisfaction des besoins des exploitations agricoles dans les grands bassins de production.
Notre économie est à dominance agro-sylvo-pastorale et très dépendante des aléas climatiques. Par ailleurs, le secteur primaire emploie près de 78% de la population et sa contribution au Produit intérieur brut (PIB) est de 41% environ. Les productions agricoles sont très tributaires des aléas climatiques et restent confrontées à des défis majeurs notamment la maîtrise de l’eau pour réduire leur dépendance aux aléas et aux changements climatiques, la modernisation du système de production agricole, la mise au point des variétés adaptées aux changements climatiques. Aussi, le développement de l’agro-industrie pour transformer la production en vue de créer de la valeur ajoutée et des emplois, l’organisation des acteurs à tous les maillons des chaînes de valeur, la mobilisation des financements et la sécurisation foncière sont, entre autres, les contraintes à lever.
Nonobstant ces défis et contraintes, notre pays dispose de nombreuses opportunités qui, si elles sont valorisées, peuvent permettre au secteur agricole de constituer le moteur de la croissance économique. Parmi ces opportunités, on peut retenir 43,7 millions d’hectares aptes à l’agriculture, avec un potentiel irrigable de 2,2 millions d’hectares, dont seulement 18% sont aménagés et d’importantes ressources en eau.
C’est pour saisir ces opportunités et lever les contraintes que le gouvernement a créé l’ATI en vue d’accélérer le rythme d’aménagement des terres. Le gouvernement a aussi initié un vaste programme de mécanisation agricole, dont la première étape a consisté à la mise à la disposition de 1000 tracteurs aux producteurs pour la campagne agricole 2015-2016. Rappelons que 15% du budget national sont alloués pour soutenir le financement du secteur agricole.
Le ministre a aussi rappelé que le projet de société du président de la République prévoit dans ses mesures prioritaires, la mise en œuvre d’une politique d’installation des jeunes sur les terres aménagées assortie d’un programme de construction de l’habitat rural en faveur de ces derniers. Cette politique devra aboutir à la création d’un type nouveau de village dénommé « Nouveau village agricole » (NVA) à travers les zones agro-écologiques à fort potentiel aménageable en maîtrise totale de l’eau.
L’ATI sera la cheville ouvrière de la création des NVA qui seront donc appelés à lever le double défi de création d’aménagements hydro-agricoles pour les producteurs et de création d’emplois permanents et viables pour la jeunesse en milieu rural.
Le ministre Kassoum Denon a invité les administrateurs à un examen critique et objectif des dossiers soumis à leur appréciation afin de doter l’Agence de repères précis jusqu’à la tenue de la session budgétaire prévue en janvier prochain. Il a saisi l’occasion pour adresser les remerciements et la gratitude du gouvernement à tous les partenaires techniques et financiers pour les efforts qu’ils ne cessent de déployer afin de réduire la vulnérabilité des populations face à l’insécurité alimentaire.
M. COULIBALY

aBamako

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